‹ Dahomey et dépendancesChapitre 73 sur 133 · LA COIFFURE · texte numérisé non relu

LA COIFFURE

I^s n6gres de In côte ont généralement grand soin de leurs cheveux crépus qu'ils portent souvent fort longs ; — il en est de meme des négresses. Seul le Dahoméen doit avoir la tête rasée ou tout au moins tes cheveux courts.

Les Minas des deux sexes s'arrangent les cheveux en petites baguettes raides qui hérissent leur tête.

, Aux Popos, les femmes ramènent en arrière tous leurs cheveux longs et bien peignés, et les attachent sur le sommet de la tête; l'extrémité des cheveux est ensuite transformée en une petite boule qui surmonte le tout.

Les cheveux des Nagos forment une succession de tresses qui couvrent tout le sommet de la tête en laissant voir entre elles le cuir chevelu. Cette coilTure peut durer quinze jours sans se détériorer, si elle est bien faite. >

Les femmes des grands personnages laissent croître leur chevelure, mais en la rasant autour du front, au-dessus des oreilles et sur la nuque.

Les Musulmans ont la tête rasée avec une longue touffe de cheveux au sommet.

Enfîn, certains nègres, qui s'habillent!! l'européenne, aplatissent leurs cheveux et tracent au milieu de la tête, avec un rasoir, une ligne imitant la raie des blancs.

Les noirs se rasent habituellement avec un morceau de verre. Quant aux femmes, elles démêlent leurs cheveux avec des peignes en bois dur ornementé, aux dents longues et nombreuses.

LE aiAPEAD

L'usage du chapeau tend à se généraliser nu Dahomey. Outre les chapeaux importés par le commerce européen, les

ETUNOr.RArillE DES PCtTLES OC DAHOMEY 267

noirs ont des chapeaux de paille confectionnés dans le pajs ; ils portent aussi des bonnets de coton appelés filla.

■ Leur couvre-chef le plus utile est Vakala, fait de feuilles de palmier grossièrement tressées, et qui a les dimensions d’un parapluie ; aussi sert il contre la pluie et le soleil.

Le parasol et les chaussures ne >nt encore guère utilisés ; ils sont demeurés jusqu'à présent un insigne de grandeur et d’autorité réservé au roi et aux chefs principaux ; encore ceux-ci ne peuvent-ils s'en servir en présence de leur souverain.

OBXE.ME.NTS ET BIJOUX I.NDIGÈXES

Au Dahomey aucun ornement n'est toléré, sauf pour le roi, les princes et les chefs qui portent des anneaux de fer au poignet et à la cheville.

r.e torse du Dahoméen reste nu; les autres indigènes portent autour du cou de petits sachets en cuir suspendus à un cordon, des dents de carnassiers, des morceaux de verre, de fer, de corail, etc...

Autour du biceps, ils ont des anneaux en verre bleu ou en ivoire ; autour du poignet, des cordelettes en cuir ou des chaînettes ; autour des reins, des lanières de cuir tressé entremêlé de perles ; des anneaux en cuivre aux doigts, mais rarement aux oreilles. —

Les femmes ont le cou, les bras, les poignets, les jarrets memes, entourés de colliers de corail, de bracelets, d'ambre jaune ou de verre bleu ou vert, des ceintures de perles fausses.

Dans le Yorouba, par coquetterie, les négresses se percent le lobe des oreilles pour y faire passer une rondelle de bois rouge du diamètre d’une tranche de bougie.

Aux Popos, les femmes ont des boucles d'oreilles en perles, en argent et en or; des colliers, des bracelets en cuivre ou en

LE DAMOMET

argent. Les perles fausses et le corail sont employés à profusion, surtout pour les ceintures nouées autour des hanches.

Au Dahomey, les femmes ne portent rien, puisqu’il leur est défendu d’être eoquettes.

Les féticheuses portent le pagne blanc, la tête rasée ou les cheveux courts; elles ont des chapelets de petits coquillages autour du edu, des bras et des jambes.

Quant aux enfants, ils vont eomplètement nus jusqu’à six ou sept ans.

Bien des femmes indigènes, en plus des tatouages traditionnels, se fardent encore à leur façon; les femmes nagos se colorent les ongles, les mains et les jambes en rouge brique, et forment des dessins bizarres sur leurs épaules et sur leur poitrine avec des poudres ou des pètes de différentes couleurs. — Lllcs se frottent aussi d’huile de palme, mais lui préfèrent de beaucoup l'eau de Cologne, de lavande, qu’elles emploient à profusion.

Les femmes Minas se servent d’un cosmétique odorant nommé Valtiki dont elles s’enduisent le cou, l’aisselle et la poitrine, en décrivant des dessins grisâtres assez réguliers.

C’est un composé de clous de girofle, d’anis, de benjoin, de lavande, de musc délayé dans de l’alcool parfumé, puis pilé, réduit en pète, séché et mis en boules. L’odeur en est très forte et très aromatique.

Enfln, les femmes Nagos donnent une teinte violette à leurs paupières au moyen de la plombagine ou de la poudre d’antimoine qui se vendent dans de petits étuis en cuir.

PHOPRETÉ DES KOIRS

L’usage des bains est général à la côte des Esclaves; hommes et femmes se lavent fréquemment à grande eau et

LE OAIIO-MET

môme plusieurs fois par jour. I.a propreté et l'hygiène leur en font un devoir, car, par suite de la transpiration presque constante qu’ils subissent, ils sont très exposés aux maladies de la peau. Mais il est h remarquer que plus l'on s’éloigne de la mer o'u des cours d’eau, les gens sont de moins en moins propres et ne se dérangeraient pas pour se procurer de l’eau, même à une faible distance.

C’est après le bain que les négresses s’enduisent d'huile, d'onguents et de cosmétique.

En temps de deuil, elles ne se lavent pas.

Habitations.

Sur la côte des Esclaves^ l'habitation indigène est encore très primitive, et, comme toutes les autres commodités de la vie, elle se réduit au strict nécessaire.

Sa construction est subordonnée aux matériaux que produit la région; dans tous les cas, l'habitation actuelle est fort malsaine et incommode.

Dans la première zone, où le sable abonde, toutes les cases sont en terre tourbeuse mêlée de sable et en bambous entremêlés de paille de palmier.

LTtlMUGIuriilE DES rCLPLES Dt' DAHOMEY

Dans U deuxième et la troisième zone, celles de l’argile, les murs sont en terre rougeâtre, fort tenace; on lui donne le nom de terre Je barre \ durcie sous l'action du soleil, elle acquiert une grande fermeté. Les nègres la pétrissent comme du mortier en la foulant avec les pieds.

Dans 1a quatrième zone, celle des forêts, les maisons sont en bois avec toitures en paille.

Dans l'extK'me nord du Dahomey, les montagnards vivent en grande partie dans les cavités naturelles des rochers.

Les inai-soiis curoj>éennes sont ordinairement en briques avec couverture en zinc.

Les huttes indigènes sont rondes, rectangulaires ou carrées, suivant la fantaisie des noirs; il en est de même pour les habitations lacustres, blties sur pilotis.

Sur les l)ords du fleuve Ouemé et des lagunes, le sol intérieur des cases est formé d'un mélange de sable et de vase qui durcit très vite. Quelquefois même cette boue collante sert à tapisser les parois intérieures et donne ainsi l'ilIuslon de murailles. Dans les cases somptueuses, les murs sont peints avec une décoetion de certaines feuilles tinctoriales.

