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I.es Grands Produits du Dahomey

Amandes de palme. — Huiles de palme.

Les autres produits exposés sont les arachides, le coprah, la kola, les noix de karité et le beurre que l’on en tire, le caoutchouc, le café, le cacao, l’indigo, le manioc, les piments, le poivre du pays (.\takou), le gingembre, plusieurs espèces de coton, un lot important d’ivoire, etc.

LE DAHOMEY

Le docteur Gouzicn, réminenl médecin en chef du Dahomey, il qui l'on doit la découverte si précieuse d'un remède elTicacc contre les accès bilieux hématiiriques, a réuni dans une vingtaine de bocaux une collection très complète de plantes médicinales employées par les indigènes.

Des prélèvements ont été faits .sur chaque échantillon par M. G. Linas, pharmacien-chimiste expert, dans le but d’étudier ces plantes dont la plupart semblent présenter un intérêt tout spécial.

Ia2s principaux produits sont répétés dans une petite vitrine placée au centre de la .salle, avec des échantillons de riz, de maïs blanc et jaune, de haricots, de mil blanc et rouge, de farine de manioc, etc., et d'antimoine de provenance du Haut- Dahomey.

Une autre vitrine, faisant pendant à la première, contient des instruments de précision ii l'usage des c.xplorateurs, exposés par la maison Guyard, Canary et C‘*.

I..a vitrine de droite comprend, entre autres vêtements royaux, un costume complet d'apparat, en velours brôdé or, tiré de la garde-robe du roi Tolfa ; sur les bottes, les armes de Porto-Novo. Une couronne surmontée d'un lion et une tiare accompagnent le costume.

Dans cette même vitrine, de riches fétiches en or et en argent, appartenant au roi Ago-li-Agbo, la tunique de la généralissime des Amazones, et des bonnets de perles a^ ant coiffé Béhanzin, rapportés par le général Dodds.

La vitrine de l’angle de gauche contient des poteries, des armes et des objets de cuir travaillés il la manière arabe.

Dans celle qui lui fait face, sont exposés les travaux de vannerie, les bois sculptés, les objets de cuivre, etc.

Plusieurs centaines de photographies sont disséminées dans

LE DAHOMET

les deux salles sur quatre pieds il pivots supportant chacun des cadres mobiles à double face.

Los collections de photogi-apbies rapportées par M. le gouverneur Ballot de ses explorations dans le llaut-Dabomcy et au Niger, celles du eommandant James Plé et de l'administrateur Beurdelcy se font remarquer par leur intérêt.

Accrochées aux murs quelques jolies aquarelles, originaux de dessins parus dans V Iltustralion au moment de la campagne.

Avant de quitter le pavillon central, le visiteur peut circuler sur les galeries qui l’entourent. Lh, des spécimens des bois du pays : rocco, coker (ronier) et bois de fer. Des panneaux de marquetterie où ces trois essences eombinées sont appliquées sur les murs extérieurs pour montrer le merveilleux parti que les industries du meuble et du parquet pourraient tirer des bois du Dahomey, à peu près ineonnus en Europe.

Un escalier relie le pavillon central à un second bitiment composé d'une salle de rez-de chaussée !> galerie circulaire.

Si, pour la construction de ce pavillon, l'imagination de l’architecte a suppléé au manque d'éléments, 1e pittoresque n’y a rien perdu. I.cs galeries sont supportées par quatre gigantesques requins — le requin étant l'animal symbolique cher h Béhanzin. — Des serpenLs, évoquant le souvenir du temple de Zagnanado élevé ou culte du serpent, en honneur au Dahomey, s'enroulent gracieusement autour des poutrelles qui soutiennent les galeries.

Ornant les quatre angles, d'immenses parasols de guerre de grands chefs ou cabécèi-es aux étoffes multicolores jettent une note gaie sur cette salle où le public contemple, non sans effroi, une table de sacrifiées! Un des parasols, en soie celui-là, appartenait à Béhanzin.

La table des sacrifices, placée au centre de la salle, est surmontée d’attributs symboliques ; elle est entourée d’une série

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de grands coupe-coupe de dilTérenles formes, fichés en terre par le manche et de deux billots de bois de fer en Y.

Une multitude de fétiches en fer et en bois finissent de garnir cette salle.

Aux murs, des panneaux à parquet en bois du pays, des nattes tressées à 'Whjdah etune superbe toile due au pinceau de M. Druard, élève de Ilonnat, représentant notre protégé Toffa, roi actuel de Porto-Novo, dans son costume de gala, la poitrine barrée par le grand cordon bleu clair de l'ordre de l'Ëtoile- Noire.

