KTIINOGUAIMUK DES PEUPLES DU DAHOMEY . MCH-XHS ET COUTUMES — RELIGION
SO.MMA1HE
I^s nèjjres de la Côle de» Ksclavcs. — Caraclcres physiques cl moraux. — Talouage*. — Vêtement» et parure». — Le costume.
— I.a coiiïure. — l.e chapeau. — Ornement» cl bijoux indigènes.
— Propreté des noirs. — Habitation». — Mobilier cl ustensiles de ménage. — Nourriture de» indigènes et préparation des aliments. — Industries locales et cultures. — Foires cl marches. — Monnaie». — Numération de» noirs. — Division du temps. — Rôle du b.Mon nu Dahomey. — Attribut» cl marques de dignité du roi et des cabécère». — Langues cl idiomes. — I..a monarchie au Dahomey et radminiblralion indigène. — Obligations imposées aux Furopéen» par les autorités dahoméennes. — l^tat social des noirs. — Le noir en famille. — Naissance. — Mariage.
— Deuil et funérailles. — Relations sociales. — Jeux. — Musique. — Chants cl danses. — La traite des noirs. — Les esclaves nu Dahomey. — Religion. — Le fétichisme. — Culte de» serpents. — Féticheurs cl félichcuscs. — Sacrifices humains et autres. — Fêtes des coutumes.
Les nègres de la Côte des Esclaves. Caractères physiques et moraux.
Au point de vue anthropologique, on peut diviser les nègres de la Cote des Esclaves en trois types distincts^ offrant entre
LE DAHOMEY
eux beaucoup d’analogie quant îi la conslilulion physique, mais présentant des dilTérenccs notables de caractères : ce sont le M ina, le Dahoméen et le Nago.
Mais ces trois ramilles se rattachent h un type unirorme : peau noire, chaude et luisante; crilne comprimé, front fuyant légèrement en arrière, nez ordinairement large et épaté, narines dilatées, lèvres fortes, belles dents, cheveux crépus, laineux et noirs, voix gutturale.
Hommes et femmes sont de haute stature, il la charpente osseuse, au corps bien découplé, vigoureux, bien musclé, avec le cou et les épaules robustes.
Le plus beau type de nègre est le Mina, qui est grand et bien proportionné, sa taille varie entre 1 m. 70 et 1 m. 80 ; ses traits sont réguliers, son nez est bien fait, .son menton carré; sa physionomie ouverte exprime rintclligence et la bonté ; il porte de la barbe contrairement aux autres nègres qui en sont dépourvus. Le Mina est estimé par son bon sens, sa douceur, sa bravoure et sa fidélité; on le dit aussi plus rusé, plus chicaneur, plus nonchalant que ses congénères.
Le Dahoméen diffère du Mina par sa taille qui est moindre, son visage carré, son front bas, scs yeux enfoncés, son nez plus épaté et sa couleur variable entre le bran marron et le rouge jaune ou foncé.
Au moral, c'est le pire des nègres de la Guinée. Sa physionomie stupide et hypocrite est peu sympathique ; il est menteur et voleur, faux, paresseux et gonfle d'oigucil pour son pays et sa race.
L'homme du jxîuple est totalement imberbe. Seuls, les chefs dahoméens ou porto-noviens, laissent croître la barbe; ils se reconnaissent d'aillcui-s facilement de leurs sujets par un aspect généralement distingué.
Le Dahoméen est très fier et son dédain envers le blanc est un des traits saillants de la fierté de sa race.
ETIINOGHAriIIE DES PEITLES DE DAHOUET
Ia; Xago ressemble au Dahoméen, sauf que sa taille est en moyenne supérieure (1 m. C5 h 1 m. 75) et que sa physionomie plus ouverte est moins antipathique. Le Nago est bon, bienveillant, consciencieux, sincère et très serviable.
Il est plus sociable que le Dahoméen et ne manque pas de jovialité; il est actif au travail, aux alfaires; il y a dans son caractère de la loyauté et de la prévenance. C’est avec lui que les relations sont les plus faciles et les plus sûres.
Dans l’intérieur du Dahomey, la race nègre est plus pure et plus noire que le long de la côte où les croisements avec les blancs lui donnent une couleur plus claire, plus rougeâtre.
Le nègre, quoique fort, est assez maigre, il est rarement obèse ; son tempérament, généralement alcoolique, se reconnaît aux fdets sanguins dont se teintent les coins des yeux.
. Beaucoup de noirs sont marqués de la petite vérole ; ils ont tous bonne vue et bonnes dents; quelques-uns liment certaines de leurs dents j»r coquetterie, ce qui leur permet alors de cracher è plusieurs mètres de distance.
. La calvitie est rare chez le nègre, à l’exception des portefaix qui font rei>oser les charges sur la tête.