Les toitures en pente, à deux ou à quatre eaux, sont en feuilles de palmier reliées entre elles et aux bambous de la charpente par des liens de paille. Parfois existe sous le toit un plafonnage sommaire en bambous très serrés, badigeonnés de terre glaise.

La case indigène ne comporte habituellement qu'une pièce ; elle n'a d'autre ouverture que la porte, sans aucune fenêtre ni issue laissant pénétrer l'air ou la lumière.

Chaque habitation est pourvue d'une petite cour qui ouvre sur la rue. C'est dans cette cour que se font les travaux du ménage ; cuisine, lavage, pilage du mais, etc... Elle est séparée de l'enclos voisin par une palissade en paille et en fauxbambou.

LE DAHOMEY

Les portes sont en bambou très serré aA cc tlos' cordes de paille en guise de charnières; on les ferme le soir au moyen d’une' barre transversale; elles n'ouvrent point sur la rue mais sur la cour attenante.

Le parquet des cases est toujours surélevé par rapport au niveau de la rue.

Dans quelques parties du Daliomey, on a la bizarre habitude de peindre ce parquet et le bas des murs en vert, au moyen de la bouse de vachcdélayée dans l'eau. L'odeur que répand cette peinture d’un nouveau genre fait, avec raison, comparer les intérieurs dahoméens à des étables malpropres.

Les cases indigènes sont en général très mal tenues ; hommes, femmes, enfants, chiens et poules grouillent dans une demiobscurité entre des pots d'huile, de chapelets de poissons fumés ou secs, de provisions diverses. L’odeur sut generts du noir domine toutes les autres senteurs dégagées par ces intérieurs malpropres et insalubres.

Chez les chefs et les habitants aisés, il y a souvent plusieurs cours réunies dans une meme enceinte avec une seule ouverture sur la rue. Dans chaque cour se trouvent une ou plusieurs cases pour les femmes et les domcsti<jucs. La case du maître occupe la partie la plus reculée ; elle est précédée d’un auvent qui sert de salle de réception. Aussi l'on y voit un lit de bambou sur lequel le maitre s’installe, accroupi, assis ou couché, suivant les circonstances, loi'squ’il reçoit des visiteurs.

Dans les campagnes, les indigènes logent ordinairement leurs provisions de grains entre la toiture et le plafond de leurs cases, mais, dans d'autres localités, existe un magasin béti en communauté par les habitants.

Dans les villes, on ne garde jamais de provisions à la maison, et quand par hasard les noirs conservent de l'huile ou des

tTrUNOORAPIIlE DE5 PEUPLES DC DAHOMEY

amamivs (le pnlme, ils ciilerrcnt les pots qui les renlermcnl un mètre de profondeur autour de leurs cases ; l’Iierbe pousse bientôt et déguise ces cachettes connues d'eux seuls.

Ia's morts de la famille sont enterrés dans le sous-sol de la case, ti GO centimètres à peine de profondeur. C'est un usage i|ui ne tardera sans doute pas à disparaître.

Ia'S habitants des villages lacustres enterrent leurs nïorls à terre, sur le Ixird des fleuves ou des lagunes.

Le maiKiuc de confortable des intérieurs dahoméens et la déplorable habitude des indigènes de vivre en grand nombre dans une case étroite, dépourvue d'air et malpropre, sans observer aucune h vgiène, sont cause d'une foule de maladies.

Les cases en terre sont de plus très humides, les insectes de toutes sortes y pullulent, les rats courent partout, les serpents se logent dans la toiture, les termites rongent les boiseries.

Les maisons en paille sont plus propres, parce qu'elles sont plus aérées, mais la négligence des habitants y est la même.

On voit cependant, mais c'est une rareté, des intérieurs propres, au parquet bien balavé, éclairés par une lampe à huile ; mais alors les femmes font leur ménage dans la cour et les chiens et les poules passent la journée dehors.

Dans ces dernières cases, on aperçoit quelquefois aussi des traces de mobilier : parfois un canapé-lit, des tabourets en bambou, une natte à claire-voie devant la porte permettant de voir les passants, sans être aperçu d'eux ; en un mot, l’habitation du noir devient alors aussi confortable que le permettent les moyens du pays. '

Les indigènes qui pratiquent une industrie quelconque possèdent souvent une deuxième pièce ou même une seconde case destinée à cet usage, surtout lorsqu'ils ont un matériel

LE DAIIO-MEÏ

encombrant; d'autres travaillent dans la cour ou devant leur porte ; parfois même, la rue étant trop étroite, ils vont s'installer sous un arbre de la place la plus proche.

On rencontre dans certaines villes des assemblages de cases occupées par des gens exerçant un même métier ; il n'y a dans ce cas aucune séparation entre les cours, et les gens tjui habitent ces satams comme on les appelle, forment une sorte de communauté ; ainsi font les féticheurs et féticheuses, les teinturiers, les potiers, les sculpteurs, les forgerons, etc.

Les meilleures constructions dahoméennes sont les temples fétiches, très nombreux dans les villes. Ce sont de petites cases rondes, ovales ou rectangulaires, à deux compartiments séparés par une natte formant portière. Point de porte en bambou ii l'extérieur ; une simple ouverture en tient lieu.

Les cases des fétiches seules sont couvertes en paille, tandis que les cases d'habitation le sont en feuilles de palmier.

Ces temples sont toujours construits avec les memes matériaux que les cases de la zone. Le peu de chaux dont disposent les indigènes est réservé à en blanchir le dedans et le dehors des murs, lorsque ceux-ci sont en terre.

Depuis leur longue fréquentation avec les Kuropéens, les indigènes n'ont jamais cherché à améliorer leurs habitations.

CciXMidant, on voit encore à Whydah des ruines d'importantes constructions, élevées sur le modèle européen, à l'époque où l'on faisait fortune avec la traite des esclaves.

Avec de pareilles constructions, les villes dahoméennes sont forcément malpropres, surtout les villes en argile dont les pluies torrentielles rongent le pied des murs, creusent des ornières et des trous pour produire des marcs qui no disparaissent que par l'évaporation.

Une boue épaisse et gluante s'attache alors aux pieds et ce mortier rougeâtre est déposé partout dans les cases.

LE DAHOMEY

Lorsque le soleil vient à sécher le sol, il ilolle partout dans l’air une poussière rouge, impalpable, qui salit tous les objets et les vêtements.

Les rues indigènes, ou plutôt les ruelles, olTrent naturellement un aspect irrégulier ; elles font de nombreux détours, car elles tournent autour des cases que l’on élève sans alignement ni méthode, sans ordre ni symétrie.

La mitoyenneté des murs n’est guère connue ; chaque habitation est entourée de murs qui eu dépendent totalement, et le pas.sage étroit existant entre deux habitations n'est laissé que j)our séparer les propriétés.

D’un autre côté, les habitants trop paresseux pour aller chercher leurs matériaux de construction en dehors de la ville, enlèvent à quelques pas de leur habitation l’argile dont ils ont besoin. C’est ce qui explique la présence dans les villes de ces nombreuses e.xcavations autour des cases.

