I.B DAHOMEY
scrupules, cnr ils avnient traité en août 189V avec le imilAtre Fergusson, agent anglais; en février 1893, avec le lieutenant allemand de Karnap, et (juelqucs jours après avec l’administrateur français Alby.
M. lîaud ne s'attarda pas è Sansanné-Mango ; le 18 avril, il atteignait Gambakka. Continuant aussitôt sa marche, il visitait successivement Liaba et Oua dans le Gourounsi, llouna dans le royaume de ce nom. Dans celte dernière ville, apprenant que les troupes de Samory interceptaient les communications avec le pays de Kong, il résolut de deseendre h la côte par le Barabo et l'Indénié, en suivant la rive gauche de la Comoé. Il traversa aimsi le Bondoukou et atteignit N'asian le 13 mai, Kouroupa le 17, A.ssikasso le 30, Zaranou le V juin, Betlié le 8, et arriva enfin h Grand-Bassam lc 12 juin, après avoir parcouni en 77 jours 1.300 kilomètres dans une région îi peine explorée et avoir signé, avec les chefs des pays traversés, de nombreux traités nous en assurant le protectorat.
Les résultats géographiques de ce magnifique voyage furent considérables, et la jonction complète entre la colonie du Dahomey, d'une part avec la côte d’ivoire et de l’autre avec le Soudan, fut assurée.
Aussi la croix de la Légion d’honneur et les galons de capitaine vinrent, peu après son retour, récompenser la vaillante et patriotique ardeur du lieutenant Baud.
onr.AMSATIOX Ilf DAHOMEY
Mission du commandant Toutée (1894 1895).
M. TouU'e avait reçu «lu Miiiislère des AITaircs «ilrangères pour mission de remonter le Niger en bateau et d'atteimlre Tombouctou en traversant les rapides de Boussa. Des dilTicult«!'S d'onlre di])lümatii(ue l'ayant empêché de remonter le graml lleuve dans la partie de son eours comprise dans la spbérc «rinducncc anglaise, il se décida U emprunter la voie de terre en passant par le Dahomey.
commandant Toutée partit avec le lieutenant Targc, le sous-lieutenant de Pas et radjudant Doux il la fin de décembre
11 passe iiTcbaourou par Zngnanado et Savé. De là, tournant droit à l'est, il arriva à Tcbaki dans les premiers jours de février.
M. Toutée traita avec le chef et, un peu plus loin, avec celui de Kitcbi, et il atteint le 15 février Badjibo sur le Niger. .Vyant constaté «juc ce point n'avait pas été occupé par les .\ngl ais et qu’aucun bateau à vapeur n’y était venu depuis sept uns, il y fonda en conséijucnce un fort aucjucl il donna le nom d’.Vremberg.
.\près avoir redescendu le fleuve et s’être assuré que l’occupation anglaise ne commençait réellement qu’à Bgga (270 kilomètres au sud de Ba<ljibo] le commandant Toutée se décida à remonter le fleuve en pagayant et partit le 25 mars en laissant un poste à Arembcrg.
Il fi'ancbit d’abord les rapides de Boussa, auprès desquels se noya Mungo-Park èn 1808, après avoir rencontré à Léaba
LE DAMOMBÏ
un simple noir, se disant représentant de la noyale Niger Compagnie, qui voulut lui créer des diiricultés.
Puis il atteignit Poussa, llo et Say, diqà explorées par les missions Ballot et Dccœur, et continua son voyage jusqu’à Gao dans une embarcation indigène, à peine escortée de quelques tirailleurs et laptots. '
Craignant d’être empêché de pousser jusqu’à Tombouctou par les bandes de Touaregs qui parcouraient le pays, et dépourvu du reste de ressources, il se décida alors à redescendre le fleuve.
En résumé, les missions Ballot, Decœur, Baud, Alby et Toutée, par les traités qu’elles ont passé avec les rois de Nikki, du Gourma, de Kouandé, Sansanné-XIango, Oiiangara, Say, IIo, Bikini, etc., nous ont donné sur nos rivaux des droits incontestables.
Ces actes furent très bien accueillis en France, mais il n’en fut pas de meme à l’étranger, surtout en Angleterre, où la prcs.se se montra fort agressive contre nos explorateurs.
