‹ Dahomey et dépendancesChapitre 19 sur 133 · LA CONQUÊTE DU DAHOMEY · texte numérisé non relu

LA CONQUÊTE DU DAHOMEY

SOMMAIRE

L’armée dahoméenne. — l’* expédition du Dahomey (1890). — Arrangement du-t octolire 189o{189t2), — 2' expédition du Dahomey (189*2). — - Prise tr.Ahomey. — 3* expédition du Dahomey (1893 à I8'.H). — Capture de Iléhaniin.

L’armée dahoméenne.

De tous temps le Dahomey a passé pour avoir une organisation militaire remarquable, quand ce n'était en réalité qu'un peuple d'audacieux pillards, habitués au vol et nu brigandage. Celte réputation guerrière lui vient surtout des négriers qui étaient enchantés de trouver rapidement, sur les (bvers jHiints de la côte, les milliers d'esclaves nécessaires h la traite et qu'ils chargeaient it destination de 1' .Amérique. Ces malheureux provenaient des prisonniers faits annuellement dans les razzia qu'au moment des sai.sons sèches le roi faisait exécuter régulièrement parmi les populations voisines, paisibles et inolTcnsives, quoique braves cl fortes. Mais dès que les eaux remontaient dans les fleuves, les bandits s'empressaient de regagner leur territoire, protégé naturellement par ces mêmes cours d'eau.

LE DAIIOMET

Au Dahomey, l'armée proprement dite se composait des troupes régulières permanentes et des contingents de réserve, réunis seulement au moment et selon les besoins des expéditions projetées.

G:s troupes étaient recrutées aussi bien chez les femmes que parmi les hommes.

1° AR.MÉE RÉGl’LIËRE

Dans l’armée régulière qui servait en temps de paix, les hommes portaient le nom de so/limatas et les femmes d'a/nazones. Ces corps formaient la garde du roi, et on y incorporait les esclaves du roi, les prisonniers de guerre, les volontaires et les pires sujets de la population du royaume. yVussi possédaient-ils tout ce qu'il fallait pour réussir dans le brigandage.

Les amazones étaient recrutées parmi les filles de la nation, les prisonnières faites ti la guerre, les femmes coupables d’adultère ou d'autres crimes. On les habituait au maniement des armes et aux plus fatigants exercices; elles étaient vouées au célibat sous les peines les plus sévères, et le roi seul pouvait, exceptionnellement, les donner en mariage à scs guerriers les plus méritants.

Leur beauté est loin d’être ce que dit la légende ; avec leur aspect hommasse, ce n'étaient que de noires viragos très féroces et d'une bravoure sans égale. Par l'éducation toute virile qui leur était donnée, elles formaient l'élite de l'armée dahoméenne.

Les soldats obéissaient par petits groupes à des cabécères qui dépendaient eux-memes des grands cabécères commandant l'armée ; ils avaient, en outre, en sous-ordre de petits gradés correspondant & nos sous-olTlciers et caporaux.

Page 1