A Porto-Novo, par exemple, ces trous béants atteignent de 15 h 20 mètres de profondeur; — c’est là qu’on prit la terre pour bâtir les maisons de quartiers entiers, et c’est dans ces trous que les noirs jettent journellement leurs immondices. — A la saison des pluies, ces dépotoirs se rcm]>lisscnt d’une eau sale et puante, qui, pendant l’harmattan, se dessèche et laisse un fond de boue verte, aux émanations putrides.

Lorsqu’il n’y a pas de trous à proximité de leurs cases, les noirs se contentent de jeter les ordures dans la rue, devant leur porte ; sans les vautours et les porcs qui nettoient les villes, le sol des ruelles disparaîtrait bientôt sous les immondices.

Les chefs indigènes s’occupent bien des impôts et des alTaires locales, mais ils n'ont aucun souci de la salubrité publique, malgré les mauvaises odeurs que dégagent les cloaques infects qui entourent leurs habitations.

Les villes nagôs sont excessivement sales, comme les Nagos

ETIINOCnAPIIlE: DES PECPLES DU DAHOMEY 277

eux-mêmes d’ailleurs, et les Dahoméens ne leur cèdent en rien sous ce rapport.

Aux Popos, les habitants sont un peu moins malpropres et plus soucieux de leur bien-être.

Le côté pittoresque des villes ou villages indigènes est que toutes les cases sont entourées d’une riche végétation ; les manguiers, bananiers, cocotiers, corossoliers, mimosas, acacias multicolores, s'y développent librement, mêlés aux plantes grimpantes et olTrent par endroits dos coups-d’œil ravissants; il y a des rues qui semblent des allées de bosquet, des cases qui sont des nids de feuillage.

Dans l’enclos de chaque case, il y a quelques arbres ou arbustes, et les places publiques surtout sont plantées de beaux arbres qui répandent dans leur voisinage un ombrage bienfaisant.

Les villages lacustres ne sont pas ornés par la végétation, mais ils sont excessivement propres ; lorsque aucune brise ne vient rider la surface de la lagune, les cases se réflètent gracieusement dans l’eau, ainsi que les pirogues qui la sillonnent en tous sens d’un point du village b un autre.

Dans l’intérieur du pays, les villages très clairsemés sont perdus au milieu de la brousse. Ils sont entourés par des taillis épais qui les protègent naturellement, et les chemins aboutissent à des portes, faites avec des troncs d’arbres.

278 I.E DAIIOUEV

Mobilier et ustensiles de ménage.

lAl. — Dan.s la plupart des cases, une natte étendue par terre sert de lit. Au palais du roi, chez les cabécè'rcs et les indigènes riches, on couche sur une petite estrade en terre ou sur des lits en bambou. Matelas, draps et couvertures sont inconnus : on s’étend sur une simple natte et l’on se couvre avec le pagne qui sert de vêtement.

Les armoires et tes commodes sont remplacées par des sacs en paille ou en cuir et quelquefois par de petites caisses. Dans le sac en paille on renferme les cauris et les habits. Dans les sacs en cuir on transporte les vivres; ceux plus petits servent de bourses ou de blagues h tabac.

I.es siâges sont très rares dans les habitations et il n’y en a ordinairement qu’un qui ne .sert qu'au maitre de la maison. Au Dahomey, le siège est un des insignes du cabécérat : il passe du titulaire à son successeur, à qui il est remis par le roi.

Comme système d’éclairage les nègres se contentent d'une écuclle en terre remplie d’huile de palme dans laquelle trempe une mèche de coton allumée.

Le foyer, toujours installé dans la courette de chaque habitation, SC compose de trois boules de terre glaise séchée au soleil sur lesquelles, comme sur un trépied, on pose le vase où cuisent les aliments.

Mais beaucoup de noirs se servent aujourd’hui de fourneaux portatifs en terre cerclés de fer et provenant d’importation européenne. proximité, un four cylindrique en terre cuite sert il la grillade du maïs et à la cuisson des houles de farine.

Comme ustensiles de cuisine, les femmes possèdent des marmites ou pots du pays, plus ou moins hauts, selon l’usage

; Elll.NtlOBAHIIi; DES PEIPLES DE DAHOMEY 279

auquel ils sont iloslincs. Pour piler leurs grains, elles ont , (les inorliers de toutes tailles ereuscs dans des troncs d'arbres

et des pilons en bois qui ont jus((u’ii 1 ni. 50 de hauteur. Elles se servent d'une cuiller de bois pour agiter leurs ragoûts et i-elourner les beignets qu'elles font rissoler dans l’huile de palme.

L'eau est conservée dans des jarres en terre, hautes de 50 centimètres environ, et de forme à peu près sphérique. D'autres vases plus petits sont emplovcs pour faire la cuisine.

Les bouteilles, les saladiers, les cuvettes, les plats, les verres sont remplacés par des calebasses de toutes formes et de toutes grandeurs, soit entières, soit coupées en deux ; criblées de trous, elles servent aussi de tamis.

I Enlin le cembustiblc qui sert h la cuisson des aliments est

i le pétacule des feuilles et des branches sèches ramassées au

'( pied des palmiers et dans les forêts.

Nourriture des indigènes et préparation des aliments.

Au Dahomey et dans les pays voisins, les indigènes mangent de tout sans avoir de préférence spéciale et, quoique leurs ressources culinaires soient assez restreintes, leurs aliments sont néanmoins assez variés.

La nourriture des indigènes se compose principalement de

LE DAIIOMET

végétaux, mais chez les populations riveraines, le poisson domine, comme chez celles de l’intérieur domine la viande.

Les ménagères indigènes ne font pas, leur cuisine tous les jours, ce serait au-dessus de leurs forces ; elles préfèrent acheter aux marchandes ambulantes ou dans les restaurants en plein vent la nourriture toute préparée, lîlles se procurent ainsi des fritures, des gâteaux, des mets secs et fumés qui se consen’ent froids. Seuls les ragoûts chauds sont faits h la case, mais de temps & autre seulement.

Le maïs est l'élément indispensable de l’alimentation dahoméenne, comme chez nous le blé.

Les indigènes le mangent vert et cru, lorsque le grain est encore tendre, et bouilli ou grillé lorsqu'il est sec.

Les dilTércntcs préparations du maïs sont :

h'aliassa qui remplace le pain. Pour la préparer, on réduit du maïs bien mûr en farine que l’on jette dans un vase rempli d’eau afin d’en séparer le son qui surnage, tandis que la farine reste au fond. On l’y laisse séjourner pendant plusieurs jours et on la retire lorsqu’elle commence à fermenter.

La farine ainsi obtenue a reçu de la fermentation un goût âcre et acidulé que les étrangers au pays trouvent bien peu agréable.

On en fait une pâte épaisse que l’on divise en boules de la grosseur d'une orange ; ces boules sont ensuite entourées de feuilles de bananiers et passées au four pour y subir une légère cuisson. On les retire presque aussitôt et l'akassa est faite.

Les marchandes en vendent énormément tous les jours, car l’akassa forme le mets de résistance du repas. Un homme doué d’un grand appétit peut se satisfaire avec dix boules pareilles; or chaque boule coûtant 20 cauris, la nourriture d’un fort mangeur revient à une dépense journalière de 200 cauris, soit 0 fr. 10 environ de notre monnaie.

ETH.NOCRAPmE DES PELPLES DE DAIIOMET 281 I

Le pilâo, au goût plus agréable, est Vakassa sans fermen- I

tation. C'est un aliment sain et nourrissant qui ne se vend H

pas et que les gourmets doivent préparer eux-mêmes. '

On l’obtient avec la farine de maïs bien sèche que l’on a 1

mélangée h un tiers environ de farine de blé, afin d'avoir une ■

pâte consistante. Cette pâte insensible au levain donne un pain blanc qui se consomme dans tous les ménages aisés, créoles, brésiliens et autres.

