‹ Dahomey et dépendancesChapitre 18 sur 133 · I.K DAIIOMEÏ · texte numérisé non relu

I.K DAIIOMEÏ

confiée cllc-niêiiic h un Ciipilaino de fréffalc, fiircnl ensuite réunis le IG juin 1S8G à la colonie du Sénégal, cl confondus avec les Hiviêrcs du Sud, dont le lieutenant-gouverneur résidait il Corée, sous le nom tic Si'ncijnl et tlêpentlances. ,,

I-c Sénégal n'aida pas plus Porto-Xovo que le Gabon ; le décret du 1" août 188!) sépara nos établissements du Bénin du Sénégal, et ce ne fut guère qu'à partir de cette date que notre petite colonie commenva à se développer.

Le I" janvier 1890, les Hivières du Sud et les établissements de la Côte de Guinée formèrent un groiqje de colonies possédant une certaine autonomie et placées sous l'autorité d'un liciitenanl-gouvemeur.

Plus tard, enfin, le 10 mars 1893, un décret sépai'a le Dahomey de la Guinée française proprement dite, pour lui donner une autonomie eomplète.

Entre 18SGcl 1889, Porto-Xovo eut de fréquentes querelles

avec les Anglais qui violaient les traités, pour occuper sur

son territoire une foule de points dans le but de ruiner son /

commerce.

Porto-Xovo SC trouva peu à peu bloqué par les Anglais qui avaient même l'intention d'y imposer des droits. Quelques coups de feu furent échangés parfois entre nos tii'ailleurs sénégalais et les haoussas anglais, mais la situation ne se modifia point jiendant fort longtemps, malgré les nombreuses protestations de nos résidents au.\ gouverneurs de Lagos.

L'ordre ne fut définitivement rétabli entre les Anglais et nous que par la convention signée en janvier 1890, et par laquelle nous renoncions à toute tentative sur le territoire voisin d'.Vbéokouta; de son côté, l'.Vnglelerre s'engageait à ne pas entraver notre intervention au Dahomey.

IIISTOIRK DU DAHOMEY

Mais, avant cil orrang:omcnl avec les Anglais, le royaume de Porto-Novo devait avoir la guerre avec le Dahomey.

Femmes nlloiil h )a corviJc d‘eau.

Les événements de 1890 et les origines de la guerre.

Au début de l'année 1889, il fut question à Porlo-Novo d’établir des droits d’importation !i Kotonou et en échange de l'cs droits perçus jusque Ik par le roi de Dahomey’, le gouver-

LE DAHOMEY

ncmcnt fi-ançiiis songcnit à lui servir une rente à litre «l’indemnité.

Après des explications non satisfaisantes revues parle roi de M. lion temps, agent consulaire de France à 'Whydah, Glé-Glé fit savoir tt M. le baron de Beeckman, alors résident par intérim & Porto-Novo, (|u'il s’opposait îi l’imposition par la France de droits à Kotonou, «[u'il refusait d'accepter quoi que ce fût en échange; il menaçait de fermer les factoreries, d’arrêter le commerce si on ne lui donnait pas satisfaction; finalement, il ne reconnaissait pas la validité du traité de 1878 et nous sommait d’avoir îi renoncer, non seulement à l'occupation de Kotonou, mais encore à notre protectorat sur le royaume de Porto- Novo.

Aucune réponse ne fut faite à cette lettre.

Considérant, sans doute, notre silence comme une faiblesse, le roi du Dahomey réitéra scs sommations et ses menaces en mars 1880; puis, pour les appuyer, réunit son armée et marcha sur le Nord du royaume de Porto-Novo dont il détruisit les villages de Dano et d’Ida.

Pressé par les circonstances et surtout par les commerçants alToIés à l’idée que l'armée dahoméenne pouvait venir attaquer Porto-Novo, notre résident se décida, le i avril, k demander du secours b l’amiral Brown de Colstoun, commandant en chef de la division navale de l’Atlantique. Une compagnie de débarquement fournie par V Aréthuse et le Sané, descend à Porto-Novo et la lran«juillité fut facilement rétablie.

Ixîs Dahoméens s’étaient repliés sur l’Ouémé peu après leur incursion.

Pendant que leurs bandes dévastaicntle Nord du territoire de Porto-Novo, le représentant «le Glé-Glé, à Kotonou, inandaità la cour de justice (Gorc) les gérants «les factoreries cl le chef de la station télégraphique. 11 Icsy faisait rester debout, tète nue.

(/*Ao{. de M. fAdm. Betirdeiey.)

Princesse Dodjîa Fille du Roi d'Abomey.

