‹ Dahomey et dépendancesChapitre 116 sur 133 · TOTAUX · texte numérisé non relu

TOTAUX

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ACRICL'LTLRE INDUSTRIE

COSIMEHCE

Ce inouveineiit ascensionnel dans le commerce ne peut que s'accroître, cHant donnés les cITorts que l'administration fait pour développer et étendre le plus possible les relations entre les populations de l’intérieur, ainsi que la grande liberté dont jouissent les commerçants.

Importations.

Les principaux produits de provenance européenne consommés au Dahomey sont :

Alcool à 90°. — Importé en fûts de 450 litres environ, et appelés communément punchons, terme portugais. Ce liquide provient du nord do la Russie en transit & Hambourg d'où il arrive directement sur la côte du Dahomey.

Il provient également de Hongrie, en transit par un des ports de l'Adriatique et Marseille d’où il est expédié directement au Dahomey.

Cet alcool est aussi importé en caisses de deux estagnons de 17 litres chacun, ce qui constitue la charge d’un homme. Ce mode d’emballage est spécial ù Hambourg et convient pour les contrées où les transports ne peuvent être faits qu’à dos d’homme.

Le prix de vente en gros pour une futaille de 450 litres varie entre 550 et 600 francs au maximum. L’estagnon de 17 litres vaut entre 24 et 25 francs.

Les taxes de consommation sont de 90 francs par hectolitre d’alcool à 100°, soit environ 365 francs par futaille d’alcool à 90°, et 13 fr. 50 par estagnon de 17 litres.

Alcool à 60°. — Pour faciliter les transactions commerciales, il est importé plus d’alcool à 60° que d’alcool à 90°, les coupages étant toujours mieux faits en Europe. Il ne vient qu'en

LE DAHOMEY

punchons, les esUignons étant seulement utilisés pour l'alcool

I^s prix de vente varient entre 3.'i0 et 400 francs la futaille de 450 litres.

Ainsi que pour l'alcool à 90°, les futailles ne sont pas comprises dans le prix de vente; elles sont réutilisées par les négociants pour l’expédition en Europe de l’huile de palme.

La taxe de consommation pour l'alcool h 60° est de 243 francs environ par futaille.

Anisadq. — Alcool réduit à 33° et parfumé avec de l’extrait d’anis russe. Il est contenu en des cais.ses renfermant 12 bouteilles rondes en verre blanc d’une capacité d’environ 50 centilitres; chaque bouteille est étiquetée et garnie d’une capsule en étain.

Ce liquide est spécialement fabriqué à Marseille.

Le prix de vente en gros est de 6 fr. 50 à 7 francs la caisse de 12 bouteilles.

La taxe de consommation est de 1 fr. 65 par caisse.

BoaoUo, Moscalel et liqueurs assorties. — Alcools parfumés, qui sont importés h 18° alcooliques en caisses de 12 bouteilles rondes en verre blanc contenant 50 centilitres environ, munies d’une étiquette et fermées par une capsule en étain.

Ces alcools sont spécialement fabriqués à Marseille.

1æ prix de vente en gros est de 6 ;'r. 50 à 7 francs i>ar caisse.

La taxe de consommation est de 90 centimes par caisse.

Genièvre. — Importé en caisses de 12 bouteilles carrées en verre vert, d’une contenance de 70 centilitres environ; il est fabriqué spécialement à Hambourg h 50° alcooliques.

Le prix de vente est de 9 fr. 50 à 10 francs la caisse (t la taxe de consommation de 6 francs environ par caisse.

AGBlCCLTtBE — IXDl'STBIE — COilMEBCE 465

Tabac en feuille». — Importé d’Amérique soit en caisses de 180 kilos environ ou en boucauts de 300 à 300 kilogrammes, en transbordement k Mai-seille, Liverpool ou Hambourg.

Le prix de vente est de 1 fr. 50 à 2 francs le kilogramme! suivant qualité.

La taxe de consommation est de 50 centimes le kilogramme.

Fusils rouges. — Fusils k pierre dont le bois est peint en rouge et importés de Liège (Belgique) ou de Liverpool (Angleterre) par caisses de 20 fusils.

Le prix de vente est de 20 francs par arme et la taxe de consommation de 2 francs par fusil.

Ils servent à la chasse des gros animaux.

Fusils noirs. — Fusils à pierre au bois noir, de plus mauvaise qualité encore que les précédents. Ils sont importés des mêmes lieux d’origine jiar caisses de 20 fusils ; ils servent à la chasse du gibier k [joils et k plumes et surtout pour tirer des coups de feu dans les réjouissances populaires.

Leur prix de vente est de 17 k 18 francs par fusil, et la taxe de consommation de 2 francs par arme.

Poudre Je traite. — Elle est imjwrtée en barils de France ou d'Allemagne. Celle de France est de beaucoup préférée par les indigènes aux poudres étrangères. Elle provient de la poudrerie de Saint-Chamas (Bouches-elu-Rhône) ou de Hambourg.

Elle est couramment en vente en barils de :

7 kil. 500 k fr. 12 50.

3 kil. 000 k fr. 6 25.

I kil. 500 k fr. 3 75.

La taxe de consommation est de 50 centimes net par kilogramme.