Avec de la farine de maïs fortement étendue d'eau, on |

obtient une soupe épaisse appelée bouillie. On l’achète le matin par calebasse chez les Minas.

L’aAra ou hcigncl est un hors-d’œuvre indigène composé de bouillie épaisse de farine de maïs frite à l'huile de palme dans une poêle en terre. 11 en a plusieurs variétés distinguées entre elles par la forme et par la diversité des ingrédients employés ; ce sont ordinairement des petites boules dorées et appétissantes très goûtées des Européens, car l’huile de palme bien chaude ne laisse pas le goût désagréable de l’huile froide.

Il y a la croquette en forme d'anneau (akra-bowobowo), celle semblable k un filet (akra-avvon), l’akra-fouillé fabriqué avec des haricots blancs, l'akra-kous ou de la mort, très sec et se conservant bien, que les guerriers emportaient comme vivres de campagne en guise de biscuits.

Telles sont les préparations principales de la cuisine nègre, mais k l’occasion on mange aussi du gibier, du singe, du perroquet, de la chauve-souris, du lamantin, du caïman, du I

requin, du chien, des rats de palmiers, des termites, etc...

Les musulmans ont installé des boucheries et débitent *

chèvres et moutons. Les Nagos vendent du porc. |

Pour les Brésiliens le plat national est Yobbé ou canalou.

C'est un ragoût composé de légumes et de poisson fumé, !

LE DAHOMEY

cuils lentement dans l'Iiuilc de palme et fortement épieiîs. On y ajoute des herbes aromatiques et des {jombos, dont les noire sont très friands. On remj)lace quelquefois le poisson par de la viande ou de la volaille, mais le poisson est toujours préféré.

Les indigènes consomment énormément de poisson, frais, fumé ou séché, qu'ils se procurent au marché ou dans les rues; frais ils le rissolent dans l'huile de palme, sec et fumé ils en font des ragoûts.

Les condiments ordinaires sont le sel, les piments, les graines de citrouille; le sucre n’est pas estimé des indigènes.

Au lieu d'akassas, les noirs mangent souvent, en guise de pain, des patates douces, des ignames ou de la farine de manioc.

Mais la saveur sucrée de la patate s’allie mal ii celle de certains mets et ne convient pas à tout le monde ; généndement l’igname est préférée à ce tubercule.

Les ignames ou pommes de terre se mangent cuites sous la cendre, frites h l'huile, bouillies dans l’eau et trempées dans un peu d’huile et de sel, ou bien l’on en fait une pâte épaisse en les brovant et les assaisonnant au jus. L’ébullition fait disparaître l’amertume de ce fruit, aussi faut-il changer plusieurs fuis l’eau dans laquelle on fuit bouillir les ignames. Les indigènes les cuisent aussi h la vapeur, au moyen de vases au fond étroit qui vont s’élargissant jusqu'au milieuj ils y versent de l’eau et entrecroisent à quelques centimètres au-dessus de petits bâtonnets appuyés contre les parois et qui soutiennent les tubercules. Le vase est hermétiquement fermé, et on le place sur le feu; il se remplit de vapeur et les ignames sont cuites en quelques instants.

La racine de manioc se mange cuite h l'eau ou en farine. Bouillie dans l’eau, le tubercule a perdu son suc vénéneux par l’ébullition.

ETIl.NOGnAPIIIE: UES PKL'l’LES OU OAIIOSIEY 283

Ln farine s'obtient en riipant la racine apres lavage; on la fait bouillir ensuite un instant, et on la comprime fortement dans un linge de manière à éliminer le suc vénéneux. On la sèche ensuite au four ou dans des marmites placées sur un feu doux.

La farine un peu grossière, ainsi pi'éparée, constitue une nourriture très saine ; elle se mange sèche ou réduite en pâte. On en extrait une fécule excellente avec laquelle on prépare \'oka, breuvage émollient et nutritif que le noir prend h son déjeuner.

Les noirs font dans leur repas une consommation énorme d'huile de palme ; ils y trempent la farine de manioc, le manioc ou l'igname bouillis; autrement, ils ne pourraient avaler ces aliments trop secs.

L'huile de palme est très indigeste pour les Européens qui ne peuvent s’j- habituer.

I>e riz est estimé des indigènes ; bouilli et réduit en pâte, il remplace avantageusement l'aUassa.

Les noirs sont très friands aussi d arachides qu'ils mangent crues, bouillies ou grillées dans la cendre chaude.

Comme légumes, le Dahomey possède l'oignon, la tomate, le chou-colza et plusieurs variétés de haricots.

Les fruits les plus communs sont les bananes, les oranges, les ananas, les mangues, lescitronsj les corossols, les papayes, les cocos et les pommes d'acajou.

Les indigènes mangent aussi la viande des animaux domestiques, mais le prix élevé du bétail ne la mettant pas à la portée de toutes les bourses, ils se contentent ordinairement de poissons qu'ils trouvent à bien meilleur compte.

Le ba-uf, le mouton, la chèvre, le porc sont débités par petits morceaux sur les marchés ; la poule et la pintade se vendent îi la pièce ; le chat se trouve en cage sur les marchés comme la volaille.

LE DAHOMEY

Enfin le miel remplace les confitures qui sont inconnues dans le pays.

L’eau est la boisson ordinaire du noir ; lorsqu’elle est bourbeuse, il la laisse déposer dans des récipients et y délaie une akassa pour lui communiquer un goût acide. Mais le nègre abuse des eaux-de-vie étrangères que lui vendent les Européens.

On fabrique cependant sur place quelques boissons fermentées, telles que le vin de palme et l’eau-de-vie appelée pilou et qui est tirée du maïs fermenté.

Il y a encore des boissons plus inolTcnsives ; des limonades faites avec divers fi-uits du pays et qui peuvent rivaliser avec les sirops importés par le commerce européen.

Après avoir détaillé le menu kabilucl du Dahoméen, il coft- " vient de parler du repas.

Point de nappe, point de serviette, point de table, point de sièges ; on s’assied par terre en cercle.

Un plat unique, écucllc ou calebasse, est posé à terre au milieu des convives, mais dans les festins chaque groupe de trois ou quatre personnes reçoit un plat séparé.

Point de cuiller, de fourchette et souvent même pas de couteau. Au lieu de dépecer la viande, on la prend des deux mains et on la déchire. A côté du plat, sur le sol, sont empilées des akassas encore enveloppées de leurs feuilles, de la farine de manioc dans une grande calebasse ou dans un linge, et de l’eau dans un vase.

Chacun dépouille une akassa, la brise, en trempe un morceau dans lu sauce et saisit entre le pouce et ce morceau un peu de ragoût, poisson ou viande contenue dans le plat, et le porte il la bouche ; puis du même coup, il avale la pite et lape la sauce qui lui reste aux doigts. Il prépare ensuite un autre assortiment et continue ainsi jusqu’il ce que le plat soit vide,

ETII.NOCRAPUIE DES PEUPLES DU DAHOVET 285 }

ce qui ne tarde géiiéralcraenl pas, car les indigènes ne per- ,

dent ]>as leur temps à converser pendant leurs repas. {

Lorsupie l'êcuelle est bien nettoyée, chacun avale une cale- >

basse d'eau et se rince les mains, la bouche et les dents, car t

Famille indif^cne dans la brousse.

les noirs prennent grand soin de leur dentition dont ils sont fiers.

