‹ Dahomey et dépendancesChapitre 8 sur 133 · I.K DAIIDMKY · texte numérisé non relu

I.K DAIIDMKY

<le Guinée, fuisait, il y a quel<|ues années, «le ^lamls ravages dans la j>o|)ulalion do la CiMe ; son germe se Irouve dans l'eau, mais l'usago de fillresle fail disparaiirc. Ce ver est pial, sa longueur est d’environ I m. ÜO, sa lai'geur de ô'"/'" et son épaisseur de I

Il peut se «lévelopper sur toutes les parties «lu eorps, mais il préfère surtout les jamhes. Quel«picfois il est solitaire, mais s«)uvent on est utta«pic par jilusieurs vers à la f«)is.

Is'ur présence cause «le vives soulfrances, et si l'on lu-gligc les soins la gangrène jm-uI s'en suivre. ‘

On admet «pie ce parasite existe «lans la lagune et «pi'il pénètre à travers la peau nue «les membres inféricui-s «les noirs «jui traversent l'eau.

Pour s’en débarrasser, «m le lire avec précaution pour ne pas le bri.ser et «m l’cniMule peu îi peu sur une baguette on b«iis (|ui reste !i l'extérieur de la plaie.

I,es noirs appliipient aussi sur la plaie un mélange de verre et de cliarb«>n pilés, «m bien de l’Iiuile do palme et «piel«|ues herbes causli«pies, nu encore un ««ngiienl avec «lu savon, «le l'huile do |>nlmc et diverses feuilles «pie leur in«liquent leura mé«locins indigènes.

La puce chique.

lai maladie spiVialc orrasi«>niu-c par la jmee cliir/ue débute par l'enllure des mains, «les pio«lsel«les jambes.

Cet insecte, «|ui a été inqmrté «lepuis peu nu Dahomey, est originaire du Itrésil ; il est gros comme une puce ordinaire, il se tient dans les hautes hcrl>cs et s'implante «lans la peau, de préférence sous l’ongle «les orteils. Il traverse les étoffes, surtout les coulures, mais ne pénètre pas ti travei'S les chaussures de cuir.

Dès «{u'une légère démangeais«in in«Ii«pic sa présence dans

r.^^M.MAPHIE DE DAHOMEY

)os pirds» il faut aussitôt saisir la puce ol ronlever sans tarder, car elle n'a encore (pie les niamliluiles introduites sous la peaii.

Si l'exlnudion n'est plus j)ossil)lc, le chatouillement fait place ;i une «hndeur aigue et la présence de rinsecle ne se décèle plus (pie par un jioint ohlong et noin'itre. Il faut alors prati- ([lier VcdtiquiHjc^ si l'on ne veut risipier des désordres qui amènent souvent des érvsipèles et parfois même la gangrène et le tétanos.

I.es indigènes sont fort haliiles dans cette opération qui se fait nu moven d'une aiguille ; on pi([ue In peau ;i côté du point noirâtre, on passe la pointe de raiguillc w*us l'insecte qu'on enlève sans brusipierie, en une seule fois autant que possible. On ])anse ensuite la jdaieavec un peu d'alcool camphré.

Mais si rinsecle c'st une femelle, le cas est plus grave, car il se renferme dans une poche où il pondra, au bout de deux jours, une movenne de 1 *i0 à 200 œufs.

.\u bout de cinq joui*s rabdomon de la puce a atteint la gnisseurd'un petit jmis. l.(*s œufs éclosent après le dixième jour et l'on a alors deux cents insectes ipii vous dévoi*ent la chair des jiieds. Pour les extirper, il faut avoir recours au bistouri et au nitrate d'argent {pierre infernale).

I.cs chi({ues attaquent non seulement riiommc mais aussi les animaux doniesti(|ucs.

LE DAHOMEY

Population.

Le Dahomey est habité par plusieui's races autochtones et une i-acc étrangère eonquérante ; toutes sont du type nègre.

Les races conquises sont :

i “ Les Yorouhas, eonq)renant les Kghas, les Kyos ou Oliios, les Ilollis, les Décamicns et quelques autres ; on les appelle égfalement Nagos, du nom de la langue qui leur est commune. C'est une population dense, paisible, commerçante, dont le principal centre est Porto-Novo ;

2” Les Minas, établis sur la côte îi Agoué et à M’hydah; ils sont depuis longtemps en contact avec les Européens, et leur civilisation est plus avancée que celle de Icui-s voisins ;

3* Les Ouatchis, entre Whydah et Allada, les Eoués, entre Allada et Almmey et les Djédjis au nord de Kotonou ;

l" Les Mahis, les Dhassas, les Schubé, les Gambaris, les 7-üUgou, les llaribas, les Kodokolis et les llokos qui peuplent le Haut-Dahomey.