Avant de procéder à la visite des nombreuses annexes, l'on entre dans une pièce formée par le sous-sol du pavillon central. Elle est occupée par l’exposition de la Compagnie Ouémé- Dahomey. C'est un peu la répétition des salles déjà visitées, armes, objets divers, ivoires, tissus et produits.

Une carte du Dahomey montre l’emplacement occupé par les territoires dont cette Compagnie est concessionnaire.

A signaler une profusion de tableaux, agrandissements photographiques très réussis de types et paysages dahoméens par M. Leroi.

Supporté par deux colonnes, un immense tableau occupe le milieu de la salle, il représente les plans du wharf de Kotonou, cette ■< porte » du Dahomey, construit par MM. Daydé et Pillé.

A gauche des bâtiments principaux une petite pièce d’eau sur laquelle est construite une habitation lacustre comme on ' en rencontre sur le lac Nokoué. Des filets de pèche sont accrochés à la paillotte.

L’eau de cette vasque s’écoule par des rochers dans un lac minuscule qu’elle alimente. La profondeur de celui-ci est, au milieu, d'environ quatre mètres, afin que les indigènes puissent y plonger au moment des grandes chaleurs.

l.E DAIIO.MET

Trois pirogues creusées «ions des troncs d'arbres, munies de leurs pagaies se balancent doucement à la moindre brise sur ce petit lac où elles se trouvent un peu à l'étroit, l’emplacement n'ayant pas permis de faire plus grand.

Chaque pirague mesure de 7 à 8 mètres et pèse environ 250 kilos. Ce sont ces embarcations qui sillonnent les lagunes et les fleuves de la colonie.

Une plage en miniature où s'ébattent, au soleil, les femmes indigènes, puis une paillote, flanquée d’un mirador, affectée au poste des gaixles du Dahomey, terminent ce coté de la section du Dahomey dont la pointe se dirige vers l’exposition du Sénégal.

Dans l’angle opposé, près du pavillon de l’Inde, s’élève une grande paillote où un industriel de Roubaix, M. Victor Vaissier, livre au public des pains de savon dans la composition desquels l’huile de palme du Dahomey entre pour une grande part.

Les savonnettes sont frappées et préparées sous les yeux du public.

Ullcs sont présentées dans des boîtes portant une vignette rcpré.scnlant l’Exposition du Dahomey et le titre : Transformation de l’huile de palme en savonnerie.

Une notice sur l'huile de palme — récolte, fabrication et application — accompagne chaque boîte.

Cette démonstration industrielle est très intéressante.

Les murs du pavillon occupé par M. Victor Vaissier sont ornés d’armes, de fétiches et de photographies du Dahomey.

Une vitrine élégante, en forme de kiosque, est placée au milieu, elle contient des spécimens de tous les produits fabriqués par cette importante maison et plus particulièrement des essences dont quelques-unes portent des étiquettes d'extraits du Dahomey.

En face, et placée devant le pavillon du Syndicat de la

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Presse coloniale, une grande i>ailIote est réservée aux ouvriers indigènes.

Les bijoutiers occupent une pièce carrée où ils confectionnent des bijoux d’or et d'argent et des objets de cuivre.

A l’extérieur, les tisserands exercent leur petite industrie à l’abri du chaume et confectionnent, ù l’aide de leur métiers primitifs, des tissus où les fils de coton se mélangent à l’alfa.

A côté, une serre où se retrouve encore l’originalité dont tous les bâtiments de M. SilTcrt sont empreints.

Deux immenses serpents en gardent la porte, enroulant gracieusement leurs volutes autour d’un vase qui en garnit le faîte.

Dans cette serre, dont la charpente a été construite par M. Ozanne, exposant, et le chauffage installé par M. Lebœuf, la maison Vilmorin, Andrieux et C‘* y essaie l’acclimatation des spécimens de la flore du Dahomey ainsi que des plantes susceptibles d’y réussir, telles certaines variétés de caoutchouc, de café et de cacao.

En remontant la pente, l’on revient au point de départ, c’est-ù-dirc vers l’entrée principale du boulevard Delesscrt.

Au niveau de celle entrée, une autre paillote a été édifiée en façade, près d’un 1)ouquct de beaux arbres, au milieu d'un massif d’arbustes.

Cette petite construction, reproduction exacte d’une case dahoméenne, est surmontée du pavillon tricolore. Sur un panneau rustique se lit: « Dahomey et dépendances: Direction x, c’est ici le bureau.