Lorsque le maître d'une maison n'a pas d'invité, il prend scs repas à part; il est alors servi par sa première femme qui goûte à tous les plats avant de lui en offrir, afin d'atteslcp qu'il n'y a pas de poison.

Pour plus de précaution, le maître lui désigne parfois, le morceau qu’elle doit prendre.

LE DAIIOUEY

Quand il y a des invités, le maître, par politesse et pour rassurer ses convives, commence à manger le premier.

De mémo, lors(|u'cn visite un chef indigène vous olfre à boire, l'usage du pays est que l’on accepte. Au préalable, le chef goûte également la boisson qu'il fait servir, pour bien montrer que le breuvage n'est point empoisonné.

I.es noirs font trois repas par jour ; l’heure de ces repas n’est pas régulière et reste subordonnée ii leurs caprices ou b leurs occupations.

Le matin, ils avalent une pleine calebasse d'oAa, histoire de prendre le café, comme les blancs. Outre l’oka, ils mangent (juelquc chose avec, mais peu.

Ia: repas principal se fait vers midi. Pour le soir, on se contente d’une simple réfection, mais en revanche, lorsque la journée est finie et qu'il n'a plus d'affaires b traiter, le noir boit sans retenue, et s'abandonne b l’ivrcssc une partie de la nuit. Pour se disculper, il dit que la nuit on ne le voit pas.

Pendant les grosses chaleurs, l'indigène prend ses repas le matin et le soir seulement.

Le nègre supporte longtemps la faim, et sait au be.soin se contenter de peu; mais il est aussi très glouton lorsqu’il y a abondance d'aliments. 11 ne nrange pas alors, il ne se rassasie pas, mais il se remplit, comme il le dit lui-même, si crûment.

En résumé, la vie est excessivement facile au Dahomey pour l’indigène qui peut vivre largement avec 2 fr. ÜO par semaine.

ETII\OtIlkrUlE D« rr.lPLM DC DklIOJIET

Industries locales et cultures.

,\u O.iliomcv, comme jvirtout, les induslries sont nées de la néeessilê.

lai [wre-^e est innée chez le noir, et l’ouvrier dahoméen travaille juste pour vivre et jxmr se procurer de cjuoi satisfaire ses {Vissions princii>alcs : l’alcool et le tabac.

On estime qu'un indigène travaille en moyenne un jour sur quatre.

C’est |x>ur cette raison sans doute que les diverses industries que l’on trouve dans le pays sont encore dans l'enfance.

Cependant le noir de la Côte des Esclaves, dans scs diverses proiluctions, montre un goût artistique suffisainmcnt prononcé jKiur réussir dans les arts industriels. Les métiers exercés jiar les noirs sont les suivants :

Forijcrons. — Ils n’extraient plus le fer du minerai comme autrefois et préfèrent employer uniquement le fer en barres imjxirté par les Européens, mais ils ne savent pas le travailler.

.\vcc un matériel de forge très primitif, les forgerons indigènes obtiennent du mauvais fer qui, à force d’être recuit, s’émiette au premier choc, lis ignorent aussi l’art de la trempe.

I.curs prineipides i)roduetions sont des haches, des bêches, des marteaux, des clous, des ciseaux à froid, des lames de couteau, des chaînes, des épingles h cheveux, des cloches ou gongons, des poiiivons, etc...

Ix's forgerons dahoméens fabriquent aussi des anneaux en fer et même en argent, jirovcnant de la fonte des monnaies ; ces bijoux n’ont d’autre valeur que leur originalité.

Comme armes de guerre, de chasse, de pêche, les forgerons font des sabres dahoméens, des coutelas, des poignards, des

tE DAHOMEY

pointes de flèches, des harpons, des hameçons, des balles de fusil en fer martelé, etc,

lA:urs outils sont fort imparfaits. Ainsi leur soufllet de forge consiste en deux outres surmontées d’un manche qui les met en mouvement. Les amandes de palme concassées servent de charbon.

Filatcura. — Avec des métiers de leur invention, se manœuvrant par un mouvement des orteils, les Dahoméens tissent le colon, les fibres de l'ananas, du jacquier et de plusieurs autres végétaux. Ces dernières doivent au préalable être amollies dans l’cau, puis séchées et battues avec des maillets en bois.

Le travail du tisserand est lent, et les bandes de tissu qu’il obtient avec ses métiers ont au plus 0 m. 18 de largeur. Cousues ensemble on en forme des pagnes et des hamacs très curieux, mais ces étoffes sont relativement chères, eu égard au peu de valeur des matières premières.

Verriers. — L’art de la verrerie n'est pas inconnu. — De l’intérieur on porte à la côte des anneaux en verre, de couleur bleue ou verte, qui sont des parures très recherchées dans le pays.

Teinturières. — Ce sont généralement des femmes qui font ce métier. Comme elles ne disposent que de quelques couleurs, la plupart des étolTes. indigènes sont laissées au naturel, blanches ou jaune-paille.

L’indigotier leur fournit une belle couleur bleue indélébile; d’un minerai de for du Nord elles tirent l’ocre rouge et d’un autre végétal encore peu connu une teinte de jaune de chrome.

Ces teintures sont mélangées d’huile de palme et de résinelorsqu'il s’agit de peindre les idoles et l’intérieur des temples fétiches.

Potiers. — Avec l’argile plastique mélangée ii l’argile com-

(miNOCBArillE DES rElPI.ES DD DAIIOHET

iiilinc et au sable <|ui sc trouvent partout, les (Aotiors font une foule d’objets utiles donnant lieu ii un grand commerce local.

Tels sont les cruebos, les pots, les écucllcs, les fourneaux portatifs, les fourneaux de pipes, les marmites, souIHcts de forge, lampes, etc.

la,' pétrissage sc fait toujours avec les pieds.

•\vi'c l'argile du pajs ils pourraient faire aussi d'excellentes briipies et des tuiles; il suffirait de leur indiquer notre procédé lie fabrication.

I a/im’ers. — Pour la vannerie on se sert de paille de maniline, d’éeorcc de roseau, de faux-bambou, de cipeau, de lianes et d'écorces flexibles.

On en fait des corbeilles, des paniers, des nasses, des cages, des éventails, des supports de pots à huile, des ratières, de grands ebapeaux indigènes, des ealottes de paille, des nattes, des sacs, etc.

Cnlehas.fien. — Avec les fruits des cucurbitacécs, les indigènes fabri({uent des récii)icnts aux formes aussi variées que fantaisistes ; grandes écuelles plates, bouteilles, assiettes, pots avec couvercle, .seaux, etc.

Des sculptures et des ornementations en relief et à jour sont souvent taillées au couteau ou burinées sur l'écorce extérieure. Les calebasses sont alors des objets de luxe où l’on renferme des bijoux cl des choses précieuses.

Corroyeur». — L’iiliscnt pour leur industrie les peaux d'agneaux, de moulons, de chevaux, de chèvres et de boeufs sans les tanner.

