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I.NDl'STRIE — COMMERCE

des achats en Europe, de l'installation, de la direction de l’outillage, des rapports avec les compagnies de navigation, de la correspondance avec la métropole, en un mot de la conduite générale de l’afTaire. L'indigène prendra en mains le cûté pratique, notamment l'utilisation de la main-d'ocuvre indigène avec laquelle il sera en contact direct et qu’il se procurera à meilleur compte ; mais ces associations ne peuvent former que progressivement, avec beaucoup de temps, beaucoup d'énergie et de patience.

En ce moment des sociétés disposant de gros capitaux et pouvant faire les choses en grand, devraient prendre en main l’exploitation de la colonie. .\ leur suite, des entreprises plus modestes pourraient plus facilement réussir sur un sol déjh préparé, et la mise en valeur du territoire dahoméen, d'ailleurs très fertile, sc poursuivrait aisément et rapidement.

'Voies de transport.

Dans le Bas-Dahomey les voies de communication sont & l'heure actuelle sulTisantes. Sans parler de la lagune qui court parallèlement au rivage d'une extrémité de la colonie à l'autre, diverses routes, qu’il s'agit simplement d'entretenir, sillonnent la région. La circulation y est partout facile et ininterrompue.

An.x endroits où la lagune forme un obstacle, il suffira d'y remédier par la construction d'un pont. Mais il n'en est pas de même partout; c'est faute de moyens de transports normaux et rapides que l'on voit des territoires comme celui d’Abomey, dont le sol est riche, ne pas posséder un seul colon européen.

Heureusement que bientôt le centre de la colonie, et plus tard le nord et l’cxlrème-nord, seront largement desservis par le chemin de fer en cours de construction qui se dirigera en ligne droite de la côte vers le Niger.

LF. DAIIOMF.r

La première conséquence «le rétablissement de la voie ferrée sera de créer, è chaque station, une ligne d'opérations commerciales jwrallèle !» la mer. Les transports des villages éloignés de la ligne pourront alors être facilement opérés sur des chariots attelés de bœufs, ânes ou mulets. Sur ces lignes secondaires d' opérations les transactions pourront se faire j»ar voie d'échanges avec des marchandi.scs de traite et, par suite, avec un double bénéllce.

Peu î» peu la situation «les voies et moyens de transport s'améliorera par le percement de routes nouvelles ; l'essentiel est que le chemin de fer soit établi le plus tôt possible. 11 améliorera la vie matérielle des noirs, facilitera les transjiorts aux longues et petites distances, et augmentera considérablement le trafic agricole de la colonie.

L’élevage du bétail.

L'élevage du bétail est aussi une question qui intéresse au premier chef l'avenir du Dahomey.

La ferme du service local, établie à proximité de Porto- Xovo, sur un terrain réunissant toutes les conditions désirables, est chargée d'améliorer les variétés de bétail existant déjà dans le Bas-Dahomey.

Kn 1899, elle a reçu un millier de bœufs provenant du Haut-Pays (Savalou). Une partie de ce troupeau a été vendue dans de bonnes conditions et il a été conservé un certain nombre de sujets pour l'amélioration de la race. On trouve bien, dans les villages riverains de l'Ouémé, de grands troupeaux de bœufs, mais ces animaux, absolument sauvages, sont de petite taille et il convient de lus croiser avec ceux du Haut-Dahomey «{ui atteignent les proportions des bœufs de provenance européenne.

LE OAIIOMET

Le Gourma a également envoyé ii Porto-Novo ses premières vaches laitières. Elles ont été confiées au service de Santé qui a pu fournir constamment du lait frais il l'hàpital et apporter ainsi un soulagement très apprécié h bien des malades.

Cultures européennes.

Iæ sol du Dahomey, d’une très grande fertilité, se prête à toutes les cultures tropicales et même à certaines cultures européennes.

Pour cultiver, il faut creuser assez profondément la couche argileuse rouge pour obtenir le terreau gras et noir qui abonde et que l’on doit fumer avec de la bouse de vache, des matières végétales en décomposition, etc...

Les salades, aubergines, tomates, navets, carottes, bette- ’ raves, radis, choux, haricots poussent plus ou moins bien, mais donnent des résultats.

Toutes ces cultures doivent être protégées, pendant les heures les plus chaudes de la journée, au moyen de feuillage qu’on étend h une faible hauteur au-dessus des carrés du potager. Elles donnent des résultats très rapides; on peut avoir des radis en un mois.

Le melon réussit rarement & la côte ; la pomme de terre, le céleri, l’artichaut, le petit pois, le salsifis viennent difficilement.

Iai salade se renouvelle indéfiniment si on se contente d’en couper les feuilles au ras du sol au lieu d’en arracher la racine.

Iæs graines que l’on fait venir d’Europe doivent être renfermées dans des boîtes hermétiquement soudées, que l’on n’ouvre qu'au moment du semis; elles doivent être utilisées tout de suite, sinon la chaleur et l’humidité les avarient.

AORICl'LTl'HE

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Dans le pays on trouve comme salades une variété de pissenlit et une espèce de müclic appelée langue de vache, et différents autres légumes que nous avons signalés dans la flore.

11 est probable que le colou qui voudrait se eonsacrer à la culture des légumes européens autour des grands centres de la côte, réaliserait de sérieux bénéfices.

En résumé, au Dahomey il faut entreprendre la grande culture, mais en raison du paludisme qui entravera longtemps encore la colonisation, en empêchant tout travail actif, le colon européen ne pourra s'établir que dans l'intérieur des terres où le climat est plus supjxirtable. C'est pour cela qu'il est uigcnt de multiplier les routes et d'assainir les localités, soit en plantant des eucalyptus, soit en débroussaillant la forêt.

Il faut laisser aux noirs l'exploitation agricole du Bas- Dahomey et conserver pour nous l'exploitation commerciale. Le contraire a lieu pour les régions du Nord.

C'est l'agriculture qui a donné jusqu'ici la prospérité au Bas-Dahomey et c'est dans le développement des cultures que réside l'avenir de la colonie ; aussi, est-ce de ce côté que tendent, directement ou indirectement, tous les efforts de l'administration.

Le relevé suivant donne la production agricole de la colonie pour la période des huit dernières années :

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