I.E DAIIO.MtV
par les conquêtes du petit peuple guerriei- voisin, les Fons ou Dahoméens.
II est fort diirieile de rétablir riiisloire séparée de ees pars, sur lesquels on ne possède aucun docuiiient; il faut s’en tenir aux indications données par les anciens de la famille royale, gardiens-nés de la tradition.
Ia*s Fons ou Foys, ou Fuuins ou Dahoméens, venus du Nord, croit-on, formaient, nu coniinenccmcnt du xvu' siècle, un peuple guerrier et discipliné (pii était redouté de tous ses voisins. Il rentrait toujours de ses e.vpédilions avec de nombreux prisonniers et un riche butin. Des négriers espagnols ou portugais lui donnèrent queU|ues notions d'art militaire qui lui facilitèrent l'annexion de toutes les populations du littoral ou de l'intérieur, incap.ahles de lui résister et teri-orisées à l’avance.
F.n 1610, le roi des tons sap|)clait Dan; sous son administration le pays était devenu riche et ilorissant.
.\ cotte époque, Kopi>on, le dernier roi d'.\rdresou d'.Mlada, mourut, laissant trois lils. Chacun voulant recueillir la succession de son père, il en résulta une guerre aeharnéc d'où le frère cadet, Méji, sortit victorieux et resta seul maître du royaume.
Le plus jeune, .Uéaghalin, se réfugia, après sa défaite, sur l'autre rive de I Ouémé, et fonda avec scs partisans Ajaché, baptisé aussi Crand-.Vrdrcs, et, plus tard, Porto-Novo par les Portugais.
L aîné, Aho Tacodonou, traversa le Lama pour aller demander asile au roi de Cana, nommé Dan, qui lui permit de s’installer au nord de sa capitale, où il fonda Agbo-mé, mot à mot ; dans l’cnccinle. Ce fut le berceau du Dahomey proprement dit.
Aho vécut d'abord en très bonne intelligence avec les Fons, mais, remuant, ambitieux, il exigeait fréquemment des agrandissements de terrain du roi de Cuna. Il faut dire qu’une
HIHTOHU^LIC DU DAHOMEY
nombreuse population était venue peu 5 peu sc grouper autour (ic lui.
A In fin, fatigué de cet insatiable solliciteur. Dan lui fit demander « s'il allait faire construire des cases jusque sur son ventre ». Vexé de cette boutade, Aho refoula sur le moment scs rancunes, car il n'était pas encore assez fort pour rexéculion des projets ((u*il avait convus, et pour la réalisation desquels il s'allia secivlemenl avec tous les Fons qui étaient mécontents de leur roi.
Quand il se crut sûr de vaincre, il mssembla scs guerriers et tomba h rimpmviste sur son bienfaiteur qui, malgré des prodiges de valeur, fut battu et fait prisonnier.
Amené à AglM»*mé, Dan fut décapité et son corps jeté dans les fondations du palais que le nouveau chef des Fons se faisait alors construire.
Ce palais fut appelé Ai/i/jo/né, mot à mot : ventre de Dan.
Far la suite, la contn*e entière prit cette dénomination, et l’usage mo<lifia li la longue la prononciation des noms primitifs dont on fit Abomev et Dahomey.
Après ces exploits, .Vint fut reconnu roi des Fons sous le titre de Dako.
Il fut le chef de la dynastie dahoméenne.
LE DAnOJlEY
Les rois de Dahomey. — Leur règne.
Dako Tacodonou (1C20-1640).
Continuellement en lutte avec ses vuisins, il fait de scs sujets un peuple <jui convoite toutes les richesses des peuples voisins.
11 enseigne à ses guerriers des ruses peu honnêtes pour suppléer è l'infériorité du nombre; l'attaque nocturne, par la surprise, permettant de faire des prisonniers sans coup férir; l’incendie qui jette le désordre et chasse les habitants, enfin le pillage qui rapporte plus de butin qu'une victoire par les armes.
Il eut pour successeur son fils
Oüchadjia ou Adahounzo (1040-1655), qui établit les alrominablcs coutumes des sacrifices humains, seule trace saillante de son règne.
Puis vinrent successivement :
Aho ou Adanzou I" (4055-1679).