Anglais et Allemands s’efforcèrent de jjrouver que nos traités n’étaient que de simples chiffons de papier, sans valeur aucune, tandis que les leurs', écrits en arabe, étaient les seuls bons.
Ce qu’ils omettaient de dire, c’est que maintes fois, pour vaincre la résistance des autorités indigènes, ils employaient les menaces quand, après les promesses et les cadeaux, les chefs de villages bé.sitaient encore à signer des conventions dont souvent ils ignoraient la valeur.
En faisant signer dans de telles conditions par ses missions des traités à tous les sultans, rois et chefs de villages rencontrés sur leurs routes, chaque nation put faire une abondante moisson de ces papiers.
Rentrées en Europe, les diverses missions étaient d’autant plus enchantées du résultat de leur campagne que chacune
imr.jxisATiox DU Dahomey
«l'ollcs i}lait persuaJt’C i|ue ses traités seuls étaient valables et <juc ceux lie ses rivaux n'avaicnl aueune valeur.
Afin lie snuvcgariler nos droits, des négociations furent engagées avec IWiigleterre vers la fin de 1893 et avec l’Allemagne nu cominenccmeiit de 189C pour arriver à éclaircir les droits respectifs des deux nations.
(Pliol. fit M. Dm.)
l'n Petihl (les environs de Parnkou.
Les négociations duraient depuis plusieurs mois sans avoir encore pu aboutir, par suite des prétentions exagérées de nos rivaux, lorscjuc le bruit courut en Europe que pendant que la France négociait lovalemcnt, scs rivaux commentaient k occuper effectivement les pays contestés de façon {i nous placer en présence d’un fait accompli, contre le(juel toutes nos protestations ne sauraient prévaloir.
Le Dahomeg.
LE DAHOMEY
L’éveil fut donné en avril 18!)G par un télégramme venu de Brass signalant ejue le roi du Borgou maintenait avec fermeté le traité qu’il a signé en 1890 avec les Anglais, et qu’il refusait formellement de conclure des traités avec les missions des autres nations.
Le télégramme ajoutait que la Compagnie royale du Niger avait établi des stations militaires sur plusieurs points du royaume du Borgou et du pays d'Ilorin, à l’ouest du Niger.
L’opportunité avec laquelle cette dépêche arrivait pour tenter d’influer sur les négociations actuellement engagées entre la France et l’Angleterre, au sujet de la délimitation du Bas- Niger, prouvait que la Compagnie du Niger s’efforçait de détruire l’œuvre considérable accomplie par les missions françaises.
Quelques mois après, aucune entente n’ayant pu intervenir, les négociations étaient interrompues entre les deux nations.
Missions Bretonnet et Baud (1896-189'T].
Pour défendre nos droits contestés i» la fois au Mossi et sur le Niger, le gouvernement français conçut le plan d'occuper effectivement les territoires que nous revendiquions en faisant partir du Dahomey deux missions qui s’avançant vers le nôrd, pour ainsi dire en éventail, iraient, l’une sur le Niger pour s’y établir, l’autre dans le Mossi pour prendre contact avec la mission des lieutenants Voulet et Chanoine, à nos avantpostes du Soudan français.
Les deux missions furent placées sous la haute direction de M. Ballot, gouverneur du Dahomey, et furent confiées par lui :
La première, au lieutenant de vaisseau Bretonnet; la seconde, au capitaine Baud, de l’infanterie de marine.
' TTTooglc
OnCAMSATION Uü DAIIOMET
MISSION nRETONXET
Parti Je Carnotville le 28 décembre I89G, accompagné de MM. Carron et Carrérot, inspecteurs de la garde indigène, de de Bernis, maréchal des logis de spahis, de .^0 gardes indigènes et 100 tirailleurs auxiliaires sénégalais, le lieutenant de vaisseau Bretonnet se rendit d’abord à Kandi. Im: 20 janvier il arriva h Ilo où il laissa comme résident l’inspecteur Carrérot, et le i février il parvint ti Boussa.
Dans le courant du mois de mars, ayant appris qu'un chef compétiteur du roi do Boussa se dirigeait en armes sur cette ville, Bretonnet marcha à sa rencontre et le mit en déroute près de Zali.
