MISSIONS DIÎ DÉLIMITATION DU DAHOMEY
Mission Plé (1898-1899).
C’est le commandant James Plé, de rinfanterie de marine, qui fut nommé, en 1898, chef de la section française de. la commission franco-allemande de délimitation du Dahomey avec le Togo.
11 avait comme second le lieutenant de vaisseau Brisson.
lai mission française comprenait, au début, deux membres de plus : le médecin de marine Iluellc et l’adjoint aux alTaires indigènes Richaud, qui ont dû être rapatriés pour raisons de santé.
La mission fut soumise à de dures épreuves au cours de ce séjour de dix mois dans la brousse, où elle eut, en particulier, à subir deux saisons de pluies exceptionnelles ; mais, sauf quebjucs faibles incidents, rien n’a marqué le cours des travaux.
Les négociations qui avaient été suspendues pendant près de quatre mois, par suite d’une divergence d’opinions dos deux commis.saires, venaient à peine d’être reprises, la question ayant été tranchée par les deux gouvernements, h l’avantage de la section française, que cette dernière fut de nouveau obligée d’attendre pendant six semaines l’arrivée du lieutenant Prcil qui venait remplacer le docteur Riglcr, astronome de la section allemande.
Les deux sections travaillaient parallèlement depuis deux mois environ, lorsque, vers le mois de juillet 1898, survint la mort foudroyante du chef de la section allemande, le baron do Massow. De ce fait la marche en avant fut retardée jusqu’à la mi-septembre.
peine la commission avait-elle quitté Séméré, dans le Haut-Dahomey, pour poursuivre scs travaux, qu’elle était
OBGAMSATION DU DAHOMEY
attafiuée, aux environs de Lama, par les indigènes qui, depuis longtemps, se proposaient de lui barrer le passage. Les sections allemande et française, réunies sous les ordres du commandant Plé, leur iniligèrent une dure leçon.
Après avoir fait à BulTalo (Togo), un arrêt de quel({ucs jours, tant pour le repos des hommes que pour l'exécution de reconnaissances indispensables en Tabscnce de toute carte et de guides, les doux sections arrivaient le 20 septembre & Soumba, centre considérable, constitué non pas par un village comjjact, mais par une série de véritables bastions, sortes de blockbauss du plus curieux effet.
A l'approche de la commission, une partie des indigènes avait gag.ié la brousse, cha.ssant devant elle de magnifiques troupeaux. L’autre partie veillait, à portée du village.
Toute tentative d'entrée en relations fut inutile et, au bout de quelques jours de pourparlers, la marche en avant, fut reprise, le 21 septembre.
Dans deux combats acharnés livrés à cette date, les rebelles perdirent plus de 250 morts laissés sur le terrain.
Les perles de la commission ont été insigniliantes. Ijcs armes des indigènes étaient Tare et la flèche empoisonnée.
Après quelques nouveaux combats sans importance, la marche en avant put enfin de nouveau se faire en toute sécurité à travers des régions peuplées d'indigènes absolument inoffensifs.
Malheureusement, un autre ennemi ne larda pas & se pré- •senter ; car, pour se rapprocher autant que possible de li ligne fictive qui, du 10' parallèle aboutit entre Djé et Gandou, la commission fut obligée de traverser des zones absolument marécageuses où hommes et chevaux restèrent embourbés des heures entières.
Dans les premiers jours d'octobre, Sansanné-Mango est
LE DAIIOMET
atteint. Cinq ou six jours après commencent les étapes ayant pour but de fixer exactement le sentier Sansanné-Mangou- Borogou-Pélélé-Kolomanga (Malougou)-Pama, base de la frontière îi partir de Gandou, puisque cette frontière doit lui être parallèle et en être distante de 30 kilomètres.
Cette ligne fictive entre le 11* parallèle et Gandou traverse une zone connue des Allemands qui y ont partout planté leur pavillon. Le nôtre y est absolument inconnu. Elle est très peuplée et habitée presque exclusivement par les Barbas, race superbe dont le type est, sans comparaison possible, le plus beau de tout le Dahomey.
La région est riche en troupeaux. Son centre est Gouandé, où réside le roi des Barbas.
Après une halte de quelques jours à Gandou, où la commission reçoit l'hospitalité la plus cordiale du docteur Bigler, aujourd’hui résident de Sansanné-Mpngou, la dislocation s’effectue.
Partie de Gandou le 17 novembre, la section française est arrivée à Porto-Novo le 13 décembre 1899, en passant par Marka, Kouandé, Ouangara (Djougou), Savalou, Abomey, Allada et .\bomey-Calavi, après vingt-deux jours de marche.
Mission Grave.
Dans le courant de l'année 1899, M. le commandant Grave avec M. Molex, résident du Gourma, furent chargés des opérations de délimitation de la frontière commune du Dahomey et du Soudan français.
Mission Toutée (1900).
Cotte .mission, chargée de fixer sur le terrain la frontière assignée ù l'est du Dahomey par la convention franco-anglaise