ORGANISATION DU DAHOMEY
avec lequel Adama (Tourintouriba) que nous opposaient les Allemands, ne put désormais lutter, ni comme puissance ni surtout comme prestige.
11 rejoignit ensuite le lieutenant allemand Thierry à Pama et, en sa présence, reçut du chef du village la déclaration que Pama, comme Matiacouali, dépendait du roi de Fada N'Gourma, ce qui annihilait complètement les elTets du traité passé à Puma par le lieutenant de Karnap et surtout réduisait à rien les prétentions du pseudo-roi Adama.
Sur CCS entrefaites, la France et l'Allemagne nommèrent une commission mixte chargée d'examiner les prétentions de ces puissances sur l’arrière-pays du Dahomey et du Togo, et de jeter les bases d'une délimitation. Cette commission commença ses travaux le 2t mai 1897.
MM. Lecomte, secrétaire d’ambassade, et Binger, directeur des AfTaircs d’.Vfrique au Ministère des Colonies, qui étaient les négociateurs français, réussirent à nous conserver le Gourma et à donner k l’Allemagne Sansanné-Mango, Gambaga, Balilo, Kountoun et Kirikri et la rive droite du Mono.
Une convention franco-allemande fut signée sur ces bases le 23 juillet 1897.
Soulèvement des Baribas et annexion du royaume de Nikkl au Dahomey.
Kn août 1897, les villages baribas de Schori, Bori, Saoré, Bouay et Kandi s'étaient révoltés, et les postes établis sur ces points avaient dû se replier sur Parakou. Dans ces mêmes parages avait eu lieu Tassassinat de nos compatriotes Forget et Carré, ainsi que l'attaque de la mission Fonssagrives. On ne pouvait laisser plus longtemps impunis de tels attentats.
Pour faire face aux dilTicultés de cette grave situation qui
LE DAHOMEY
menaçaient de compromettre les résultats si péniblement aequis, le gouverneur Ballot chargea le capitaine Vermeersch tout d’abord de dégager Kouandé. 11 y arriva le 20 août, accomi>agn6 de MM. de Bournazel et de la Villéon, insjjceteurs de la garde indigène, Lan, garde prineipal, et de 200 gardes indigènes.
Il décima les rebelles et nomma un nouveau chef.
Il reçut l’ordre de se replier ensuite sur Parakou où arrivèrent en même temps que lui le capitaine Ganier, qui venait du Gourma avec iO hommes; M. Ballot faisait diriger en meme temps, de la côte sur Parakou, une compagnie do tirailleurs auxiliaires sénégalais et une compagnie de tirailleurs auxiliaires haoussas. Toutes ces trouj)es firent leur jonctjon le l" novembre, avec une précision de mouvements admirable.
Le capitaine Ganier reçut du Gouverneur le commandement de la colonne, forte de 190 fusils, répartis en trois groupes commandés par les capitaines Dumoulin, Duhalde et Chambert, et ayant pour chef d'état-major le capitaine Vermcirscb. L’expédition quitta Parakou le l novembre. A peine eut-elle dépassé le village de Bégourou qu’elle fut attaquée par une fraction des rebelles composée des gens de Bégourou, Bénas'si, Guinagourou et Sinagourou. Mais après une rapide répression les révoltés s’enfuirent à Schori où ils se concentrèrent. Là .s’étaient réunis les guerriers de Péréré, de Bornou, de Tébo, de Daroupara, de Ouémou et de Bori, soit au total environ 8.000 hommes.
la: 5 novembre, après avoir traversé Bénassi, la colonne passa l’Okjiara et campa à la petite rivière Pésida. Elle traversa successivement Sinagourou et plusieurs villages peulhs, et Guinagourou, ville bariba qu’elle trouva évacuée.
lai 8 novembre, elle se heurta dans la brousse aux rebelles partis de Guinagourou en plusieurs colonnes. La rencontre eut lieu dans un épais fourré, au delà des mines de Tiaré.
OBCAMSATIO.X DL DAIIOUKY
Après (leux heures de combat pendant Icscjuellcs l'ennemi chercha en vain îi entamer le carré français, il s'enfuit clans une déroute complète.
