LA CONQLÈTE DU DAHOMEY
bnllos tirées ii bout portant surprit l'avant-garde de nos troupes îi l'entrée du village (jui paraissait tout d’abord abandonné; deux miliciens furent tués raide. Au bniit de la fu.sillade, les tirailleurs sénégalais accourent et luttent presque corps à corps, mais, apres quelques feux de salve bien ajustés, le terrain est nettoyé, le village est enlevé au pas de course et l'ennemi rejeté jusqu'à GOOpnctres au delà. Mais bientôt il tente un retour olTensif que nos artilleurs répriment énergiquement. Après un combat terrible où l’ennemi s’est montré très acharné, il fuit enlin <lans toutes les directions. Il était 10 heures du matin, et nos troupes se préparaient à manger un rcpns froid lorsque l’ennemi aborde à nouveau les ejuatre faces du carré français. Après une demi-heure de lutte il est repoussé définitivement avec 300 hommes hors de combat. Grâce 5 sa maladresse, nous n’avons eu que deux tués et deux blessés. Il est vrai que nous n’avions encore lutté jusqu’ici qu’avec les contingents des villes et villages voisins de la côte. Mais bientôt nous allions avoir à soutenir le choc des réguliers dahoméens qui se concentraient à Allada où la présence du roi était même signalée.
S? mars. — Journée calme. — Le Sanc en profile pour explorer rapidement la côte. A Grand-Popo, le commandant Fournier apprend par un espion que l’attaque de Kolonou était imminente. Il y revient en toute hôte pour coopérer par mer a la défense de la place.
De son coté, le capitaine Arnoux, commandant le poste de Porlo-Novo, signalait aussi des mouvements de réguliers à iO kilomètres au nord de la ville.
3 mars. — En raison de sa lâcheté la compagnie mixte, formée par les auxiliaires du roi TolTa, est licenciée cl désarmée immédiatement. — I^s gardes civils seuls conservent leurs ormes.
LK DAHOMEY
-t mars. — 'Atla<[iie <lo KoIohou. Dans la iiuil <Iu 3 au 4- mai's, vers ô Iicuros ilu nintiii, après une épouvantable tornîule, «me allaipic furieuse fut dirigée sur Kotonou. — Prolitîint de l’orage et des ténèbres, les Dahoméens avaient pu s’avancer sous Irais et parvenir jusipi‘au])rès de nos lignes <|ii’ils espéraient bien surprendre, mais le lieutenant Compérat veillait avec une section, dans un fortin inachevé situé ."i l'ex- Iréinilé nord de Kotonou. Dès (pi’il perçut dos bruits suspects et qu’il vit des ombres ramper nu pied de la pali.ssade, it cjuelqucs mètres de lui, il fait aussitôt e.xécutcr un feu do salve nourri ipii balaie les abords du poste. Une foide hurla nto lui riposte par un feu roulant et se lance l’assaut du fortin. C’est le signal de l’attaque générale. 1,’ennemi, fort d’environ G.OOfl hommes, attaque tous les postes à la fois. L’un d’eux est même surpris et enlevé, plusieurs de scs défenseurs sont tués et décapités. Guerriers et amazones s’élancent'de tous côtés sur Kotonou, écartent les palanques et, à travers les interstices, engagent les canons de leurs fusils pour tirer plus s.‘i.“e;nent. Ils se font tuer h coups de b.aïonnette, le sang niissellc, et les cadavres s’entassent sur les cadavres.
I,e lieutenant Compérat, quoique atteint de trois blessures, est sublime de sang-froiil et d’énergie. — Il a déj.’i 3 tués et 8 blessés sur les 1!) hommes de son poste, lorsque heureusement les compagnies placées en réserve viennent le dégager et rejeter l’ennemi st>us les feux du .Sané.
Pendant quatre heures, l’armée dahoméenne renouvelle ainsi scs attaques infructueuses. Nos pièces d’artillerie vomissent la mitraille, trouant sans cesse les masses profondes des réguliers.
A 9 b. 1/2 seulement l’ennemi disparait en laissant 127 cadavres dans Kotonou, dont 7 amazones, et en couvrant la plaine et les bois voisins de .ses morts. Scs pertes s’élevaient