Le Dûhomr$ 7

IMSTtlBIfllE Ht DAHOMEY

(levant la ]>0|Uilacc menavanlc, les soiiimail <lc reconnaître l’autoritd (lu roi et de payer les droits de douane comme par le passé, sous peine de voir leurs maisons fermées et d’être chassés du territoire de Kotonou.

De son C(')lé, Glé-Glé faisait fermer les factoreries françaises de Whydah et annonçait à notre administrateur de Porto- Novo (|ue ceux ejui avaient signe le traité de 1878 avaient payé de leur tête cet acte de réhellion contre l'autorité royale, mais il n’en était rien.

Au mois de septembre 1889, les religieuses françaises de \\'hydah furent expulsées par les autorités dahoméennes, et durent se réfugier chez le résident de France i» Agoué. Un missionnaire, le Père Dorgirc, subit le même sort, tandis (ju'un Hollandais ({ui se trouvait avec notre compatriote, et que les Dahoméens prenaient pour un Allemand, ne fut pas in(|uiété. Cela démontra bien que c'était à la nationalité et non îi la religion des expulsés que l’on en voulait.

Ces religieux purent rentrer à Whydah vers la lin d'(x:tobre.

M. de lîecckman venait d'être remplacé par le docteur Tautain, (|ui ne réussit pas plus que son prédécesseur h changer le triste état politi(|ue de la colonie ; seulement il sut imposer sa v(donté il Tolfa, qui perdit de sa puissance.

Sur ces entrefaites, Glé-Glé avait écrit une lettre de protestation au Président de la République, en même temps ([u'il s(dlicitait riiilervention du Portugal. Mais celte puissance ne daigna même pas lui répondre.

Knfin en novembre, M. Bayol, lieutenant-gouverneur des Rivières du Sud, fut envoyé en mission à .\bomey par M. l'iticnne, sous-seerétairc d'Ulat des colonies. Il était chargé (1e demander des explications au roi du Dahomey sur scs actes déloyaux et l’entretenir au sujet de Kotonou. Il se mit en route le 10 novembre, et arriva ii Almmcy le 21. Son sccré-

LE DAHOMEY

taire, M. Aiigol, et M. X. Béraud, interprète, raccompagnaient, ainsi qu'une ambassade envoyée au devant de lui par Glé-Glé.

Les instructions données à M. Bayol étaient toutes pacifiques, et, malgré la gravité des attentats commis par le monarijue noir, notre ambassadeur était porteur de nombreux cadeaux pour Glé-Glé. 11 espérait que l’appât d'une forte rente déciderait le roi à reconnaître les traités conclus en 18C8 et 1878 ; mais il n’en fut rien.

Le roi Glé-Glé et son fils, le prince héritier Kondo, ne consentirent h aucune des propositions du représentant de la France, et, tout en lui rendant beaucoup d’honneurs ainsi qu’à scs compagnons, ils curent plutôt l’air de se moquer d’eux. Dans leurs réponses violentes et insolentes, ils demandaient sans cesse la tète du roi TolTa et l’évacuation de Kotonou.

A toutes les propositions de M. Bayol, ils opposèrent un refus catégorique, et nos compatriotes craignirent bien souvent d'être retenus prisonniers par leurs entêtés adversaires.

C'était l’époque des fêtes annuelles qui devaient inaugurer les grandes coutumes du Dahomey.

Sachant combien les cruautés répugnent aux Européens, Glé-Glé for^a plusieurs fois M. Bayol à assister à des sacrifices humains. Pour nous narguer plus complètement, c’étaient précisément des gens de Porto-Novo, faits prisonniers dans la dernière campagne, que l'on immolait devant lui.

Ecœuré de ce spectacle, M. Bayol tomba gravement malade le 6 décembre et resta alité pendant quinze jours.

Comme Glé-Glé était malade aussi à ce moment et, qu’en raison de son âge (75 ans), un dénouement fatal était possible, M. Bayol, dans la crainte que la superstition du peuple ne vienne à accuser les blancs de cette mort et pour éviter que les jours des membres de la mission ne soient en danger. Jugea prudent de hâter les négociations qu’il continua avec le prince héritier.

lIISTüniQL'K DC OAIIOMET

lOi

Mais pour pouvoir ciuiller Abomcv, il lui fallait auparavant apposer sa signature au bas des volontés que lui dicterait le roi dans une lettre au Président de la Uepublique. Il était dit dans ce document que les chefs de Porto-Xovo sont vassaux du Dahomev, que les navires français ne devaient pas circuler dans les eaux de l’Ouémé, que la France était gouvernée par des jeunes gens et qu'elle devait abolir la République. Tout ce qui s'était passé de mal entre les deux pa^-s venait du niam|ue d’un roi sur le trône de France, et que son père engageait fortement les Fiançais J» rappeler un descendant de leurs anciens souverains, afin que les deux nations puissent bien vivre d’accord.

