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I.es principales lagunes du Dahomey sont

1. a lagune de Porlo-Novo (long. 20 kilom.), prolongement de la lagune de I.agos, communi({uant, par le canal de Toché, avec le lac Nokoué ou Denbam (long. 27 kilom.), qui se déverse dans la mer par le canal de Kolonou. »

.\u delà d'un isthme de G kilomètres, lagune <le Whydah ^long. 40 kilom.) et lagune de Grand-Popo (15 kilom.), se réunissant aux lagunes du Togoland.

Ces lagunes s'élargissent en certains endroits poiir former de vastes nappes d'eau dont quelques-unes, par leur étendue de pUisieuis kilomètres, ont mérité le nom de lacs.

I.a largeur moyenne des lagunes du Bénin varie entre 30 cl 200 nièlivs. I*'n face de Porlo-Xovo, elle est de 1.720 mètres; c'est sa plus grande largeur en dehors des lacs. Sa plus grande profondeur est de G mètres et sa plus petite de 1 mètre. I.c moment des plus hautes eaux est fin septembre; celui des plu A basses, lin mars.

Par endroits, de nombreuses îles floUanles rendent précaire

LE DAH03JEY

la jiavijjalion dans les passes ctroilcs, mais des corvées, fournies par les villages lacustres voisins, sont constamment occupées ù les dégager.

l^s lagunes reçoivent tous les cours d'eau qui descendent <lo rintcricur vers la mer.

plupart des villes commerciales sont situées sur les lagunes ou ont un débouché sur elles.

Lnt formation de ces lagunes résulte de rcmpiètemcnl continuel du continent sur l'Océan dont les vagues ont accumulé du sable sur les bancs de madrépores, base du sous-sol de la côte actuelle; ainsi s’est formée 5 lu longue celte bande de tcrniin très étroite qui constitue aujourd'hui le littoral.

Dès que ccUc bande exista, les eaux des rivières n’eurent plus d’écoulement vci'S la mer et inondèrent les plaines basses <|ui formaient rancicnne cote. Peu li peu les charriages de ces memes rivières apportèrent un commencement de végétation ; les marécages et les lagunes en furent la conséquence.

travail des rivières continue toujours. Tous les ans, quand les pluies ont grossi leurs eaux, elles soulèvent le sol sur la rive, dans les contrecs de l’intérieur, en détachent des parties plus ou moins considérables et les charrient vers la côte. On voitnlure des masses d’herbes et d’arbustes descendre le cours de la lagune, sous forme d’îles flottantes, cl aller s’ajouter aux autres herbes qui forment ainsi de vastes plaines marécageuses.

Autrefois la lagune se continuait partout sans interruption, niais aujourd'hui, par suite de charriages et d’atterrissements successifs, il y a solution de continuité h Godonié (G kilom.) et ù Kotonou (oOO mètres). Ce dernier barrage, qui empêche les eaux du lac Deiiham de rejoindre l'Océan, s’est ouvert en 1887 sous la pres.sion considérable de l’énorme masse d’eau d.. lac, cl à un tel point que rÉinoraudc, petite canonnière fran-

CériGKAPflIE DC DAilO.Mirr

çaise, pénétra par celle passe clans la lagune de Porlo-Xovo, au grand désnppoinlemenl des féticheurs dahoméens.

Sous l’action des sables accumulés par le ressac, rouverlure s’esl refermée trois mois après. Mais en novembre 18H3, elle s’ouvrit de nouveau d’elle-mcme sous la poussée dos eaux subitement grossies à la* suite de pluies exceptionnelles, puis SC referma peu après.

Le niveau des lagunes est plus élevé c|uc celui de la mer; pendant la saison des pluies, la dilTcrence est de 1 mètre a l mètre oO ; elle est seulement de 60 centimètres pendant la saison si*che. Il en résulte, ù la marée basse, deux courants coulant en sens inverse l’un de l’autre, avec une vitesse mo}*ennc de deux à trois milles à l’heure. Le premier, qui se dirige vers Test, est sensiblement diminue cl disparaît même entièrement lorscjuc la bouche de Kolonou est accidentellemont ouverte.