Le défaut dominant du nègre est la curiosité ; il est très observateur et suit le blane dans tous les details de sa conduite.
L'ivrognerie est sa passion favorite.
L’intelligence du nègre est très développée, et elle est même plus précoce que celle du blanc; elle se développerait plus rapidement si l’âge de puberté n’arrêtait ehez les noirs l'essor des facultés de l’âme.
11 comprend et raisonne très bien ; ce qui lui manque, c’est la volonté, l'énergie, la suite dans les idées que possède l’Eurojjêen.
Comme le dit l'abbé Bouche, il y a dans le noir plu$ d'in-
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LE DAIIOMET
luilion et moins (/crcy/exio/i, quant à l’intelligence. Quant à la volonté, il y a plus de spontanéité que de constance. L'énergie fait defaut au nègre s'il faut la soutenir, et s'il en a dans un premier mouvement elle tombe aussitôt.
A cause de leur intelligence, il est permis d'espérer qu'au contact de notre civilisation, et après avoir acquis un peu d'instruction, les indigènes perdront bien vite les mauvais instincts inhérents à leur caractère Sauvage.
Malheureusement, dès qu'ils sont un peu instruits, ils deviennent orgueilleux et se servent de ce qu'ils ont appris pour mentiretmieux tromperleurs semblables. De sorte que le nègre ignorant est bien souvent préférable au nègre instruit.
Cependant, les Anglais ont trouvé parmi eux d'excellents instituteurs, des employés de commerce habiles, des docteurs en droit et en médecine gradués dans les Universités européennes. Un noir est môme devenu évéque anglican en juin 1861, sous le nom de Samuel Crowther.
A défaut d’énergie, le nègre a la force de l’inertie, et à force d'inertie, il devient patient et vertueux, indilTérent et impassible. Son indolence native explique comment il a pu subir, sans réagir, l'absolutisme des féticheurs, le despotisme du roi, les exactions des chefs, les rigueurs du maître, et jusrju'aux horribles coutumes des sacrifices humains.
Astucieux, très rusé et de mauvaise foi, le noir attaque rarement les difficultés de front; il biaise toujours, évitant de rien laisser transpirer avant d'être sûr d’atteindre son but.
Il se met rarement en colère, surtout avec le blanc; il est très patient avec lui et l’accable de protestations hypocrites et de paroles inutiles.
Il est peu rancunier et possède une excellente mémoire. Il assouvit sa haine par le poison, instrument ordinaire de ses rancunes, lorsqu’il a h se venger personnellement.
ETIINOCRAPIIIE Des PEL'PLKS DC DAnOMET 259
Lenèjjre est, en général, excessivement douillet et supporte diflicilement la douleur physique. Pour un rien, il gémit, a recours au féticheur et se bourre de drogues ; mais il faut reconnaître que quelques-uns endurent cependant le mal avec insensibilité.
Le noir est habituellement très gai, aime la plaisanterie et rit à propos de tout, s'amuse eomme un enfant avec rien; il aime passionnément la danse et le jeu, qui sontses plus grandes distractions. Le nègre promet toujours ce qu’on lui demande, mais il tient parole le plus tardivement possible. On ne peut guère SC lier à lui.
Le noir est très insouciant sous tous les rapports, le malheur et la mort meme ne le touchent guère. Il jouit du présent sans souci de l'avenir.
Sa paresse est excessive, il ne travaille que par nécessité et pour gagner juste sa nourriture. Il aime bien dormir et fumer; hommes et femmes fument la pipe dès l'âge le plus tendre.
Le cultivateur ne travaille que pendant la saison propice à la récolte ; dès que sa terre est ensemencée, il attend sans rien faire.
Et il en est ainsi de tous les métiers.
Lorsque le noir n'a plus la force de travailler, il meurt de faim et de misère dans ses vieux jours.
Dans les relations entre noirs règne une grande délicatesse, une honnêteté remarquable, ils ont tous un grand sentiment de la justice et une grande confiance dans les décisions du blanc qu'ils prennent souvent pour arbitre.
La femme dahoméenne est plus petite que l’homme, très bien faite de corps, gracieuse, mais, nubile de bonne heure et mariée très jeune, elle ne tarde pas it être flétrie avant l’âge l>ar la maternité et les durs travaux auxquels elle est soumise.
LE DAHOMEY
Elle a généralement les seins très développés. Au moral la négresse est femme, et malgré sa peau noire elle est coquette.
C'est la femme Mina qui règne en souveraine maîtresse sur le littoral guinéen. Son visage gracieux, son allure espiègle, sa petite taille, son nez presque aquilin, ses narines elliptiques et frémissantes, ses lèvres à peine relevées, sa peau luisante comme du satin, ses mains et ses pieds minuscules, en font la Vénus noire de la Côte des Esclaves.