M. Dayol apposa sa signature au bas de cette singulière pièce, et, dès le lendemain, il s’empressait de quitter Abomey; il était temps, ear deux jours après, Glé-GIé mourait après trente et un ans de règne (décembre 18S9). Les gens indulgents attribuèrent sa mort à l’alcoolisme, mais ceux plus au courant des secrets de la cour d’.Vliomey prétendirent qu’elle fut le résultat des soins que son fils lui prodiguait Ce dernier n’a du reste jamais protesté contre cette accusation.

Apres une marche rapide, la mission rentrait saine et sauve à Kotonou, le 31 décembre au soir.

Le prince Kondo succéda i> son père sur le trône du Dahomey, sous le nom de GbedÂssé (Behanzin) dit le requin.

Béhanzin (mH-mS).

Dès son arrivée au pouvoir, Béhanzin se prépara à une action énergique contre nous, en réunissant de nombreux contingents et en faisant maltraiter nos tirailleurs par les autorités de Kotonou.

Il était urgent de prcndie une décision immédiate. M. Bayol adressa au sous-secrétaire d’Ftat aux colonies un rapport énergique sur les incidents de sa mission et sur ces nouveaux

LR DAHOMEY

faits, et, puisqu'il était impossible du conserver nos traités par la pei’suasion, il projjosait au gouvernement de les défendre par la force.

I.'expéilition fut décidée, mais par suife de l'hostilité marquée du Parlement pour les expéditions coloniales, le ministère n’obtint que le vote d'une somme insuflisante. On ne voulait qu’une petite expédition peu coûteuse, et toute idée d'offensive devait être repoussée de notre part.

On devait se Imrner à assurer la protection des établissements européens tant sur la cote que dans l'intérieur.

Mais M. Bayol ne pouvant répondre de la sécurité de nos possessions avec les troupes dont il disposait, il lui fut envoyé des renforts du Sénégal. Deux compagnies de tirailleurs sénégalais et quatre canons de i de montagne arrivèrent dans le courant de janvier 1890 et commencement de février.

Le chef de bataillon Terrillon fut désigné pour prendre le commandement du corps expéditionnaire, et vint se mettre à la disposition du lieutenant-gouverneur.

Les bâtiments de la (lotte devaient appuyer les opérations des troupes de terre, mais en évitant strictement tout débarquement de marins, en raison de leur faible elTectif.

On estimait que la campagne ne devait durer qu'un mois au plus et que les frais de l’expédition pourraient être couverts par les revenus des douanes du littoral, ainsi que parla contribution de guerre dont on frapperait le Dahomey.

L'objectif de l'expédition était d’abord l'occupation définitive de Kotonou, puis l’cnlcvcment de Whydah, Avrékété, Godomey et .Miomey-Calavi.

Telles sont les causes de la guerre que nous dûmes entreprendre avec le Dabomey pour le contraindre au respect de

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nos Imités et de nos nationaux ; elle se termina en 1S93 par la concjuête du pays et la décliéancc du roi Behanzin.

l,e chapitre suivant n'sume les faits militaires de la période de conquête.

Général DODDS (Alfred -Amédée)

INsrECTECn oé-XÉRAt KE L'i.NrANTEKtB DE MARIXB

né à Sainl>Louift-du>Sénégal\ le d février 1613.

Grades ei Comm.i/i(/emcnf< successif». — Sorti de Saint-Cyr en 186fr dans l'arme de riiirantcrie de marine. — Lieutenant en 18C7. — Capitaine en 18G9. — Chef de bataillon en 1878. — Lieulcnnnl-colonel en 1883. — Colonel en 1887. — Commandant supérieur dos troupes du Sénégal de 1888 h 1891. — Commandant du corps expéditionnaire du Dahomey on 1892-I893-189V. — Général de brigade en 1892. ^ Commandant en Chef des troupes du Tonkin en 189G<1897. — Commandant de la 2* brigade d'infanterie de marine h Drest en 1898. — Général de Division le 12 août {899.

Campagnes^ Cilalions et Dtcssurcs. — Ile de la Héunion ^ Blessé et cité k l'ordi'C du jour lors des troubles de 1869. — Guerre contre l'Allemagne (1870-1871) : Armées du Hhin, de la I^ire et de l'Est. — Au Sénég-il (1883). — Expédition du Cayor. — Au Tonkin de 1886 à 1887. — Au Sénégal (1891). — Expédition du Fouta-Djallon. — Conquête du Dahomey (1892-1893-1801). — Au Tonkin (1896-1897).

Légion d'honneur, — Chevalier en 1870. — Officier en 1883. — Commandeur en 1891. — Grand-Officier de la Légion d’honneur le 1 i décembre 1892.

LK nOXQL’KHANT DU DAHOMEY

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