‹ Dahomey et dépendancesChapitre 60 sur 133 · ET PRISE DE POSSESSION DE L’HINTERLAND DU DAHOMEY · texte numérisé non relu

ET PRISE DE POSSESSION DE L’HINTERLAND DU DAHOMEY

Avnnl la conquête, le territoire du Dahomey, sauf le littoral, était peu eoiinu. Quelques négociants ou oITicicrs européens étaient bien montés parfois jusqu'à Abomey, sur l'invitation du roi ; d’autres avaient essayé de remonter pendant quelques mill s le cours de l'Ouémé, mais la baisse des eaux et l'hostilité des riverains soumis au Dahomey les obligeaient à rebrousser chemin, sous peine d’être emmenés en captivité dans la capitale.

Après la défaite de lîébanzin, on ne connaissait du pays que les levés topograjihiques exécutés à la bête par les ofliciers du corps expéditionnaire.

A la fin de 1892, le Gouvernement avait songé à confier au capitaine lîingcr la mission d’explorer l’arriêre-pays du Dahomey. M. Binger fit à cette occasion un travail préparatoire des plus intéressants; mais il était tout désigné pour administrer la colonie de Grand-Bassam qu’une organisation nouvelle avait rendu indépendante <lc la Guinée française.

Dans le courant de l’année 1893, le commandant Decœur, de rartillcrie de marine, avait commencé à parcourir toute la région du Haut-Mono jusqu’au pays des Baribas, accompagné du lieutenant Baud, de l’infanterie de marine. Mais la saison étant trop avancée, il dut rentrer en France et remettre à l'année suivante la suite de ses explorations.

En juillet 1891, quand M. Ballot eut rejoint son |>oste do

OllGAMSATION DO DAHOMEY

gouverneur i)e la colonie, il résolut de remédier à ce manque de renscignemenLs géographiques sur les régions nouvellement conquises qu’il avait à administrer.

D’un autre côté, tout en s’occupant activement de l’organisation et de l’administration de la colonie, M. Victor Uullot ne voulait pas négliger son e.vpansion territoriale, surtout qu’il était urgent de mettre son hinterland sous notre domination, afin de le soustraire aux ardentes convoitises de nos voisins du Togo et de Lagos qui, à l’époque, préparaient la mise en route de deux missions, l'une allemande dirigée par le docteur Grimer, l’autre anglaise commandée par le capitaine Lugard.

Nos rivaux avaient tout intérêt h nous devancer sur le Niger de façon h nous intercepter toute jonction du Dahomey avec le Soudan, et s’ils avaient réus.si, le Dahomey n'était plus pour nous qu'une simple enclave côtière, puisque aux termes des dernières conventions pa.ssécs avec l’Allemagne et l’Angleterre, notre sphère d’inlluencc sur les territoires situés au nord du Dahomey devait s’arrêter au 9' degré.

Mais Anglais et Allemands, en fomentant leur projet, n’avaient pas compté sur la perspicacité du gouverneur.

Avant son départ de Paris, M. Ballot avait arreté, d’accord avec M. Delcassé, alors ministre des Colonies, le programme des explorations à entreprendre. Il reçut comme instruction formelle du Ministre de devancer, par tous les moyens possibles, nos rivaux qui menaçaient le Gourma et le Borgou, de manièi-c îi nous réserver, avec la plus grande étendue de territoire, le libre accès au Niger.

Grâce à l’hahilcté et à la diligence du gouverneur, la réussite du plan dont le ministre lui avait conlié l’exécution eut lieu avec un entier succès. Dans ce but M. Ballot avait préparé b la hâte deux missions, l’une dont il prit le commandement en

LE DJUIOMEV

personne, et l'autre dont il confia la direction au commandant Dccœur.

Les deux missions quittèrent Porto-Novo ensemble, mais nous les suivrons l'une apres l'autre dans leurs pérégrinations.

Première mission du gouverneur Ballot.

Fondation du poste de Camotville août au S8 octobre 1894).

Cette mission se composait de :

MM. le colonel Nény, de l'infanterie de marine, commandant supérieur des troupes;

Capitaine d'artillerie Mounier, chef du bureau militaire du gouvernement;

Deville, administrateur colonial ;

Xavier Béraud, interprète principal.

L'escorte était composée de 2.5 gardes imligènes commandés par l'inspecteur Achille Béraud, et le convoi de 80 porteurs.

La mission s'embarquait le 2G août sur une canonnière rcmorc|uant deux grandes pirogues. Il en fut de même pour la mission du commandant Dccœur,

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