‹ Dahomey et dépendancesChapitre 38 sur 133 · I.K hAllOMKV · texte numérisé non relu

I.K hAllOMKV

Arl. *2. — lui Fnuicc exercera son action auprès du roi de Porlo- Novo pour qu’aucune cause légitime de plainte ne soit donnée & Tavenirau roi de Dahomey.

A litre de compensation pour l'occupation de Kolonou, il sera versé annuellement par la France une somme qui ne pourra, en aucun cas, dépasser 20.000 francs (or ou argent).

Le blocus sera levé et le présent arrangement entrera en vigueur à compter du Jour de l'échange des signatures. Toutefois, cct arrangement ne deviendra définitif qu’apres avoir été soumis à la ratification du gouvernement français.

Fait à Whydah, le 3 octobre I8ÏK).

Signé : Aladaka Do-dc-DJi, Cussugan, Zi/.idoque, Zonouhoucon, Ainadou.

Jjcm temoint :

Signé : Candido Rodriguez, Alexandre.

Signé : lï. Decœur, capitaine d'artillerie,

V. de Montesqiiiou, capitaine de vaisseau, commandant le croiseur le Roland .

Le$ témoins :

Signe : d'Ambrières, aspirant de Isolasse,

Dorgère, supérieur de la mission catholique de Whydah.

Vu :

Le Contre-Amiral commandant en chef les forces de terre et de mer, faisant fonctions de gouverneur,

Signé : Cavelier de Cuverville.

Ce traité qui ne fut signé qu’à contre-cœur par Famiral de Cuvcrx'illc, donna lieu à de sérieuses critiques par ses nombreuses défectuosités. En clTet, il permettait à Béhanzin de l'épandrc partout que la France lui avait demandé pardon, lui payait un tribut, et de se procurer avec notre argent, armen et munitions pour la guerre prochaine.

Pour être valable, il fallait à ce traité la ratificution de la Chambre, qui discuta la question dans sa séance du

LA CONyLÈTli Ut DAIUIMKY

28 novembre IS'.M . Comme le Dahomey aurait ilù nous inilcmniserau lieu de tirer avantage de l'expédition, la Chambre refusa de ndifier le traité, en laissant au Conseil des ministres le soin de lui donner la sanction la plus conforn>e à nos intérêts dans le golfe du Bénin.

11 était impossible (|u'une nation comme la l'rance traitât dans de pareilles conditions avec des nègres (jui nous avaient toujours pi-ovoqués.

Par les 20.000 francs qui devaient annuellement être payés ti Béban/.in pour l’occupation de Kotonou, cette clause constituait aussi un recul sur le traité du 10 avril 1878 qui nous donnait ce iK>rt en toute propriété.

Si encore il avait été exécuté loyalement, mais en le signant Béban/.in avait la résolution bien arrêtée de ne pas l’observer ; son but était do gagner du temps pour compléter son approvisionnement en armes et munitions, avec l’aide d’un certain nombre de maisons de commerce de W’hydah, qui avaient fait des commandes en Europe.

1/arrangemcnt de 1890 fut violé comme celui de 1878 et la l'rance mise en demeure de le faire respecter.

C’est ainsi que fut amenée ladcuxicnie expédition du Dahomey en 1802.

LE DAHOMEY

Deuxième expédition du Dahomey (1892)

Dès que le roi du Dahomey eut touché sa première annuité, il s'empressa de revenir piller et saccager les territoii-es du roi de Porto-Novo, notre allié.

En septembre 1891, ses troupes envahirent les villages Ouatchis des environs d’Athiémé, et, en mars 1892, les villages de rOuémé dépendant de Porto-Novo.

Mars, avril |et mai se passèrent en alertes continuelles, chaque jour on s'attendait à l'irruption de Réhan/in sur la capitale. I.e commandant Riou Ht des prodiges d'activité pour la mise en état de défense de la colonie.

M. Victor Rallot avait déniiilivement succédé à M. Rayol comme lieutenant-gouverneur des Etablissements du Rénin, depuis le 23 décembre 1 891 . .\ctif, dévoué, ferme et conciliant à la fois, il avait su conquérir les sympathies et l'affection de tous pendant la première campagne.

Le 27 mars, M. Rallot s'embarqua sur la canonnière /.a Topaze avec le chef de bataillon Riou, commandant des troupes, pour aller se rendre compte par lui-même de ce qui se passait dans le Ras-Ouémé, où trois villages venaient d’être détruits sur les bords du fleuve par les guerriers de Réhanzin. .\ccucilli près de Donkoli par le feu de 400 Dahoméens armés de fusils ù tir rapide, il fut obligé de se défendre ; cette agres- .sion constituait un casas Jjelli ù la suite duquel il n'y avait plus qu'à agir.

Le colonel Dodds, de l'infanterie de marine, fut mis à la tête de la 2’’ expédition chargée de punir celui qui, ne se contentant pas de la violation des traités, y avait ajouté des lettres insolentes à l'adresse de la France. Le commandement supérieur des Etahlisscments français du Rénin lui fut confié, avec pleins pouvoirs civils et militaires.

U Do«Ms ilvbar\]aa à KotC'fioa le 2^ mai {>*^2. et

le teri<K*ri.ain, M. Bellay. jrouverTKur de Konakrr, dont dépendait antérieurement le Bénin, lui fit U remise de ses pouvoirs.

Pustc de douanes d'Adjar*.

PK'S U frontière anglaise de f^goa. [

Les forces disponibles que le colonel trouva au Bénin se !

composaient de 780 hommes de troupes noires, deux compa- I

gnies de tirailleurs liaoussas, trois compagnies de sénégalais |

et d’un détachement d'artillerie. t

IIO

LE DAHOMEY

Ces forces furent successivement augmentées par l'envoi (l'iinc compagnie de marche d'infanterie de marine, d'une batterie d'artillerie, d'une compagnie de tirailleurs et de trois compagnies de volonUdi'es sénégalais.

Une Hotlille composée des canonnières Émeraude et Tojmze se tenait dans la lagune de Kotonuu, et en i-adc stationnaient deux avisos [Héron et Hraïulon) et deux croiseurs (le Sané et le Talisman).

Ces forces étaient suffisantes pour la défense des points occupés par nous, mais étaient trop faibles pour permettre une action sérieuse à distance.

L’ennemi disposait, de son côté, d'environ 1 il. 000 guerriers dont 8.000 armés de fusils à tir rapide ; ils étaient répartis en plusieurs groupes à Godomey et .’i Zobbo, en face de Kotonou, à Âllada, ü Cana où se tenait le roi avec le gros des troupes régulières, et dans le Décamé d'où les Dahoméens menaçaient Porto-Novo et maintenaient les tributaires de ce rojaume.

Déhamûn semait partout le bruit qu'il se ]>réparait à marcher contre les Ihadans, population musulmane ù l'est d'.\béokouta; le 5 juin, il envoyait ti Porto-Xovo, au colonel, une lettre datée de Whydah, et contenant des réclamations insignifiantes. Les porteurs île cette récade avouèrent très naïvement qu'ils étaient venus surtout pour espionner. Ils furent arretés et échangés peu après contre les agents franyais de la maison- Fabre, à Whydah, que lléhanzin retenait comme otages.

Quinze jours après, le roi, jetant le masque, déclare que le Décamé lui apjiarticnt et que c'est pour cela qu'il a concentré des troujies h Zobbo, h Dogba et ailleurs.

Le colonel se contente de lui répondre qu'il soumettra eelte façon de voir au gouvernement, constitue son service de renseignements et noue dos relations avec les fitats voisins du Dahomey.

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