11 continue la politique hciliqueusc de scs prédécesseurs et annexe à son territoire plusieurs petits États indépendants ou tributaires des royaumes d'Ardres et de Cana qui bordaient le pajs des Fons.
Kn 1001, il fait la conquête du rovaume de Cana ou Calmina.
Dans toutes ces expéditions, les prisonniers étaient impitoyablement mis il mort s’ils refusaient d’opter pour le vainqueur et de grossir son année.
A la mort d'Alio, le pays des Fons avait triplé son territoire, qui était alors limitrophe du royaume d'Ardres.
I-e régne de son fils, Akaha ou Oaibêtja ou encore Vibagée (1679-1708), fut nul comme progrès de territoire. C'était un
MISTOIIIQI K UU DAHOMEY
monarque indnUml et iq>a(hi<|uc, qui se borna !i conserver intact le rovaunic ([uc lui avaient léguÉ ses ancêtres.
Le seul événement mar(|uant de cette époejue fut l'expédition tentée par le roi de Juda, secondé par les Français du fort de Juda, contre les Popos, mais ces derniers battirent leurs agresseurs et nos compatriotes furent contraints de se retirer (1095).
.\kaba inourut empoisonné par un de ses serviteurs, et fut remplacé par AgaiIJin, neveu d'.\lio.
Dossou AtjiiJJia ou Gnuilja-Trouilo ou Aijbaja (1708- 1729).
Ce fut un grand roi et un grand conquérant dont le régne fut l'époque la plus brillante du Dahomey. Scs nombreuses conquêtes le font surnommer l'.Vlexandrc Noir; il étendit son autorité jus(pi'ii la mer et commença les guerres contre les Nagos.
Après (piehpies années passées en préparatifs de campagne, les Fons envaliiient le royaume d'Ardres (1723), qui était riche et puissjint. Iai lutte dura longtemps et fut meurtrière de part et <raulre, mais l'avantage resta aux Dahoméens qui s'annexèrent le territoire. .Mlada et .Agaché (Porto-Novo) étaient prises.
Deux ans se passèi-cnt à réorganiser l'armée qui était grossie de tous les nouveaux cITectifs. —
Devenu voisin du royaume de Juda, le roi Agadjia le convoita.
Le p.ays était très pi'os|M're, et les négociants européens y jmssédaient des forts qui étaient en même temps des comptoirs tri'S commerçants.
Kn 1727, il exigea, du n>i de Juda, une redevance annuelle considérable ainsi (pie le libre jiassage pour aller traliqucrii la côte.
CO
LE DAHOMEY
nefusanl d'êlie son tributaire, le roi de Juda retourna, en gnisc de réponse, à son aimable voisin, la tête seule de son émissaire.
Pour venger cet . éclatant outrage, Agadjia lit envahir le territoire de Juda qu’il transforma sous peu en un monceau de ruines fumantes. Le roi, les principaux chefs et 4.000 habitants sont passés par les armes, après avoir subi de cruelles tortures. Les villes de Savi et de Juda sont saccagées et bridées (1727).
Les coinptoii-s européens ne sont jws épargnés, et les blancs doivent chercher un refuge dans les forts en terre de la plage.
Le Dahomey est borné maintenant nu sud par la incri
Pour échapper aux désastres d'une guerre, le petit royaume de Jacquin, qui est menacé par le Daboiney, se hiitc de se souincttiv; néanmoins la ville est bndée et ses habitants sont massacrés (1729).
lyC cruel Agadjia .meurt au moment où il songeait à conquérir les Popos.
ToyLouessou ou Bossa-Aliatli (1729-1732).
Hoi nul. On prétend. qu'il avait l’iiabitudc de faire couper le nez de scs ennemis.
M//enjla ou Kpimjoula (1732-1737).
Bien ne signale son règne.
Il tenta sans résultat une expédition contre les montagnards Mallis, au nord du Dahomey.
Agomilou ou I/aiIcc-Ganijlo ou Aniiomjoulo dit Anizo- Sédozo (1737-1774).
Petit-fils d'.\gadjia, il était paresseux et nonchalant, ce qui lui valut le surnom de l'aliyué. Aussi est-ce sous sa domination que le Dahomey se vit infliger sa première défaite.
En 1738, les Ayos ou Eyos tirent irruption au Dahomey. Bien ne put leur résister. peuple dahoméen entier lutta contre l’envahisseur cl fil une résistance désespérée.