Le cuir, après avoir été assoupli et graissé, sert ù garnir des poignées de sabre, des boites, des cannes, des ceintures, des calebasses, des paniers, etc. Ils font aussi des fourreaux de sabre, des gaines de couteau, des cartouchières dahoméennes, di's sacs, des gibecières, des lanières, des éventails, etc...

Le ùehome}/.

le: daiioulï

AfenuUiers, cliarjienticrs et sculpteurs sur bois. — Dans les troncs d'arbres, ils creusent des mortiers, des ccuelles, des plats, des pagaies, des idoles, des objets d'art et des bibelots de fantaisie, des manches de canne bizarres, des chaînes en bois d'une seule pièce, des sièges il plusieurs pieds taillés dans un seul bloc, des tabourets, des escabeaux, oreillcre, etc...

Ciseleurs et marleleurs de cuivre. — Cette industrie est le privilège des féticheurs des deux sexes. Ils vivent dans des couvents, et leurs travaux sont faits exclusivement en laiton et en cuivre qu'ils fondent et qu'ils sculptent. .

Ils fabriquent des éventails, des jambières, des bracelets dont la vente les aide ii vivre. Ils sculptent aussi des épingles fétiches et une foule d'accessoires qui servent à l'exercice de leur culte étrange.

Fabricants de pirogues. — Cette industrie est spéciale aux populations riveraines; les Minas, les Popos et les Nagos sont très habiles dans ce métier.

Le tronc du bambou est surtout employé dans la fabrication des pirogues à cause de la légèreté et de la dureté de son bois.

Confectionnées d'une seule pièce, les pirogues ne manquent pas de régularité et d'élégance, on les radoube en fixant des pièces avec des clous ou à l'aide d'un translilagc. On calfate avec des fibres végétales.

Fabricants de meubles. — Par suite de leur contact avec les Européens, quelques indigènes se livrent U cette industrie toute moderne. Avec du fau.x bambou, ils parviennent, en imitant nos meubles, à faire des canapés, des tabourets, des chaises à dossier, meubles légers en même temps que fort solides.

Pêcheurs. — La pêche occupe une grande partie de la population riveraine des lagunes ; on pêche avec des nasses, des éperviers, des lignes de fond.

KrllNOCRAPIllE DES PEIPLES DE DAHOMEY

Montés sur une pirogue avec un enfant comme pagayeur, les indigènes entourent l'eniplacenient choisi pour la pèche et frappent le rebord de leur embarcation de façon à chasser par le bruit le poisson vers le centre du cercle. Ils s’y dirigent ensuite rapidement et jettent leurs fdets tous ensemble; la pêche est toujours fructueuse.

On voit parfois jus([u'à 200 pirogues se réunir sur le lac Denham pour ce genre de pèche.

Il est impossible aux gens du pays de pêcher dans la mer i cause de la barre qui rejette U terre lignes et filets.

Dans la lagune, on étourdit d'abord le poisson k l'aide do poisons végétaux qui n’olTrent aucun danger pour le consommateur.

Pour sécher le poisson, ils l'exposent au soleil sur des claies ; en quatre ou cinq jours il est prêt et se conserve toujours si on sait le préserver de l'humidité.

Pour le fumer, on le met au contraire k l'ombre et l'on allume sous les claies un feu modéré. Ce fumage dure plusieurs jours. Poisson frais, poisson sec, poisson fumé, crabes et crevettes abondent sur les marchés.

Chasseurs. — Les chasseurs de profession sont rares au Dahomey, car il faut aller très loin et c’est fatigant. Les indigènes qui vont k la chasse se placent k l'affût et attendent leur gibier k bout portant. Ils se servent généralement d’armes françaises et anglaises, dont le marché est inondé. I..a poudre vient aussi d'Europe. En guise de projectiles, les nègres emploient des débris de fer, des clous, des amandes de palme concassées.

Piroijuiers. — Les piroguiers font les voyages sur les lagunes et leur métier est assez dur ; moyennant salaire ils transportent voyageura et marchandises sur des embarcations portant de deux k trois tonnes.

Ix>rsquc les fonds sont à plus de 3 mètres, ils pagaient ; dans le cas contraire, ils poussent les pirogues au moyen d’un faux bambou très long et terminé par une petite fourche en bois pour éviter le glissement sur la vase.

I.CS embarcations contiennent 2, 4, 6 ou 10 canotiers, suivant leurs dimensions.

Les canotiers entreprennent des voyages de plusieurs jours, en alternant entre eux pour le repos. Les négociants européens ont, pour l’usage de leurs factoreries, de grandes embarcations qui circulent sur les lagunes. Les piroguiers de l’administration coloniale perçoivent comme salaire 1 franc par pirogue et f fr. 50 par piroguier.

Ilamacaires. — Lorsque les Européens et les gros personnages dahoméens veulent se déplacer, ils se font porter en hamac par les membres d’une corporation spéciale appelés Ilamacaires.

Le hamac est suspendu à un gros bambou de 4 mètres environ de longueur. Ce bambou est porté sur la tête par deux hommes, un à chacune de ses extrémités. Leur crâne est protégé par un paillasson ou un pagne roulé en forme de gâteau.

L’homme de tête, précédé d’un éclaireur, fraye la route; celui de derrière gouverne le hamac quand on se trouve arrêté par un taillis fourré ou que l’on franchit un trou d’eau ou une lagune.

A droite et â gauche du voyageur, deux hommes, haut le pied, courent et de temps en temps le soulèvent, pour soulager leurs camarades et surtout pour gagner du temps.

Ia!s hamacaires vont presque au trot. En terrain découvert, la vitesse moyenne des porteurs est de 6 kilomètres à l’heure, de 5 kilomètres en terrain sablonneux et de 4 kilomètres en forêt, broussailles ou marécages.

Les hamacaires se relèvent de quart d’heure en quart d’heure.

rriiNOGnAriiii; des rcuPLXS de Dahomey

l’our un long trajet à faire rapiilement, on emploie générâleinont huit ou dix hamacaires ; dos j>orteurs leur sont alors adjoints pour le transport des bagages.

I.c métier de hamaeaire est très pénible, cl les bons porteurs sont très estimés ; les meilleurs sont les gens de Whydnh et en général tous les Daboméens.

l.«'s hamacaires de profession employés pour le transport des officiers et fonctionnaires voyageant isolément, perçoivent comme Mlairc une solde de 1 franc par journée de portage et 15 centimes par jour pour lu subsistance, dans les postes du Bas-Dahomey.

Porteurs. — Se chargent des transports sur roules ; Us portent sur la tête de 25 il 30 kilog. de marchandises et coûtent en moyenne 1 franc jiar journée de marche de 25 kilomètres. Le transport d'une tonne de marchandises & une distance de 50 kilomètres de la côte coûte en moyenne 70 francs.

Cultivateurs. — La plus grande partie de la population indigène s'occupe des cultures indispensables il son alimentation.

I-a culture est généralement superficielle au Dahomey, où, sans soins ni engrais, le sol donne deux récoltes par an.'

Aux premières pluies, les gens labourent leur champ avec une bêche indigène ; ils mélangent de nouveau à la terre, en guise de fumier, les détritus déjà décomposés des végétaux provenant de la dernière récolte, et ils attendent ensuite la pluie suivante pour semer.

En général, tous les semis ont lieu en mars et avril, au début de la saison des pluies. Tel est le cas du maïs, du mil, du riz, etc.