La durée moyenne de la vie chez le noir de Guinée est de , GO ans au maximum ; à 25 ans il est homme fait, père de grands enfants à 35 ans et vieux h 45 ans; à 50 ans c'est un vieillard ; h 60 ans, un patriarche vénéré.
Les cas de longévité ne sont pas rares, et l'on trouve au Dahomey beaucoup de vieillards presque centenaires.
La femme est encore plus précoce que l'homme; à 13 ou 14 ans elle est mère; h 20 ans elle est fanée; à 30 ans elle est vieille et h 35 ans elle est grand'mère.
Tatouages. .
Les noirs des diverses contrée s du Dahomey se distinguent par la manière dont ils sont tatoués. Chaque tribu et même chaque famille a un signe particulier qui la fait reconnaître au premier aspect.
Les signes cabalistiques plus ou moins bien faits^ variés et nombreux qu'ils portent sur les tempes, sur les joues, sont des marques distinctives entre les dilférents individus, et quelquefois des traces d'initiation h tel ou tel fétiche.
On distingue le tatouage d'origine, qui se porte généralement à la ligure, et le tatouage de fantaisie, qui se fait sur le corps.
Le Mina a trois petites barres horizontales sur la pommette de la joue. .
Eni.NOClIAPUIE DES PEl'PLES DE DAHOXET
Le Dahoméen de la côle porte deux grosses barres verticales sur la pommette de la joue ; dans le nord du pays, une marque verticale au bout du nez, ou quatre et jusqu'à six sur la joue, aux tempes, au front, au menton, etc.
Les Xagos ont des marques rondes, en forme de demi-pois entremêlés avec les traits verticaux ou horizontaux ;
Les Mahis ont les tempes zébrées, etc.
Par tradition, les parents imposent les tatouages aux enfants et les ornent dès leur jeune âge des marques dont ils seront fiers plus tard.
Dès que l'enfant a atteint l'âge de cinq à six ans, la vieille mère ou un spécialiste fait une incision peu douloureuse au moyen d'une lancette, met dans la plaie une composition vcgél.ile ou un onguent composé principalement de suie et d'huile de palme, verse de l’huile sur le tout et au bout de quatre jours les cicatrices apparaissent indélébiles.
On pratique aussi le tatouage en couleurs au moyen d'aiguilles ou d'épines et l'on introduit sous l'épiderme des teintures végétales diverses.
Les tatouages offrent des dessins très variés; les uns indiquent la nationalité, le rang, la condition ou la profession; d’autres sont de purs ornements.
Les rois, les princes, les grands font marquer leurs esclaves d'un signe particulier destiné à les empêcher de fuir ou d’être volés. La noblesse, les grandes familles ajoutent ordinairement un petit signe au tatouage plébéien.
Le tatouage de fantaisie est subordonné au goût de chacim. Les hommes se dessinent sur la poitrine des pointillés, des barres, des croix, des cercles, des étoiles, des fleurs, etc.
Les femmes ont souvent sur le ventre, comme ornement, plusieurs lignes de points.
Mais ce sont surtout les féticheurs et les féticheuses qiù sont les gens les plus tatoués.
LE DAHOMEY
Leur corps est orné de figures de caïman, de tortue, de lézard, de losanges ; leurs épaules sont tatouées d'une infinité de petits points très rapprochés. 11 est défendu de toucher ces sortes de tatouages, qui sont réputés fétiches ou sacrés.
Le tatouage indique chez les féticheurs les mystères et les degrés de l’initiation.
Les féticheuses sont horribles h A'oir par la multitude de leurs cicatrices, des entailles et des boursouflures qui leur couvrent la tète et le corps, et dont beaucoup sont faites au moyen du feu.
Ces fanatiques se torturent ainsi pour honorer le fétiche auquel ils sont voués et pour se le rendre favorable.
Vêtements et parures.
Au Dahomey, la douceur du climat permet aux habitants de ne se vêtir que légèrement, et encore le noir s'habille-t-il plus par convenance que par nécessité. C’est seulement dans l'intérieur de sa case qu’il se contente de couvrir à peine sa nudité h l’aide d'un mouchoir ou d'un petit morceau d'étoffe retenu par une ficelle.
Les Nagos et les Dahoméens ne sortent guère sans le cos-
ETIl.VOCRAnilE DES rEEPLES DE OAHOMET
lumc complet, et si parfois les Minas se permettent de n’avoir qu'un vêtement rudimentaire, c’est parce qu’ils ont besoin de n’être pas gênês dans leurs mouvements, lorsque leur profession de canotiers les oblige à entrer dans l'eau.
LE COSTEXh
1a: co.stuine du Dahoméen est tK-s simple ; il se borne à un seul vêlement : le pagne ou acho. C’est un morceau d'etofTe de la forme d’un drap de lit.
Ia-s hommes en portent généralement deux : un petit et un grand.
