‹ Dahomey et dépendancesChapitre 11 sur 133 · III.SI'OninL E DC DAHOMEY · texte numérisé non relu

III.SI'OninL E DC DAHOMEY

Iaîs Kvos furent l'epoussés deux fois, niais leur nombre augmentait sans cesse, malgré les pertes considérables qu'ils avaient éprouvées.

Devant leur impuissance à arrêter la marche de l'ennemi et pour éviter de laisser des prisonniers entre ses mains, les Dalioméens battirent nuitamment en retraite, pour se réfugier dans des retraites inconnues des Eyos.

■Vprès avoir brûlé Abomey, Calinina et d'autres villes encore, ceux-ci se retirèrent pour revenir l’année suivante recommencer leurs déprédations.

Las de combattre, .Vgonglou dut entrer en arrangement avec l'ennemi, et le Dahomey s’engagea à lui payer annuellement un tribut considérable.

A peine débarrassé des Eyos, et quoique vaincu, le roi Agonglou voulut soumettre le pays des Mahis .’i son influence en le faisant gouverner par un de scs favoris.

Mais les Mains, voulant rester indépendants, refusèrent et la guerre éclata. Elle fut sanglante et longue et dura vingt ans.

victoire, longtemps indécise, resta pourtant au Dahomey, mais il ne put annexer le territoire des Mahis au sien, son triomphe n'étant pas sullisant. Les deux ennemis conclurent ensemble, en 1772, un traité de paix qui dura de longues années.

Tout en poursuivant scs luttes avec les Mahis, .\gonglou eut encore à combattre maintes fois les habitants de Juda révoltés par sa cruauté et son injustice, et auxquels étaient venus se joindre ceux des Popos.

Cette révolte commune occasionna peu de mal aux Dahoméens et prit (in en 17 V3. Les rebelles prisonniers subirent de cruelles représailles qui assurèrent pour longtemps la tranquillité du pays.

Les Popos, battus également et ayant perdu tout espoir.

LK DAIIO.MKY

signèrent en 1772, avec le Dahomey, une paix cpii ne fui jamais rompue.

Agonglou mourut le 17 mai 177 1, et eut comme successeur : Adanzou II (1771-1789).

Dès son avènement, ce roi reconstitua son armée, car il était résolu à s'alfranchir ilu tribut imposé j>ar les Kvos. Pour .se venger des dégâts qu'ils avaient commis ((uclqucs années aupuravantau Dahomey, il envahit subilcnienl leur territoire. Nullement prépares, les Kvos furent battus dans chaque rencontre cl demandéi-cnt à traiter. Le tribut annuel payé depuis vingt-sej)t ans par le Dahomey fut supprimé, cl la pai.x conclue en 1777.

Ce fut le seul service qu’Adanzou II rendit à son pays.

Vinuuhiou et Ebomi régnèrent de 1789 h 1803, mais rien ne signala leur passage au pouvoir.

AJonozan ou Adandosan (1803-1818), fut le premier roi qui assista lui-même aux batailles livrées par ses peuples.

Ce fut un prince cruel, voluptueux et sanguinaire.

Les Dahoméens rougissent de le compter au nombre de leurs rois, car le sang qu'il fit verser inutilement marque .son règne d'une tache indélébile.

Il était constamment ivre et gouvernait très mal scs sujets.

Les sacrilices humains absorbaient tous les captifs de la guerre, et les négriers, n'y trouvant plus leur compte, la traite devenait presque impossible.

Fatigué des ciiiautés de son roi, le peuple se souleva en 1818, et proclama à sa place son frère Ghézo, surnommé Dada, c'est-à-dire le Bon.

Ce dernier s'était lié d'amitié avec un métis brésilien, trafiquant d'esclaves, nommé Francisco Félix da Souza, dont il fil son conseil dès qu'il fut au pouvoir.

IIISTUIIK.>IK ur IIAIIOMEY

A lu suite de son ubdiealiim fnixée, Adonozsm se relira dans un [)avs voisin avec ses femmes, ses enfaiils et ses serviteurs.

(îhezoKHi Ohêzou (ISIS-lSaS).

Ce roi fut très populaiix’ et son règne fut prospèis; pour le Daliomev. Il encouragea les traitants étrangers cl leur facilita leur commerce.

lai rade de Juda (Glchouc) c[ui, depuis, s’est appelée Wliydah, était frécpienléc pur des navires de tous les pavillons, et bientôt la ville devint, en même temps (pi’un grand centre commercial, la deuxième capitale du Daliomev. L’n grand nombre de Brésiliens étaient venus .s'v établir, et le roi reconnaissant envers son favori et con.seiller Francisco da Souza, le nomma vice-roi de ^^’bvdah, c’cst-à-<lirc vevogan ou chef des blancs, «pi’il gouverna aux lieu et idaeedes autorités indigènes.

Scs compatriotes, l'appelèrent le Chiicha, nom qui fut transmis à scs successeurs.

Grâce îi son pouvoir illimité. Francisco da Sourai acquit rapidement une belle fortune. Scs bonnes relations avec le roi durèrent de longues années, mais, à la lin, Gbézo, jaloux de la puissance de son ami, le ruina presque cntièreincnt en lui empruntant des fonds et lui retirant le privilège d’être l’intermédiaire entre lui cl les commcrvanls.

Le chaclia fut tellement alTccté de sa disgrâce qu’il en mouint en 1810. On prétend même qu’il aurait été empoi- .sonné.

la? principal événement du règne de Glié/.o, fut la création du corps des .Vmazones, milice féminine qui devait lui .servir de garde du corps, mais qui combattit plus tard avec le reste des troupes.

Voulant devenir un grand conquérant comme son illustre ancêtre .\gadjia, il attaqua, vers 1830, la peuplade guerrière des .\chantis, scs voisins â l’ouest, mais scs troupes furent piteusement battues et ne renouvelèrent plus leur tentative.

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