L'aspect des rives de la lagune varie suivant la région traversée : du côté de I^gos, ce sont d’immenses foi*éls de palmiers, tandis que, dej)uis Porlo-Novo juseju’U Porlo-Scgouro (Tc)goland), on ne veut cpie hautes herbes, papvrus et palétuviers.

L'eau de la lagune du Bénin est potable si la bande de terrain <|ui la sépare» de la mc*r a assez de laideur; dans le cas contraire, les inlillrntions d’eau salée la rendent saumâtre. Il on osl de même à toutes los bouches faisant communiquer la lagune avec la mer; la marée montante arrête son courant et pormel ainsi aux eaux du golfe de s'y ntélanger.

Hydrographie.

læs principaux cours d’eau cpii arrosent le Dahomey sont, de I osl îi l'ouest :

\X ÙAilOMEY

t/yarfl» (jui se jellc dans la lagune de Porlo-Novo el svparc le ruvaume de Porlo-Noyo des possessions anglaise»;

l/Owe/ne, <jui traverse tout le nord du Dahomey et qui consllUie la seule voie commerciale et slnitégique p<»ur p<5néli*op dans l inlérieurdu pavs ; les grandes j>irogues le remontent juscpi'au 8* degré pendant les hautes eaux. Il reyoiî U gauche V Ocjhira ou ,\nnou et sc partage en amont dM^«//ie pour fiM iner le Zoumé ou rivière lîc .So. Ce cours d’eau se jette dans le lac Xt>koué; il reçoit du nord le Han alimenté par une foule de petits aflluents dont le Koto a été Tun des pi*emiers connus. L’Ouémé reçoit sur sa rive droite le Zou, accessible aux canonnières, et (pii reçoit lui-méme, à gaucho, V Agbado, Plus au nord, l Ouémé reçoit aussi à droite VOdouo et le Térou ;

Ix* Kou/foy (|ui pi*end sa source dans les montagnes des Mallis et «pii forme le lac Ahémé\

Le Mono, navigable ju.s<pi'au barrage de Togoih», à 80 kilomètres dans rinlérieur, et dont le coui*s supérieur apjiartieiil au Togo allemand.

L*l)uémé et le KoulTo si'rvent de déversoirs à un immense marais ap|K*lé Lama ou Cô, <pii ne mesure pas moins de iU kilomètres de longueur de l’ouest à l’est, sur une largeur de 10 à lo kilomètres du nonl au sud. Pendant huit mois de raiinéo, ce mamis est complètement à sec.

G's rivières ne sont navigables que sur une faible jiarlle de leur cours; toutes se deversenl dans les lagunes, ainsi (ju'une foule de grands et jietils ruisseaux.

I.C rivage formant une digue aux eaux venues de rinlérieur ne laisse aux rivières dahoméennes «pie ((ualix* issues vers rOcéan; ruiic située à l’est de Grand-Popo, à un endroit ajipelé la Bouchc-du-Iloi ; la seconde îi I.;igos; la troisième à Test de I.('ké (Bénin), cl quelquefois h Kotonou.

Outre ces gmuds débouchés, les lagunes communicpienl

GI^:OGR.\Pini: DL' DAHOMEY

avec la mer par de nombreux pclils cours d*cau ({ui se fravcnl un passa*;e à Iravers les basses teiTcs au moment des hautes eaux.

Il existe aussi à l'intérieur du pays <lo j>eri(s lacs ou marais ijui gn>ssissi‘nt au moment des pluies et trouvent des débouchés pour venir gn>ssir le coui's do la lajjuiie. Sans la léjçêre iiulinais4>n du terrain, il sei'ait malsain d'habiter la contive.

Les rivières du Dabonicy, torrentueuses ù leur source, ont il leur emboucbui*c un courant très faible, ce qui cxprupie la formation des lacunes.

('omme le débit des eaux de rinlérieur u'csl pas constant^ on ne peut espcivr pouvoir creuser dans la laj^une un port capable d'abriter des navires d*un certain tonnaj^e, ainsi <juc l'ont fait les Anglais k Lagos.