Le Dehomey, 30

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LE DAMOMET

Sel gemme. — Importé de Hambourg jx\r sacs de 20 ou de 40 kilogrammes, il est de vente courante dans le royaume de Porto-Novo seulement.

Les prix de vente sont de :

I fr. 85 par sac de 20 kil.

3 fr. 70 — 10 kil.

La taxe de consommation est de 14 francs par tonne de 1000 kilogrammes.

Sel marin. — Importé de Port-de-Bouc (Bouches-du-Rhône) en transit èi Marseille, ou de Cagliari (Sardaigne).

Il est de vente courante aux Popos et dans le Dahomey proprement dit.

Son prix est de 2 fr. 50 par sac de 23 kilogrammes et la taxe de consommation de 6 francs les 1000 kilogrammes.

Le commerce des tissus.

Au Dahomey, les tissus occupent par leur importance le second rang après les spiritueux ; alcools et tissus entrent pour 60 */, dans le chiffre total des importations.

D’après les statistiques de la colonie, le trafic s’élevait en :

1807 à 1.241.079 fr. 80.

1898 t 2.077.326 fr. 58.

el en 1899 k 1.933.396 fr. 15.

Dans cette énorme quantité d'étolTcs importées, la majeure partie est de fabrication anglaise et provient de Manchester ; les tissus français entrent seulement pour quelques milliers de francs dans ces cliilTrcs. Il est regrettable de constater la prédominance des produits étrangers sur les produits français.

AGIlICl'LTUnE — INDLSTBIE — COMVEBCE 467

Noire colonie est donc tributaire de l’Angleterre pour les tissus ; cependant nous possédons aussi des centres manufacturiers importants produisant de belles étoffes capables de rivaliser avec les meilleures de nos voisins. On a remarqué, k la suite d’un essai tenté il y a quelques années par une maison de Fiers (Orne), que si nos tissus n'ont aucun succès sur les marchés dahoméens, cela tient d’abord à la cherté des pièces importées, puis à leur mode de pliage, à leur longueur et enfin à la façon de les présenter aux indigènes.

Actuellement, la fabrication française est trop belle et trop bonne pour les {>ajs noirs, où les tissus très ordinaires et surtout peu coûteux ont toujours la préférence ; l’industriel français fabrique des produits sujjérieurs, mais il vend cher; l’allemand, au contraire, sacrifie la qualité au bon ntarché, et il se trouve d’accord sur ce point avec l’indigène.

C’est donc à nos manufacturiers h étudier et h fabriquer des étoffes présentant les qualités et condition; exigées par le public indigène.

Comme en teignant le tissu écru l’iniligènc le brûle, il faut lui livrer des tissus qui, au lavage, gardent fraîches leurs couleurs.

11 faut de l’étoffe empesée, sans valeur, de bas prix, de durée et de couleur éphémères, mais de bonne apparence ; tel est le problème à résoudre pour la vente des tissus.

11 y a lieu de remarquer aussi qu’avec les noirs il faut sans cesse des tissus nouveaux, qui attirent l’œil ; un modèle trop connu, et jiar suite démodé, devient invendable. Les dessins comme les nuances doivent être renouvelés constamment et être très variés ; une balle de cent pièces, par exemple, doit contenir au moins dix dessins différents et autant de nuances diverses juir dessin. .

Le pliage et la longueur des pièces ont aussi une grande

LK DAHOMEY

importance pour la vente des tissus. Il ne faut pas vouloir imposer nos goûts aux noirs, il faut au contraire rechercher les leurs ; depuis plus d'un siècle ils sont habitués à recevoir des tissus pliés de telle ou telle façon, en telle ou telle longueur, et nous n’avons qu’à nous conformer à Icui-s habitudes.

La longueur des pièces est variable suivant la catégorie des tissus.

Dans les Regentias la longueurest géncralementde 20 mètres ; les cou/ifs aussi ont 12 ou 15 mètres, mais ces grandes longueurs tendent à disparaître, parce que plus les pièces sont courtes, plus elles sont à la portée des ])etites bourses.

Dans l'indienne qui est le tissu le plus courant, on no donne plus aujourd'hui que 7 m. 20 de longueur avec pliage en huit plis.

En général, pour le pliage des pièces, la mesure observée est le yard qui éijuivaut à 0 m. 90.

Les indigènes ignorent le mètre, ils n’ont jias de mesure de longueur et dans la vente des tissus au détail on vend cpieL quefois une longueur de bras.

L'emballage dos tissus est aussi une question capitale dont il faut tenir compte, à cause des diOicuItés de débarquement à la côte d’Afrique où les marchandises sont susceptibles de passer par la barre si elles ne doivent franchir le wharf.

Il faut donc un emballage spécial, très soigné et imperméable, afin qu’en cas d’accident une balle puisse être retirée de l’eau sans qu'il y ait une seule pièce mouillée.

L’emballage anglais est . bien supérieur à l’emballage français. Il SC comjwse de plusieurs envelop|)Cs superposées et comportant .successivement papier glacé, papier ordinaire, toile gommée, toile goudronnée ou autre ingrédient assurant l’imperméabilité, puis finalement, toile d’emballage.

Les balles sont pressées à la machine et entourées ensuite

AGKJCL'LTURE

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