‹ Dahomey et dépendancesChapitre 63 sur 133 · I.E DAHOMEY · texte numérisé non relu

I.E DAHOMEY

Mango sans avoir traité avec le chef. lai mission arriva h Pêlélé, premier village du pavs de Gournia, dont la capitale Noungou ou Fada N ’Gourma est éloignée d'environ 150 kilomètres au nord. Au moment où la mission ejuittait le village, renvoyant en arrière le docteur Danjou et les malades, on vit arriver le lieutenant allemand de Karnap, parti ù la hAte de Sansanné-Mango, où le docteur Gruncr, assisté du docteur Dcring, était arrivé le soir même du départ du commandant Decœur et avait signé avec le chef un traité plaçant la région sous le protectorat allemand.

Le lieutenant de Karnap, après une entrevue très courtoise avec les membres de la mission française, partit rapidement pour le nord, voulant, grùce à son faible convoi de 20 hommes, arriver à distancer notre mission, obligée ii une marche plus lente à cause de ses approvisionnements.

Le lieutenant de Karnap allait vers Say et s’arrêta à Pama, où il signa un traité le 1 1 janvier. Puis apprenant que le chef de Pama n’était pas le vrai roi du Gourma, il continua sa route au nord sur Nando, qu'il suppo.sait être la capitale de ce pays. Le roi de Nando étant à Kankantchari, il alla l'y trouver, lui fit signer un traité et attendit dans ce village l’arrivée du docteur Gruner. Mais au lieu de son chef, ce fut le commandant Dccœur qu’il vit arriver.

Ce dernier, arrivé ù Pama quehjues heures après le lieutenant de Karnap, reçut du chef du village communication d’un papier que l’officier allemand lui avait remis en lui disant de le communiquer aux « blancs » qui viendraient après lui. Ce papier, écrit en arabe, [Kirtait une note écrite en français, disant que le lieutenant de Karnap avait pris possession de Pama nu nom de l’empereur d’Allemagne. Mais le commar.dant Dccœur apprit du chef de Pama qu’il n’avait signé ni approuvé aucun traité de protectorat, et, de plus, qu’il n'était

OBGAMSATION DU DAIIOMET

([u'un chef de village dc'iK-iulanl du roi résidant à Noungou et qui commande tout le Gourma.

Aussi, pendant que l'officicr allemand continuait sa route vers Say , le commandant Docœur, certain que le lieutenant Uaud arriverait le premier dans celte ville, se dirigea rapidement vers Noungou ; il parcourut en trois jours les 1 10 kilomètres qui séparent Pama de Noungou, trouva le roi Bantchandé d'autant plus disposé il traiter avec le chef de la mission fran- Vaise, ciu’il était menacé sur ses frontières septentrionales par les bandes de notre vieil adversaire Ahmadou, réfugiées dans le Liblako, et qu'il n’ignorait pas que c’étaient les Français cpii avaient chassé Ahmadou dcNioro, deSégouet de Macina.

C'est le 20 janvier 1893 que ce traité fut signé.

la: commandant Dccœur quitta Noungou le 23 janvier pour continuer sa route jxir Nando sur Say. 11 continua il traverser le pays de Gourma complètement inconnu, cl retrouva à Kankantcliari le lieutenant de Karnap qui attendait scs compagnons venant h ]>etilcs journées.

Trois heures après l'arrivée de la mission française, l’officier allemand arbora sur la case du chef le pavillon impérial. Le commandant Dccicur, s’appuyant sur le traité conclu avec le roi du Gourma, dont font partie les villages {Kircourus depuis Pélélé par la mission allemande, rédigea une protestation qu’il remit personnellement au lieutenant de Karn-.p. Celuici, en prenant le document, se l>orna il répondre que toute difficulté serait réglée entre les deux gouvernements. I.A mission française quitta immédiatement Kankanlchari et, au village de Boli, situé à (iO kilomètres au nord-est, le commandant nccieur trouva chei le chef, qui est de race jicuhle et complètement indéjwndanl, un traité de protectorat conclu quchpies jours aui>aravnnt par le lieutenant Boud. Ia:s deux missions se «'joignirent il Say le 31 janvier, soit exactement

Page 1