Ix- 9 novemhrf, la colonne traversa Schori, puis succe.ssivement Ourobérou, Kénou, Gourou, Péréré, Daroupara et Sia.
Le fS noiemhre, la colonne arrivait è Nikki. La ville était évacuée, un seul homme s’v trouvait, un notable musulman, que le roi et l'iman avaient laissé avec la mission d'entrer en relations avec les l'rançais.
1a? roi de Nikki, Sirré-Torou, faisait dire par son représentant <[u'il était complètement étranger aux crimes que notre :
colonne venait punir, ([u’il avait .subi la loi de son entourag'e et <[u'il désirait se rendre. i
Pendant (|uc l'on installait le poste, le 1 9, Sirré-Torou venait j
se soumettre. t
Un acte constatant sa soumission et annexant son roj-aume ^
h la colonie du Dahomey fut aussilôl dressé et signé par lui ;
et par ses ministres. !
Divers vassaux, les chefs de Schori et de Douiikassa, imi- j
tèrent son exemple, qui fut hienti'd suivi par Sinaouarigui, (
grand chef de guerre, rival du roi de Kayoïna, avec lequel la - !
mission Bretonuet avait dû soutenir une lutte acharnée. i
Un fort fut construit îi Nikki même, et 200 hommes y piârent j
garnison.
Le gouverneur arrivait h Nikki le 1” décembre avec le chef '
de bataillon llicourt, qu'il nomma commandant supérieur '
des forces du Ilaut-Dahoiney.
Pendant que M. Ballot revenait à la céitc, le commandant j
Ricourt détruisait le repaire de Bétay où les habitants avaient massacré le garde principal Carré, occupait Kayoma, et plaçait '
des postes le long et un peu au nord du neuvième degré, que les Anglais, quoi qu'on en dise, n'avaient jamais pu franchir. }
LE DAHOMEY
Ils se contonlèrent de placer des postes au sud des nôtres. Aucune collision n’eut lieu grâce aux ordres formels donnôs par les deux gouvernements.
Pendant ce temps, rinfatigable capitaine lluud recevait l’ordre de laisser le commandement de Kada-N’Gourma à son second, l’administrateur Molex, et de se replier sur la rive
Sur le Niger, entre l’ilc fie noufia et Boussa.
droite du Niger, pour opérer sa jonction avec Bretonnet et consolider notre domination de Ilo & Boussa.
L’œuvre de répression était achevée et le Borgou rentra dans l’ordre ; la jonction régulière du Haut-Dahomey avec le Moyen-Niger était assurée délinitivcment.
De nouvelles négociations ayant été ouvertesentre la France et l’Angleterre, elles aboutirent â la signature de la convention du H juin 1898 qui mit lin aux contestations qui s’étaient
ORGANISATION Dl' DAHOMEY 235
|iro«Iuites entre les deux puissances pour la répartition des lerrlloires du Niger.
Ainsi se trouva définitivement accomplie par la France, l'oecupatitin eireelivc de la boucle du Niger.
Honneur U nos vaillants explorateurs !
Honneur h l'inrutig.iblc M. Victor llallot, l'éminent gouverneur du Oaliomcv !
.Après avoir été sur la brèche ü l’iicure des combats et du danger, il a clé l’organisateur de notre nouvelle jKissession, il a su la doter d'une administration simple et d'un budget pros- |>èrc.
Quand les difficultés ont surgi avec nos voisins étrangers à l'ouest et à l'est, M. Ballot n’a j>as hésité à faire lui-niéme œuvre d’e.xplorateur.
C’est ainsi qu’il a pu fournir au gouvernement métro[X)litain des documents d'une autbenlicité indiscutable, sur les titres que nous avions h opposer aux prétentions anglaises et allemandes et procéder ensuite, sans tâtonnements, à l'organisation du réseau de postes qui nous a rendu clfcctivement maîtres de la région contestée.
Les dépenses de la mission Toutéc ont été supportées intégralement par le budget local du Dahomey ainsi que celles des autres missions d'exploration ou de délimitation qui ont o|)éré dans la boucle du Niger de 181H ü 1900. Malgré ces dépenses considérables qui auraient dû rester à la charge du budget métropolitain, la caisse de réserve du Dahomey possède actuellement (juillet 1900) plus d'un million.
LG DAIIOMGÏ