A cette population si variée, il faut ajouter aussi des groupes de Peulhs pasteurs et des confédérations de marchands haoussas qui séjournent au nord, dans l'Ouangara et sur les bords du Niger.

Les Fous ou Dahoméens, de nature belliqueuse, forment le peuple conquérant qui a englobé toutes les peuplades voisines, tout en évitant de se mélanger avec les vaincus.

Il n'a pas encore été possible d évaluer exactement le chilTrc de la population dos divers Etats placés sous notre protectorat, . dans le golfe du Uénin.

Les derniers recensements ont donné loO.OOO habitants pour le royaume de Porto-Novo et ses dépendances, .'il. 000 habitants pour les Popos, et 100.000 habitants pour le Dahomey proprement dit.

GËUCRAI'IlIi: DL' daiiomi:y

La population des territoires aUi Haut-Dahomey, du 9* au 14* degré de latitude noitl.cst d'environ 500.000 habitants.

'Villes principales du Dahomey.

I.e point de ilél)arqucinent nu Dahomey est Kotonou (ou lagune morte). C'est un village noir d'environ 1.000 habitants, assis sur la plage sahlonnensc qui a rcmplaeé le ehenal par lequel le Denhani (grand lac) communiquait avec la mer. Il sert simplement de port il Porto-Novo ; ce n'est qu'un point de transit où l'on ne trouve que les entrepôts des maisons européennes établies à Porto-Novo, quelques baraquements, riiûtcl de la Compagnie du câble, un bloekhauss en mayonnerie et de noinbrenses masures européennes habitées par r.\dministrntion et les agents des factoreries.

Dix-huit milles séparent Kotonou de Porto-Novo. On s'y rend par la lagune en pa.ssant entre divers villages lacustres tels que Aiansori (1.500 habitants), Afolonou (3.000 habitants), Gaiwi et So (4 ii 500 babitants) habités par des pêcheurs qui sont venus s'y n'fugier pour éviter les poursuites des soldats dahoméens auxquels les fétiches défendent de passer l'eau pour guerroyer.

On laisse à droite le village de Kclonou, village asser commerçant, et, après une traversée d'une dizaine de kilomètres sur les eaux tranquilles du lac Denham (du nom d'un marin anglais qui en a établi la carte en 1845), on débouche j>ar les passes du Zouiné, de Toehc et d’Aguégué dans la lagune de Porto-Novo, qui fait communiquer l'Ouémé avec la bouche de Lagos.

Le trajet en pirogue ne dure ipie de cinq !i six heures.

Porto-Novo (Port-Neuf des Portugais ou -\sscn, ou Adjaché

iO

LC D.\IIO.\IEY

tics Noirs) est le chef-lieu de la Colonie du Dalioniev el dépendances. Sa population est de 50.000 habitants. C’est une ville €]ui s’est bien développée sous rinfluence européenne el ^ui disjjute li I.agos le eoinnierce avec les districts de rintérieur.

KIlc est bâtie en amphithéâtre, â une altitude de 20 mètres au-dessus du niveau de la mer. Son étendue est lonj'uc et étroite.

Dans le (piartier européen on remarejue riiâlel du gouverneur, le palais du roi ToiTa dont c’est la capitale, les factoreries Régis, Voigl ami C®, lîolt et Wclsh. lûenigsdorf, la mission catholique, la maison des Sieurs, les casernements de la troupe, l’hôpital militaire, les hôtels du Secrétariat général, de la Direction des Atfaircs politiques et de la Douane.

Les palmiers, les fromagers, les manguiers, les bananiei's, les (lumbo^anls y forment d'épais bosi^uets, et les maisons blanches des Kuropéens s’y détachent d'une fa^on ravissante sur le fond sombre de la verdure, le rouge brique du sol et le bleu du ciel et de Teau.

Le quartier indigène n'a ricn'de remarquable avec scs huttes en terre.

De l’autre côté de la lagune, se trouvent les cases du village de Ouéta cachées dans rombi*e de hauts palmiers.

A l’oucsl de Kotonou, à une distance de 0 ou 10 kilomètres, on trouve Godomey-playe ou Jakin. De là une roule en mauvais état mène à Godomcy-villc distant de 7 kilomètres au noixl. Sa population est de 5.000 habitants et son altitude de 5 mètres au-ilcssus du niveau delà mer. I>a ville communique avec le lac Nokoué par un chenal qui est h sec pendant une partie de Tannée.