Un petit mur protège le bureau contre la foule des curieux. C'est aussi par lù que l’on accède à la paillote où travaillent les ouvriers indigènes.

La paillote où est installé le bureau se compose de deux petites pièces. Le bureau proprement dit est k droite. Lu pièce de gauche est affectée aux échantillons.

LE DAHOMEY

Les (’chontillons sont de (leux sortes. D'abord les produits de la colonie dont des spécimens sont exposes dans les vitrines et (juc certains visiteurs pourront examiner Ui de plus près sur leur demande.

La seconde catégorie comprend les articles de provenance européenne d'un usage courant au Daliomcy et dont on n’a vu que quelques types dans la grande vitrine des produits, notamment une abondante collection de tissus, depuis le simple calicot jusqu'au velours broché.

Des pièces entières dans cliacjuc genre indiquent la manière de plier et de présenter la marchandise au goût des indigènes.

Les jrrix de vente dans les pays d'origine et les droits auxquels sont soumis ces tissus à l'entrée dans la colonie sont ]X>rtés sur chaque échantillon.

Il en est de même pour les alcools, les liqueurs, les armes de traite, etc.

Tissus et alcools sont presque' tous de provenance anglaise et allemande.^

Nos industriels, nos négociants, sont invités à prendre connais.sancc de ces références, et nous c.spérons qu'ils en profiteront, car il faut que l'indigène du Dahomey s’habitue à connaitre les produits français auxquels il aura vite donné la préférence sur ceux de Manchester ou de Hambourg.

Des publications très complètes contenant d'abondants renseignements sur la colonie sont débités au public k des prix insignifiants.

Voilk, fixée dans ces quelques notes, la visite rapide de l’exposition du Dahomey, exposition complète et bien comprise d’où le visiteur, quel qu’il soit, conservera le souvenir et dont il pourra tirer, s'il le désire, des renseignements profitables.

M. L. ItoctT. D' t 0»n. )

Groupe do Dabomdcni à l'Kipoaition Univoncllo do 1900.

LE DAIIOMn*

Indigènes.

L'intérêt offert par l'exposition du Dahomey est encore rchau.ssé par la présence d'un détachement de 26 indigènes qui achèvent de donner à la section son caractère local, déjh si original par ses constructions.

Cette exhibition ethnographique a le charme d'étre absolument neuve.

On a vu en France de soi-disant Dahoméens, provenant en réalité du Togo allemand ou du Lagos anglais, mais on ne connaissait pas encore le type véritable du Dahoméen.

Ces indigènes, soldats et artisans, envoyés h l'Fxposition par le gouvernement local du Dahomey, n'ont donc absolument rien de la banalité des troupes de noirs que des barnums promènent à travers l'Europe et qui pratiquent la mendicité. Le Dahoméen n'est pas mendiant et l'on pourra s'en convaincre h l'Exposition où jamais l'on ne verra un noir demander.

Ceux-ci sont principalement de races Nago et Djedji, c'est-àdire du Bas-Dahomey.

La petite troupe est composée de dix hommes de la garde civile indigène du Dahomey, dont la plupart, anciens tirailleurs hanussas, ont fait partie de nos dernières ex])éditions coloniales et notamment de celle de Madagascar ; sept artisans, bijoutiers, tisserands et vannier, et de cinq femmes et quatre boys.

A titre de curiosité nous en donnons les noms :

Garde civile :

Bakary, brigadier; Emilio, sous-brigadier et sa femme Syé ; .\bougou, Adéribibé, Alabi, Amoussou, Atéko et sa femme Alimatou; Fachénya, Oyeindé, Oyéloundé et sa femme Amabou.

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Artisans :

Aoussou, bijoutier, et son boy Samuel; O'Bassa, bijoutier, sa femme Efrj èque et son boy Comoran ; François Martin, bijoutier, et son boy Adébéla; Bakary, tisserand. Marna, tisserand et son fils Alla ; Osseni, tisserand et sa femme Fatoma, et Doté, vannier.

Quelques-uns de ces indigènes ont fréquenté les missions catholiques et comprennent le français, très peu le parlent ; seul, le sous-brigadier Emilio parle et lit assez couramment. Les trois tisserands, marabouts musulmans, n’en connaissent pas un mot.

Un boy, Samuel, parle et écrit convenablement l'anglais.

Pendant leur séjour à Paris les Dahoméens suivent les cours de l'Alliance française et de la Méthode Berlitz.