Ia*s grandes étendues d'eau qui se trouvent dans le Dahomey |)roduiseiit dans leur voisinage des intiltrations souterraines qui s'étendent fort avant dans les terivs.

Dans rinlérieur du pays il y a de nombreuses sonrees naturelles.

Les indigènes obtiennent leur eau en cnnisuiit des puits k deux mètres dans la première zone, k quatre ou six mètres dans la secmule et k douze ou <|uinze niètivs dans la troisième.

L'eau se ixMUontre partout, mais k des profondeurs variables^ suivant les couches du terniin. et elle rept»se toujoui^s sur un banc meboux.

Malgré leur pente très faible, les cours il'eaii du Dahomey seraient d'excellentes voies de communication, s'ils n'étaient coupés, k la saison sèche, jiar des seuils sid)lunneiix dans le Mul, nnlieux dans le nord ; mais l'emploi des dragues cl des explosifs améliorera ccrlainemenl leur navigabilité.

2i LE DAllOMET

Orographie.

I/orogmphie de nos possessions du Dahomey n*est pas compliquée. Elle ne comporte que quelques plateaux peu élevés situés dans l’intérieur (Allada, Savé) et des monts isolés comme le pic Cantoulou, les monts Aîanagboua, Aguigadji, Ghaoutéf Zoglolîo, etc... dont rallitudc ne dépasse pas GOO mètres.

En dehors de ces monticules, le sol, sablonneux ou marécageux, est entièrement plat. C’est seulement à partir de Cana que le terrain se relève, devient onduleux, puis montagneux.

Au nord du plateau d’.Vbomey (lOo mètres d'altitude), le pays s’ondule sensiblement et l’on trouve des mamelons d’une certaine élévation, dans la région des forets. La plaine se relève alors par une succession de gradins juseju'au pied de la dent du Fila, des lînes dentelures des montagnes des Dhassas, des monts d’Agbassa ou Delcassé, et des masses plus imposantes des monts de l’.Xtacora dans le pays des Mahis, dernière ramilicalion des montagnes de Kong, qui constituent en cette région le rebord du plateau 001111x11 de l’Afrique cl qui forment la ligne de partage des eaux entre le bassin du moyen Niger et les cours d’eau qui vont se jeter dans le golfe du Bénin.

En résumé, on ne rencontre au Dahomey d’élévation importante que vers le 8* degré

Géologie.

La géologie du Dahomey n’est encore guère connue, car il était dinicile de faire des recherches sous radministration indigène. Son véritable littoral ne sc rencontre qu’au pied des

GivorinAPiMK Dr d.miomky

îiauteurs île Caïui ; au suil, ce sont des cordons successifs de «Urnes accumulées par le veiil et la mer. recouvertes plus lard d'une couche d’humus et dans lesquelles on ne i-enconli’e pendant 8Ü kilomètiws ni une pieri*e, ni un jjravier; le sable d’ori‘;ine pélaj^nenne cl l'argile forlemcnl colorée en l'ougc par des si*ls de fer constiluenl le sol (cnpilainc l'onssagrives).

Le pays se divise en deux régions : le Bas-Dahomey et le Haut-Dahomey.

Le Bas-Daliomey est le Dalunney maritime, c’est le pays des palmiers à huile cl il s'éleml jusqu'aux environs d'Abomey.

'fous les terriloii*es au-dessus du îl® degré forment le lïaul- Dahoiney.

Le s<d «lu lUis-Dahomey peut se diviser en deux zones.

premièi*e zone est couverte d'une couche de s«d>le de j>rès de 2 mMix*s d'épaisseur sous lequel on trouve de l'humus végétal. Sur les bords des lagunes et des coui*s d'eau, le sable «*sl mélangé U «les alluvions «le dilTénmte compositi«>n, suivant les emlroits.