Pour faire les semailles, le noir utilise fort ses pieds, afin d'éviter la fatigue de se baisser à chaque instant. 11 suit le sillon k reculons, et fait avec son orteil droit, tous les 15cen-

LR DAHOMEY

limfctres environ, un trou en terre; il prend dans un sac suspendu h son côté un grain de maïs par exemple, le jette avec adresse dans le trou et referme l'ouverture d'un coup de talon.

Il continue ainsi Juscpi’au bout du sillon pour recommencer encore et il agit de même pour toutes les semences.

L’arrosage est inutile, car les pluies sont assez abondantes.

Foires et marchés. — Les fabricants indigènes n’ont ni étalages, ni magasins, pour écouler leurs articles; le commerce SC fait presque en entier sur les places publiques, dans les marchés et foircs. Tout le monde attend ces jours-là pour faire ses acquisitions et vendre ses produits.

Les marchands ambulants qui vendent journellement de la nourriture ou de la buisson étalent et portent leur marchandise sur des plateaux en osier ou dans des calebasses.

Seul le commerce des Européens sc fait en magasin, dans les factoreries et les maisons de détail.

Les foires se tiennent généralement dans les centres importants ; selon les pays, elles sont quotidiennes ou ont lieu tous les deux, trois ou cinq jours.

A cause de la distance que les vendeurs ont à parcourir de leurs villages à la ville, les foires ouvrent tardivement le matin.

Des abris en feuilles de palmier et en branchages protègent marchands et marchandises contre les ardeurs du soleil.

Chaque genre de produit a son emplacement distinct dans ces foires où l'on trouve, avec les produits de l'industrie locale, des étoffes, du maïs, des ignames, des petits oignons, des denrées alimentaires et des fruits de toute sorte, du piment, du sel, poisson sec, poisson fumé, viandes au détail, bois à brûler, bonnets de coton, fétiches et amulettes, bouteilles d’.alcool et de liqueurs, nattes, iianicrs, colliers, tabac à fumer, tabac à priser, fard pour les paupières, etc.

Les marchés réunissent toujours des milliers de personnes

LE DAIIOMEV

qui font principalement entre elles échange de leurs marchandises et troquent par exemple une poule, un mouton contre du tabac en feuilles ou de l'eau-de-vie.

plus grande honnêteté règne sur les foires, où certaines marchandises, comme le bois , sont exposées sans aucune surveillance de la part des vendeurs partis Ji d'autres affaires. Quoique le marchand soit absent, aucun acheteur ne songe à voler, car, d’après la croyance des indigènes, la plaee est surveillée par le fétiche et le voleur tomberait aussitôt foudroyé. Comme le bois a un prix fixé d'une manière invariable, chaque acheteur fait alors lui-même sa provision et dépose par terre, en face de la pile, le prix de son achat en cauris.

De même entre les villes et les villages un peu éloignés, on rencontre', sur le bord des 'chemins, des toitures en feuilles reposant sur des piquets. Ce sont des abris ménagés aux voyageurs; ils y trouvent des fruits et de l’eau, ils prennent ce qu’ils veulent et déposent religieusement ù côté les cauris du paiement. Ces abris hospitaliers sont très utiles aux nègres c|ui passent une grande partie de leur vie dans les marchés et les foires ; ils trafiquent sans cesse, et on les voit parcourir de fortes distances pour un bénéfice médiocre.

ETM.NOGnAPIIIE; DES PEUPLES DU DAHOMEY

Monnaie.

Au Dahomey la monnaie courante est le cauris, petit coquillage ovale, plat en dessous, d’un blanc jaunâtre et du genre porcelaine. Il provient de la mer des Indes et est vulgaii-eincnt appelé monnaie de Guinée.

Le taux des cauris est variable suivant les régions et aussi scion leur abondance dans le pays.

Un sac de cauris (soit 20.000 cauris) vaut actuellement 7 francs environ ; il pèse 43 kilog. et équivaut à iO piastrescauris de 2.000 coquillages. C'est une piastre forte.

La piastre cauris est formée de iO gallines de 200 cauris et la galllne se compose de 5 touques de 40 coquillages chaque.

D’après ce qui précède, I 40 cauris équivalent donc à I sou de notre monnaie.

Cette monnaie est fort utilisée par les indigènes, mais son poids énorme la rend fort incommode pour les transactions importantes. Ainsi la somme de 1.000 francs en cauris exige 100 porteurs.

Heureusement que ces coquillages deviennent de plus en plus rares, et que dans quelques années ils auront fait place h nos monnaies, plus simples et plus appropriées au.x transactions.

Déjà le noir en contact avec les blancs connaît la valeur de l’argent monnayé qui, par suite, fait fréquim Tient défaut dans la colonie. Aussi, profitant de notre pénurie de monnaie divisionnaire, la banque anglaise de Lagos inonda le Dahomey de sa monnaie et, malgré un droit d'entrée de 5 °/„ il en a été importé pour 2 millions dans l’année 1899. Les pièces les plus recherchées sont celles de I schilling, 3 pence et G pence.

Jusqu'ici l'administration du Dahomey n’a pas cru devoir

LE DAIIOMET

proscrire coniplèlcmenl l'usage des monnaies étrangères afin de ne pas entraver les transactions commerciales, mais l’établissement du chemin de fer remédiera promptement à cette situation en jetant dans le pays de nombreux millions de pièces d'argent françaises.

Les traitants ont des comptcuscs de cauris attitrées qui se servent de leurs doigts avec une agilité .surprenante et poussent des coquillages par cinq ii la fois, de droite li gauche.

Numération des noirs.

Les cauris ne sont pas seulement la monnaie courante des noirs, mais leur sen-ent aussi d'éléments pour leurs calculs.

Chez eux la numération a pour principe les cinq doigts de la main; lorsque le chiffre dépasse le nombre de doigts d’une main, le nègre y ajoute ceux de l’autre, et toute sa science s’arrête là.

Mais avec les cauris qu’il ajoute aux cauris en les disposant par tas successifs, il peut compter très loin.

Les indigènes comptent d’abord par S jusqu’à 20 ; par 20, jusqu’à 200. Quand ils ont formé un tas de 200 cauris, ils comptent par tas jusqu’à 2.000; par 2.000 jusqu’à 20.000. Comme 20.000 cauris égalent un sac, ils comptent au-dessus par sacs, et disent 2, 3, 4 sacs d'hommes pour 40, 60, 80.000 hommes, et ainsi de suite.

Mais les noirs ont encore d’autres procédés- pour tenir leur comptabilité. Ainsi les cabécères, douaniers et percepteurs indigènes, pour se reconnaître dans leurs comptes, emploient des ficelles auxquelles ils font autant de nœuds qu’il y a d'unités, chaque ficelle ne comportant pas plus de dix nœuds. Ils se sen-ent aussi de petits bétons sur lesquels ils pratiquent des entailles.

ml^ol;llA^lllE des peitles dc oaiiomet

Pour récapituler ces divers calculs, ils utilisent des cauris perofs <[u'il enlilenl par dix sur une ficelle, et chaque c<Kluillape représente un certain nombre de ficelles k nœuds; ces chajHdets sont réunis ensuite par paquet de dix ; en continuant de même, ils attachent le tout ensemble avec beaucoup d'ordre et do méthode, ce qui permet aux funclionnaires de connaiire rapidement ce qu'ils ont en compte, lorsqu'ils désirent le savoir.