Godomcy-plage est encore un entrepôt de marchandises des maisons Fabre et Régis.

fif.Or.llAPIllK I(L' UAIIOJIKÏ

Si <1(! (’iodoinov il Wlivilali l'on suit la plage, on renconlrc, après avoir parcouru une dizaine de kilomètres (la moitié de la distance), la ville d’Avrékétc‘ (â.OOO liakilants) puis on arrive à Wliydali.

W'Iiydnli ou Jwl;i, Ajuda ou Gléhoué (maison des champs), 20.1100 hahitants. est la deu.vièmc ville du Dahomey. l,a ville proprement dite est à ."i kilomètres de la mer. Pour y arriver on ti-averse le village de /.oumhodji et la lagune. La distance d'Abomey est d'environ lliO kilomètres.

M’hydah-plage comporte les trois forts anglais, portugais et franvais. C’est le jiort le plus important île la colonie ; son mouillage à six cents mètres de la barre est assez .sûr.

De Whydah à Cranil-Poito (Pla en indigène) le voyage se fait en pirogue par la lagune ; la distance est d'environ 3." kilomètres. Une partie de la bourgade est située sur la mer, l'autre appelée Salt-Pound-lIavy est sur la lagune. 2.000 habitants) ; rade sûre pour les navires.

De là', on se rend à A'jouê ou Ajijo dont la distance est de 22 kilomètres (.7.000 habitants). Mission catbolique.

Les autres villes importantes situées dans l'intérieur, sont, au nord de Godomey, Ahotney-Calavi, la troisième ville du Dahomey ]>ar son importance; elle est presejue située sur le lac Denham, à une altitude de 22 mètres.

,\ 17 kiloniètrcs au nord de M'hydah, sur la route d'Abomev, Sai'i, l’ancienne capitale du royaume de Juda. C'est une ville bien déchue dont la jxipulation n'est plus que de t.OOO habitants.

Allaila (10.000 habitant.s) est la capitale du royaume de ce

LE DAHOMEY

nom ou d'Anlres. C’est une ville peu prospèi-c, renia rcjuable se uloi lient par scs plantations <lc palmiers. [

Toffo, sur un magnifique plateau.

. Kr/rimey, au delà du marais de Cô. [

Quarlier des factoreries à Porlo-Novo.

Cana, ou Calmina, la ville sainte du Daliomey, qui renferme les tombeaux des rois. C'est un bourg peu important de 10.000 habitants. Trois lieties seulement le séparent d’.Vbomey, la capitale du royaume, à laquelle le relie une route très Itelle.

Abomcy,o\i .\gbomé,la capitale actuelle du royaume (10.000 habitants] est située sur un plateau à 100 mètres au-dessus

r.Ëor.RAriiiE du damomey

du niveau de la mer. Une immense enceinte de terre l’entoure; le seul mnnument digne d'attention est le palais du roi qui a environ 3 kilomètres de périmètre.

I.a population d'Al)omey est très variable, suivant que le roi riiabile ou qu’il va résider à Aÿony, ville de 20.000 habitants, située sur l'Ouémé, .h 23 kilomètres au nord-cstd’Abomejr.

Les autres centres importants de la colonie sont :

Suketé, au nord de Kotonou ;

Tonne, sur la frontièi-e du Togo ;

Djallnukou, au nord d’.kbomcy ;

Savalou, au nor<l de DJalloukou ;

Znynanado, près de l’Ouémé, îi hauteur d’Abomey;

liêloti, sur la frontière du Lagos;

Oiicssc, dans le nord ;

Parakou, Séméré, Oaamjara, Carnotvillc, Nikki, Kandy, Carirnama, Mailekaly, Say, Fada î\’'Gourma,elc., etc.

Postes militaires.

Les postes militaires de la colonie sont actuellement ceux d’Agoué, de Grand-Popo, de Wyhdah, .sur la côte; d’Allada, Abomey, Zagnanado, Kétou, Savalou, Dadjo, Carnotville, Bassila, Ouari, Parakou, Cliori, Konkobiri, Botou, Fada, Zougou, Kandy, Carirnama et Sa^- dans l’intérieur.

Tous ces postes sont occupés par des détachements de tirailleurs haous.sas et de gardes indigènes recrutés dans la colonie.

Le Dahomey.

50 LE DAHOMEY

C'est en mars 1890 que fut orjjniiisi^e la gartlc indij^cne, recrutée parmi les Kuropécns cl les indijjcnes rcsulant sur le territoire français du Bénin.

Phot. de U. FAdmiaiatrAleur beurdeley

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