CONCLUSIONS
Par les statistiques rassurantes et pleines d'espoir qui sont exposées dans les chapitres qui précèdent, on a pu se rendre compte que la situation générale de notre jeune colonie est des plus satisfaisantes, et que le Dahomey est assurément une acquisition heureuse pour la mère-patrie.
Ces brillants résultats sont dus h l'héroïque général Dodds, le vainqueur de Béhanzin, et nu gouverneur Victor Ballot, l'habile organisateur du pays.
Par la conquête, accomplie par une poignée de braves savamment dirigés, nous avons délivré des peuplades douces et intelligentes de leur monarque sanguinaire ; des cruels sillons ouverts parla guerre jaillit maintenant une admirable floraison de civilisation, de progrès et de paix. Ce ne sont pas là les seuls effets de notre généreuse intervention. L'occupation du pays nous ouvrait en même temps les routes du Niger que M. Ballot et ses hardis collaborateurs ont su si habilement couper à nos voisins. Anglais et Allemands.
Mais il ne suffisait pas d'avoir opéré la conquête de la colonie, il fallait aussi en tirer parti et savoir la rendre féconde par sa mise en valeur. Cette organisation est l'oeuvre personnelle de M. Victor Ballot et il a le droit d'en être fier.
Sous son intelligente et sage administration, le pays s'est moolifié peu à peu ; les chemins se sont améliorés, des routes se. sont ouvertes vers l'intérieur, un xvharf a été construit à Kotonou, un réseau de plus de deux mille kilomètres de
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LE DAHOMEY
lignes télégraphiques sillonne la colonie, reliant entre eux tous les postes et assurant les communications avec le Niger et le Soudan français, enfin une voie ferrée destinée à relier l'Océan au Niger, est en cours d’exécution. Tout en procédant à ces importants travaux d'utilité publique, la colonie acquérait une brillante situation financière. Les hordes pillardes du Dahomey se sont transformées, comme par enchantement, en un peuple paisible, facilement dirigeable, porté au travail et au négoce, et aujourd'liui les plus farouches des guerriers de Béhanzin sont nos plus dévoués auxiliaires pour la garde et le maintien de l'ordre dans la colonie.
Par ses productions variées et abondantes décrites plus haut, le Dahomey est de nature à rémunérer convenablement les capitaux employés à les exploiter.
L'avenir économique de la colonie paraît donc magnifique et il fait naître de grands espoirs ; ils se réaliseront certainement le jour où, grâce ù l’ouverture du trafic du chemin de fer de pénétration, les riches produits du mystérieux continent noir viendront afiluer sur nos marchés et dans nos ports. A l'huile de palme viendront s'ajouter la gomme, le caoutchouc, le beurre végétal, l’ivoire, les fourrures et bien d'autres richesses encore ignorées. Les transactions deviendront alors de plus en plus importantes entre l'hinterland et la côte, et la prospérité du pays sera assurée pour toujours.
Ce n’est donc pas seulement une œuvre de conquête et de pacification qui a été accomplie au Dahomey, c’est aussi, et ce sera surtout désormais, une œuvre de colonisation et d’exploitation.
Les années qui viennent seront capitales pour notre colonie. Si les principes qui y ont été appliqués ont déjà porté de bons fruits, c'est à la longue seulement qu'ils donneront des résultats décisifs. Ces résultats ne sont d’ailleurs ni lointains ni
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problématiques. Ils sont, dès maintenant, prévus et escomptés. Il appartient au Gouvernement par sa fermeté, it l'esprit public par son initiative, d’en presser la réalisation et d'en étendre la portée.
I.Æ Dahomey sera alors la plus ilorissante de nos colonies africaines, et la France aura prouvé, une fois de plus, que son génie colonisateur est aussi fécond que celui de scs concurrents.
Mais pour atteindre ces résultats merveilleux, il faut, dans les vastes pays récemment soumis U notre influence, des colons et des négociants pour amener au travail les indigènes et pour utiliser le colossal capital humain <|u’olTrent les races noires.
Nous n’avons eu d'autre but en publiant cet ouvrage, et nous nous croirons amplement dédommagés de nos peines si, par nos efforts, nous parvenions à décider quelques-uns de nos compatriotes h aller tenter la fortune au Dahomey.
Composition du Conseil d’administration de la colonie du Cabomey et dépendances à la date du janvier 1900
MM. Victor Ballot, gouverneur, Président ;
P. Pascal, secrétaire général, membre-,
J. Sacoman, Irésorier-pajcur, membre’,
Fonssagrives, administrateur colonial, membre’.
Le docteur Gouzien, chef du service de Santé, membre ; Robaglia, chef du service des douanes, membre ; Montaignac, négociant, membre titulaire ;
A. Olivier, négociant, membre titulaire’,
Paraïso, propriétaire, membre titulaire ;
Baudry, négociant, membre suppléant ;
J. Armandon, négociant, membre suppléant’,
Badou, négociant, membre suppléant ;
Molex, chef du secrétariat du Gouvernement, secrétaire-archiviste.
Liste des notables commerçants français, étrangers et indigènes de la colonie.