Ia; noir fait aussi mentalement des opérations d'arithméti<|uc;dans ce cas, son intelligence supplée k son ignorance. Avec l'aide de plusieurs compagnons assis en cercle autour dc lui, il arrive k faire des calculs a.ssez compliqués.

I.'un d'eux doit .se rappeler les dizaines, un autre les centaines et ainsi dc suite, chaque homme représentant une c«donne d'adilition. Quelquefois, pour s'aider, ils ramassent des brins de paille ou des petits cailloux qu'ils réunissent devant eux on un petit tas comme un mémorandum. Au moment de la récapitulation du calcul, chacun récite sa partie sans grand effort dc mémoire, et ils parviennent rarement k se tromper.

Lors<|ue cela arrive par hasard, ils recommencent tranquillement leurs opérations, sans découragement ni mauvaise humeur.

Division du temps.

l.a division du temps est très primitive chez les nègres de la Côte des Esclaves. Ils distinguent les saisons par les variations atmosphériques et par les travaux agricoles propres k chaque époque. I.cs fêtes annuelles revenant périodiquement servent dc base k leurs calculs.

LE DAHOMEY

Les heures du jour s’indiquent par les dilTérenlcs positions du soleil ; le chant du coq marque les heures de la nuit.

Ij> semaine est ignorée chez le noir ; les mois s'indiquent par lunes, et l'année par la fin des récoltes.

Cependant dans les localités où les indigènes sont en contact avec les hlancs, ils prennent peu à peu leurs habitudes.

Le noir n’a pas non plus la moindre idée de son âge qu’il fixe par l’époque où s’accomplit tel ou tel événement mémorable.

Rdle du bâton au Dahomey

bâton joue un rôle important au Dahomey. C’est un insigne d’autorité, un attribut de commandement, mais c’est aussi une carte de visite, un billet, une procuration, une signature et un passeport, suivant la circonstance.

La canne représente la personne à laquelle elle appartient et lui manquer de respect équivaut ù une insulte.

L’autorité du roi et des chefs s’attache nu bâton et le suit partout ; on doit au bâton le respect et les honneurs qui sont dus à son propriétaire. foule se prosterne au passage du bâton royal et se livre ù des démonstrations de respect qui indi<iucnt presque un véritable culte.

Chaque chef a sa canne qu’il a cherché à rendre différente de celle des autres. Le manche en est sculpté, et l’extrémité inférieure, plus grosse que le reste, est légèrement recourbée et terminée par une boule.

Contrairement ik nos usages, c’est le petit bout qui se tient à la main et le manche sculpté qui se pose ù terre. Un clou planté dans la boule empêche l’usure du manche sur le sol.

■ Les bâtons royaux sont en ébène, en ivoire, en argent massif, et les sujets se prosternent devant eux comme devant le roi lui-même. ,

ETIINOGBAl-niE ÛES PECPIXS DE DAIIOMET

Les rois ont généralement plusieurs bâtons :

Le bâton officiel pour les cérémonies d’apparat, les négociations, les grandes circonstances; c’est celui qu’ils remettent I

entre les mains des messagers chargés de traiter une alTaire en leur nom ;

Le bâton lemi-offciel, servant dans les rapports ordinaires avec les autorités locales;

Enfin, le bâton amical, d’un caractère purement privé, pour les communications personnelles et intimes.

Les négociants européens se servent également du bâton dans leurs rapports journaliers avec les autorités indigènes.

Dans ce cas, tout message d'un blanc â un chef noir et réciproquement, est toujours accompagné d’un bâton porté par un interprète (moce). *

Le ’port du bâton exige un certain cérémonial; celui qui le I

porte doit éviter de le poser à terre et le tenir de préférence couché sur les bras, ainsi qu’on le ferait d’un enfant. 1

Un émissaire porteur de bâton est toujours accueilli de suite et avec déférence par le personnage auprès duquel il est envové. Dès qu’il se trouve en sa présence, il doit lui remettre le bâton que l’autre est obligé de garder à la main jusqu’à ce que le porteur ait achevé d’énoncer le but de sa mission.

Si la réponse peut se faire aussitôt, la canne est à l’instant

meme rendue à l’émissaire, sinon elle ne lui est remise que le ,

jour de la réponse au message^

Jusque là le porteur du bâton est logé et traité par le personnage qu’il a été chargé de visiter; s’il a été envoyé comme ambassadeur auprès du roi, il reçoit l’hospitalité à la résidence royale.

Le bâton accompagne de meme, en toute circonstance, les communications, officielles ou non, que les gens du pays se font entre eux.

LE DAHOMEY

Un cabécère peut envoyer son bûton à un lîuropécn malade pour demander de scs nouvelles, et celle démarche tient lieu de visite,

De même lorsqu’on veut faire acte de déférence envers un notable sans l’aller voir, on envoie son domestique le saluer avec la canne.

Le bâton est envoyé en guise de salut; on doit alors immédiatement répondre par l’envoi du sien.

Le bûton du chef peut .servir de laisscr-passer sur un chemin interdit. Le voyageur le reçoit comme sauf-conduit et garantie.

Autrefois l’Européen ne pouvait se rendre à la capitale que si le roi lui avait envoyé sa canne par un cabécère faisant fonction de rccadère ou messager porteur de canne.

I.CS blancs font aussi usage du bûton entre eux et pour la sûreté de leur commerce. Ainsi les agents de factoreries avaient la précaution de faire reconnaître un certain nombre de cannes, afin que leurs expéditions fussent toujours accompagnées d'un bûton qui, comme un pavillon, couvrait la marchandise.

Les noirs essayaient bien parfois de présenter aux chefs de factoreries des faux bûtons, mais quand leur fraude était découverte ils étaient passibles d’un châtiment sévère.

Outre son usage civil, le bûton joue encore un rôle religieux chez les indigènes de la Côte de Guinée.

Les noirs plantent des bûtons sacrés à l'entrée de leurs cases pour les préserver des voleurs, et les féticheurs possèdent un bûton pastoral terminé on fourche et entouré do chilTons auxquels leur superstition attache une vertu particulière.

En résumé, à la Côte des Esclaves, le bûton a un caractère presque sacré qui peut prêter h rire au premier abord, mais

LTlINOGRAPIUi: Dt:s rKLTLES DL DAIIOMb'V

(jui wjH-iidanl a son utililé jx>ur assurer les communications dans CCS rt'tjions souvent dépourvues de routes.

Attributs et marques de dignité du roi et des cabécéres.

Parmi les objets sacrés des rois fons, existe une cloche en fer qui ne )>eut quitter le souverain et qu'il emporte dans scs déplacements; elle fait partie du trésor de la couronne et Je roi seul ]>cut s'en servir. C'est en quelque sorte l’attribut du pouvoir roval.

Pour les chefs dahoméens la hache est, comme la canne, un insigne de dignité. C'est en meme temps une arme de guerre, dont le tranchant est perjicndiculaire au manche et qui sert surtout de casse-tête. I-a hache se ]wrte sur l’épaule; son manche est fréquemment sculpté et sa lame richement ciselée. '

I.e porte-pipes est une large sacoche rectangulaire en peau de chèvre renfermant les longues pipes du chef, son tabac et ses allumettes. Elle est portée par un domestique qui prend le même nom. Un chef ne vovage Jamais sans sa pipe, car fumer est un signe de virilité et de puissance.

Le parasol est un autre attribut des autorités indigènes qui l’emploient dans toutes leurs sorties en public. Au Dahomey les

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