Rien n’est d'ailleurs négligé pour les instruire et les amuser aCn qu’ils emportent dans leur pays un bon souvenir de la patrie adoptive et qu'ils propagent leurs impressions qui ne peuvent manquer d'être excellentes.

Chaque semaine un jour est consacré aux visites à l’Exposition et aux promenades dans Paris ; M. Brunet, qui s’occupe spécialement du détachement avec une grande sollicitude, les accompagne toujours.

La petite troupe excite naturellement sur son passage un vif succès de curiosité, et les badauds s'amusent de l’étonnement de ces grands enfants qui manifestent leur joie et leur surprise avec force gestes et exclamations bruyantes.

Au Trocadéro, le succès des Dahoméens est considérable ; les gardes civils, de très bonne tenue, le partagent avec les ouvriers qui confectionnent sous les yeux du public des bijoux bizarres finement travaillés et des pagnes patiemment tissés.

Les femmes rient et s’amusent au bord de la pièce d’eau et

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dansent quelquefois au son des tams-tams sur lesquels les gardes aurejws tambourinent consciencieusement en cadence.

Les danseuses ne s’arrêtent que pour fuir devant l’objectif qui les guette. — C’est une manie que les amateurs photograjibes ne trouvent pas toujours à leur goût.

Les bijoutiers, au besoin forgerons, sont habiles et fabriquent des bijoux d ur et d’argent et des objets en cuivre assez curieux qu'ils ont la faculté de vendre au public. Tous les ouvriers travaillent pour leur compte.

Les gardes sont chargés de la police de la section dahoméenne et ils observent très sérieu.scraent la consigne ; ils reçoivent Ici leur solde ordinaire, c’est-h-dire 1 fr. 25 [)ar jour.

Le soir, à la fermeture du pavillon, tous les noirs sont conduits chez eux, dans le logement que M. Brunet leur a fait installer d’une manière aussi confortable que possible, ii proximité du Trocadéro. .

Le Bastion 57, dont ils occupent le quatrième étage de l’aile droite, est situé boulevard Lannes; une zone boisée très étendue l'environne et lui amène un air pur.

Les indigènes de Madagascar envoyés à l’Bxposition habitent le même bâtiment.

L’amenagement ne laisse rien à désirer ; cuisines spacieuses, lavabos, salles de douches, infirmerie, etc., rien n’y manque.

La nourriture est saine et abondante.

Le détachement dahoméen est placé au Bastion sous la surveillance de M. Cabarroques, brigadier des douanes du Uabomey, qui a été chargé de l’amener à Paris.

Tous les matins les gardes civils sont exercés par M. Paul Langlois, garde principal de 1" classe du Dahomey, également attaché h la section.

Trois fois par semaine, le Docteur E. Binet, l'éminent médecin-adjoint de rilospice National des Quinze-Vingts, qui a

Wuchomcnl do U gordo civile indigène du Dihonuy à rE«po»ilion Universelle do 1800.

LE DAMOMET

spécialement étudié les maladies des races noires, visite les Dahoméens.

Arrivés à Paris le 20 avril, il y a eu au début qucl(|ues rhumes sans gravité et les malades sont devenus de plus en plus rares en même temps qu'apparaissait la chaleur.

Les Dahoméens sont tous de santé robuste, ils sont résistants, et le bonheur de se trouver h Paris sulfirait & leur faire oublier les mau.v dont ils seraient atteints.

Récompenses.

Des dilTérenls Jurys qui ont examiné son exposition particulière le Dahomey a obtenu 19 récompenses.

Ce résultat est merveilleux si l'on considère le nombre insignifiant d'exposants. C'est le Comité local de Porto-Novo qui a fait tous les frais, aussi a-t-il obtenu 32 récompenses è lui seul. I>es principaux produits de la Colonie ont rc^u un grand prix, et plusieurs médailles d’or et d'argent.

^f. Pascal, le distingué gouverneur par intérim qui a dirigé, à Porto-Novo, la préparation de l'Exposition, a obtenu une médaille d'or de collaborateur, et M. Jean Fonssagrives deux médailles d'argent.

Le succès obtenu auprès des Jurys compétents qui ont examiné les produits dahoméens est la consécration de la participation brillante du Dahomey il l'Exposition Universelle de 1900. M. le gouverneur Ballot et son principal collaborateur M. Pascal peuvent être fiers de ce résultat.

Nous nous sommes étendus peut-être un peu longuement dans cette description, nous arrêtant ii une foule de petits détails. 11 nous a cependant paru intéres.sant de faire une monographie complète qui pourra servir de document pour l'avenir.

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