la» sîd>le n'existe plus dans la deuxième zone el est remplacé par «le l'argile jusqu'à une pmfondeur de 5 à t» inètrci», (A»tte couche durcit tellement au m«>ment des fortes chaleurs que les vi'gélaux indigènes seuls arrivent à la percer ; au-dessous «le cette argile se trouve de l'hunuis gras tivs propre à l’agricullure. Le l>«>rd des fleuves est t«uijours très limoneux elpar suite très fertile. Dans la couche inférieuivon trouve encore de la terre végétale mélangée «le sable, «le cmpiillages el de «•alcaii'es décomposi»s. mais «m ne tiiuiveni une pierre, ni un gravier dans celle z«me.

terre glaise ne se tmuve |)lus «lans le Haut-Dahomey, mais la «l('com))osition d«'s feuilles «l'arbivs proiluit riuimus qui v f«>rme la c«>uche superlicielle ; en dessous on trouve encore du sîtble el «h*s calcaiivs, el. en tmisième lieu, des i*«>ches siHli-

LC DAHUMKY

mcntaires argileuses avec traces de porphyre, de ({uurtz, de marne, de grès rouge, de granit, de schiste, de conglomérats fernigineux, etc..., qui y aflleuivnt par place.

Telle est la composition des vallées au nord d'Abomey.

Ix*s terres de celte région .sont généralemenl riches en potasse, mais peu favorisées en chaux et en acide phosphorique.

Les cailloux se rencontrent seulement à près de 100 kilomètres du littoral.

Un sondage assez profond du sous-sol a été opéré en 1802 à Goho, près d'.Vboniey, sous la direction de M. le capitaine Fonssagrives ; ce sondage a fait découvrir d'abord un banc épais d'argile rouge, puis une couche de sable Irôs micacé de couleur pourpre, puis un gisement important de kaolin pur et enfin un autre lit de sable violet très meuble.

Comme ressources minières, le Dahomey doit posséder les mêmes richesses minérales ejue les pays voisins dont il a la meme configuration.

Plusieurs voyageurs croient îi l'existence de mines de houille au Dahomey ; de minei uis de fer dans le nord et à l'or d'alluvions dans le sable des rivières.

L'avenir nous confirmera le fait.

On trouve au Dahcmcy une pierro météorique que les indigènes appellent Ochouninrc (pierro du ciel), et avec laquelle ils font des bijoux.

Routes et voies de communication.

1.41 question des voies de communication a été envisagée d'une manière toute spéciale, sur l'initiative de l'administration locale, par les pouvoirs publics.

CÈOr.R AfIIIE DL' DAIIOMKÏ

Il existe une route bien aménagée «le Wbvclah îi Nikki par (iarnotville ; elle passe par Savi, Tori, Allaila, Ouagbo, /.obo- Jomé, Cana, Golio, Abomey, etc... Klle se bifur<{ue à Golio, en avant d'Abomey, pour Cotoj)a, Doboué, Allagba, et Kpomé ; elle se dirige aussi d'Abomey par Locossou, Allabé jusqu'à la rivière Zou.

Dans toutes les autres régions du pays des chemins routiers fort nombreux sillonnent la colonie et sont entretenus par les indigènes des villages ; leur largeur qui est loin d'être unirornic dépasse rarement 2 mètres.

Les transactions entre la côte et l'intérieur se font par des pirogues circulant sur les vastes réseaux de lagunes et les nombroux cours d'eau.

C'est pour cette raison qu'il est ([uestion de faire communi- <[uer la lagune de Wliydab avec celle de Porto-Novo.

Comme il n'y a au Dahomey ni voitures, ni bêtes de somme, les indigènes opèrent seuls tous les transports sur leur tête, lentement, péniblement; leur charge moyenne est de 25 kilog.

I.orst[ue les Kuropéens et les gros peraonnages dahoméens veulent se déplacer, ils se font porter en hamac par les membres il une corporation spéciale appelés ■< hamacaires ».

Des services reguliers de pa(juebots assurent la communication avec la France deux fois par mois, et avec les colonies anglai.scs voisines, une fois par semaine.

Chemins de fer.

L'n cbemin do fer do pénétration projeté entre Kotonou et le Niger français est en voie de construction.

Une mission dirigée par le commandant du génie Guyon a été chargée du tracé de ce chemin de fer.

La ligne suivra rUinéraire suivant : .Ulada, Tolfo, Cana,

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