Quelque temps après, ayant reçu des renforts, il se dirigea sur Ouaoua, où étaient concentrées les forces du chef rebelle et emporta cette ville d’assaut le 11 avril. La mission revint ensuite ù Boussa d’où elle remonta vers le nord, laissant M. Carron, résident de France à Boussa.
Au retour, elle eut une deuxième affaire du côté de Kandi où s’étaient concentrés les rebelles réunisù Yagbassou, après la prise de Ouaoua.
Le 6 juillet, Bretonnet vint ù Ilo; il en repartit le 22 et revint h Boussa où M. Carron, serré de près, avait dû livrer combat.
Le roi de Kayoma, menacé par des Baribas révoltés contre . son autorité, ayant fait demander des secours & M. Bretonnet, celui-ci lui envoya MM. Carron et Carrérot qui dégagèrent la ville où ce dernier resta comme résident.
Peu après les Baribas s’étaient de nouveau concentrés dans les environs de Yagbassou et menaçaient Kayoma. Bretonnet se rendit dans cette ville et après avoir essayé une tentative
LE DAHOMEY
lie conciliation qui ne réusûl pas, il se porta rapidement sur !e villaj;e de Moré, très fortifié, où l.'iOO hommes se trouvaient relraneliés. Il donna un assaut qui réussit complètement, mais nialheureusemcnt M. Carrérot fut blessé inortellemcut par une flèclie empoisonnée.
Le lendemain la mission livra un nouveau combat ù Borou. Ce fut le dernier, et les Baribas terrifiés cessèrent dès lors toute rési.stance.
Kn résumé, nous étions installés sur toute la rive droite du Xiger, du pays de Say U Boussa, et sur la ligne Boussa- Kayonia-Kissi au 9' degré.
Par suite de l'hostilité croissante des Baribas, M. Ballot avait dû faire renforcer la mission Bretonnet, et ce fut le lieutenant Brot qui fut chargé de lui amener GO hommes.
11 quitta Porto-Novo le 21 août 1807 et devait, coûte que coûte, rejoindre le commandant Bretonnet, alors sur le Niger.
En cours de route, ù Ilesha, la petite troupe fut as.saillie par plusieurs milliers de Baribas provenant des villages voisins; mais elle supporta vaillamment le choc de l'ennemi qu'elle réussit ù mettre en déroute après lui avoir infligé de grosses pertes. Quinze de .ses hommes furent mis hors de combat, et, quoique atteint grièvement de trois flèches empoisonnées, le lieutenant Brot poursuivit .son chemin et réussit à rejoindre la mission Bretonnet h Kayoma le 21 septembre.
Nommé chef de poste, M. Brot resta à K.ayoma jusqu'au 15 décembre, date ù laquelle la colonne llicourt vint relever la mission Bretonnet.
MISSION BAl'D
Pour comprendre le but de la mission Baud, il est nécessaire de dire que la mission Voulct-Chanoine opérait dans le
OUr.AMSATIO.V DU DAHOMEY
Mossi {|u'elle avait reçu l’ordre d’occuper, après la défaite des parlls;uis d'Amadou Cheikou à Bandiagara, de manière à faire échec aux projets des Anglais et des Allemands sur ce territoire. Ia's lieutenants Voulct et Chanoine entrèrent h Ouagadougou le 1" septendjre 1S9G, redescendirent jusrju'ii Sati, où ils signèrent, le 19 seplcmhre, un traité établissant notre domination sur le Gourma ; puis ils rentrèrent h Ouagadougou et de là à Bandiagara (Soudan).
Au moment où M. Ballot, gouverneur du Dahomey, était à Carnotville pour mettre en route les missions Baud cl Bretonnet, il apprit qu'un otlicier allemand, le lieutenant Von Siefried, avait installé un poste à Balllo, malgré le traité signé avec nous par le roi de cette ville cl la pré.scnce d’une garnison française.
M. Ballot, en compagnie du capitaine Baud, se rendit aussitôt à Balilo. Il fit réunir une assemblée du roi et des notables qui reconnurent la fausseté du traité que nous opposaient les Allemands et nous assurèrent de leur fidélité ; le roi intima l’ordre à lu garnison allemande de se retirer et le gouverneur installa à Bafdo une nouvelle :;arnison de 25 hommes.