Le premier a environ 1 in. GO it 1 m. 80 de long sur i mètre à 1 m. 10 de large; il so met toute la journée, pendant le travail et dans l’habitation.
Le second est de même longueur mais plus large de 50 à CO centimètres. Il se porte dans la rue et pendant la nuit.
Les boutons et agrafes étant inconnus au Dahomey, on serre le pagne autour des reins, et l'extrémité qui flotte est passée dans la ceinture formée par le pagne lui-même.
Quelquefois les indigènes drapent leurs deux pagnes autour des reins, et forment près de la hanche droite, avec le surplus de l’étoffe, un petit bourrelet qu'ils laissent légèrement retomber. —
Le Dahoméen sait se draper avec une noble élégance dans son pagne qui lui donne un aspect mêle et imposant. C'est là le caractère distinctif qui le fait vile reconnaître parmi les autres noirs, car aucun autre peuple ne sait se couvrir comme lui de son vêtement et avec autant d'élégance.
Ia; plus souvent l’homme jette le grand pagne sur l'épaule gauche, en le ramenant sous le bras droit qui reste libre et découvert.
LE DAHOMEY
Outre leur pagne, les ÎS’agos portent encore une culotte courte et étroite, qui n'arrive qu’aux genoux et appelée chocoto.
Leurs femmes ne font pas usage de cet habit.
Le costume des femmes dahoméennes consiste en un, deux ou trois pagnes, selon leurs moyens — mais elles ne s’en revêtent pas de la même manière que les hommes; — les négresses les roulent autour du corps en les disposant avec une coquetterie vraiment séduisante.
Le premier pagne, qui sert ii les couvrir, est simplement roulé sur les hanches, de façon h retomber il mi-cuisse ; l’autre, par dessus, atteint le bas du mollet. L’un de ces pagnes peut se relever sur la poitrine, pour couvrir les seins. Quelquefois un troisième pagne est négligemment jeté sur la tête ou sur l’épaule et pend de chaque côté.
Un morceau de tissu roulé sert généralement alors de ceinture ; c’est le cas des femmes mariées.
Les jeunes filles, au contraire, ne portent que deux pagnes qui ne leur couvrent jamais le torse.
La mère, au lieu de porter son enfant sur les bras, l’attache sur son dos avec un pagne. Elle l’attire en avant, par-dessous le bras, lorsqu’elle veut lui donner 11 téter. Elle vaque ainsi aux travaux du ménage, et l’on voit fréquemment des négresses aller de la sorte, avec des marchandises sur la tête, qu’elles vont vendre de mai.son en maison et même de ville en ville.
Les pagnes de différentes couleurs, rouge, jaune d’or, grenat, noir ou vert foncé, ne sont portés que par la classe aisée. 1a2 peuple dahoméen n’a que des pagnes écrus ou blancs, qu’il change en moyenne une fois l’an, et qui peu & peu prennent un ton gris perle, gris foncé et gris noir.
Le pagne bleu foncé est un vêtement dont les femmes en deuil se couvrent la tête.
KTIINOGRAPHIE DES PEIPLES DE DAIIOJIEV 265
Dans le vêtement des Dahoméens toute couleur ou parure est formellement interdite.
Les Popos, au contraire, font usage du genre de vêtements que leur permettent leurs moyens.
Ia;s femmes éoués s’habillent de pagnes multicolores. Elles sont généralement vêtues d'un léger pantalon et d'une pièce de toile qu’elles enroulent et déroulent au-dessous de la poitrine.
Les hommes portent même des tricots, des bonnets brodés, etc.
Le pagne du pauvre est ordinairement en bleu indigo.
Quant aux jeunes fdles, elles ne sont couvertes, jusqu'à leur mariage, que d'une bande de tissu, simplement fixée à la taille, sans prolongement et appelée godé.
Les autres peuples du Dahomey sont habillés suivant les usages de leur pays d'origine : ainsi les Brésiliens de la côte sont revêtus de couleurs voyantes et de bijoux, les Musulmans portent le costume arabe, etc...
Mais depuis l'occupation française, on voit fréquemment dans les villes les grands négociants noirs s'habiller à l'européenne. Gibus aux dimensions majestueuses, longues redingotes noires, cravates aux couleurs criardes, souliers vernis, un parasol ou une badine, des breloques et des chaînes de montre énormes, des lorgnons h verre fumé servent à leur donner le chic du blanc, comme ils disent.
Leurs épouses indolentes sont aussi revêtues de falbalas d'un goût très scabreux, corsage très court, jupe longue qui laisse une traînée de poussière et dégage une odeur particulière mêlée à des parfums frelatés.
On voit même parfois des noirs en redingote, mais sans souliers, avec un vieux chapeau bosselé, et fumant une pipe « même chose blancs ! »
LE DAIIOIIET