‹ Dahomey et dépendancesChapitre 62 sur 133 · I.Ë DAIIOMEV · texte numérisé non relu

I.Ë DAIIOMEV

M. Alby quilla Porlo-Novo le 7 novembro 1891 et réussit à informer pur lettre M. Decieur ilc la marclie des Anjjlais sur Nikki. Rejoint à Manigri par le lieutenant Baucl, le comnianndant Decœur et toute la mission se mirent en route le 8 novembre, etpassèrent suecessivement ii Kékélé, Pénésoulou, Pélala, Tankoni, Parataou, Alédjo et Séniérc où ils arrivèrent le 13 novembre, au lieu de marcher directement et précipitamment sur Nikki, comme l’ordre en avait été donné par le Gouverneur, par l’intermédiaire de M. Alby.

Apres avoir traité .ù Séméré, le Commandant passa h Ouangara, ù N’Dali, où il retrouva la tombe de l’explorateur Wolf ù laquelle il fit mettre un entourage et une croix, et arriva le 25 novembre ù Nikki.

Lù, il apprenait que des Anglais arrivant du Niger venaient de séjourner ù Nikki ; c’était la mission du capitaine Lugard qui avait devancé la sienne de quelques jours. Mais les Anglais, heureusement, n’avaient pu voir le roi et s'étaient contentés de signer un traité avec l’iman des musulmans.

Néanmoins le commandant Dccœiir concluait le 2G novembre un traité régulier avec le roi de Nikki ; ce traité jdaçait le Borgou sous le protectorat de la France.

.\u lieu de continuer sa route vers le Niger, le commandant Decoeur crut devoir encore rétrograder sur Carnotville, sous prétexte de réapprovi.sionner sa colonne. Il arriva dans ce poste le 10 décembre.

A peine était-il parti de Nikki, qu’il rencontrait, arrivant de Porto-Novo et de Carnotville, M. Alby qui' venait de parcourir GOO kilométrés en 22 jours, .\prcs s’être ravitaillé h Carnotville, la mis.sion Decieur repartit de cette ville le 19 décembre, pour exécuter la deuxième partie de son programme.

Elle SC dirigea directement sur Ouangara, Kouandé et Makka, où elle arriva le 31 décembre.

nR(lAMS,VTlO> DV DAIIOMEÏ.

Kn cours de roule, elle éprouva certaines dinicultés avec les chefs des villages de Birni et de Kouandé, qui, trois ans auparava’nl, avaient fermé les chemins au lieutenant allemand Kling, venu de Salaga pour reprendre la suite de la nrission ^Volf et pour tenter de ramener ii la côte le corps de son compatriote inhumé ii M'Dali. Quelques conversations dissipèrent les appréhensions des chefs, et la mission parvint sans encombre à Makka.

I-à elle se divisa en deux parties. Le commandant Decœur chargea son second, le lieutenant Baud, de gagner Say sur le Niger par le chemin le plus court. M. Baud avait avec lui le lieutenant Vargoz, 25 Sénégalais et 75 porteurs, emportant 00 jours de vivres. Le commandant se dirigea sur Sansanné- Mango, accompagné du lieutenant Vermcersch, qui venait de remplacer le lieutenant de Portzamparc malade et de M. Molex, en traversant des pays complètement sauvages, où les indigènes sont entièrement nus. Ils ne trouvèrent sur la route que deux agglomérations, Ouavo et Makeri, dont les chefs consentirent k traiter.

A Sansanné-Mango, où la mission arrive le G janvier 1895, le chef déclare qu’il avait traité, six mois aupanivant, avec un ollicier indigène de la colonie anglaise de la Côte d'Or, le capitaine l'ergusson. 11 montra en clTet le texte d'un document autographié qui était un simple traité de commerce et d'amitié passé au nom du gouvernement de la reine et dans lequel était insérée une clause en vertu de laquelle le chef s'interdisait de placer son pays sous le protectorat d'aucune puissance européenne.

Le commandant Deoeur resta trois jours à Sansanné-Mango qu'il quitta le 0 janvier pour continuer sa route au nord k travers le Gourma, en css.iyant de distancer le second du docteur Grimer, le lieutenant allemand de Karnap, lancé en ovant par son chef. Malheureusement il s'éloignait de Sansanné-

Le Dthomfy. 14

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