CELTE DES SERPENTS
Les serpents, le python surtout, sont très vénérés au Dahomey, et leur culte mérite une mention spéciale. On attribue & ces reptiles tous les biens et tous les maux; les premiers sont reyus comme des bienfaits et les seconds sont regardés comme des châtiments mérités. Le dieu reptile a de nombreux temples où les serpents sont entretenus vivants ; ccjrcndant ils sont aussi représentés en bois ou en terre.
Le grand temple de AVhydah est surtout connu ; il contient des centaines de reptiles que de nombreux gardiens soignent et nourrissent avec des rats et des poules. Des calebasses déposées à terre contiennent l'eau et la farine olfertesaux serpents, mais on leur apporte aussi du tafia, des étoffes, des cauris, des fruits, du manioc, etc...
Comme il est interdit d’enfermer les dieux, le temple est dépourvu de porte et les pythons s'échappent souvent pour se répandre par la ville. Leurs féticheurs alfolés s'empressent alors de les chercher et de les réintégrer dans leur demeure sacrée avec toutes sortes de simagrées.
Avant de les toucher, ceux qui doivent les rapporter s'agenouillent révérencieusement devant les fugitifs, les prennent délicatement entre leurs bras cl les caressent avec toutes les démonslrutions de l'adoration 1a plus humble.
Si le python s'installe dans une habitation ou dans un magasin, il est défendu de le déloger et â plus forte raison de le maltraiter. Autrefois, celui qui commettait un pareil méfait payait fort cher son sacrilège. Le noir qui tuait un serpent fétiche était bridé vif et les blancs devaient être massacres ou empoisonnés, à moins de payer une forte amende.
Enfin, dans tout le pays, le python jouit d'un prestige
ETIINOGRAPIIIE DES PEUPLES Dü DAHOMEY
extraordinaire aux yeux des noirs ; le porc seul fait exception h la rt’jjle. Lorsqu’il rencontre le reptile il le piétine, le tue et le dévore, mais s’il est pris sur le fait, il est impitoyablement mis à mort et olfcrt en holocauste au dieu.
La taille du python varie d'un à trois mètres; son corps jaune ou vert, tacheté ou rayé, est un peu renflé au milieu et se termine insensiblement jwr une queue allongée et prenante.
Sa tète est large, aplatie et triangulaire ; sa morsure n’est pas venimeuse, mais les volailles et les j>etits quadrupèdes courent les plus grands dangers dans le voisinage du reptile.
Les chèvres, les moutons et même les petits enfants lui servent de pâture lorsqu’il est de forte taille; aucune mère n’oserait lui arracher son enfant s’il devenait la proie du dieu, telle est grande la crainte que le python inspire par son pouvoir surnatureL
Autrefois, il était promené en grande pompe, une fois chaque année, par les rues et les places de Whydah. Os jour-là les féticheurs étaient maîtres de toute la ville. Il était défendu aux blancs et aux nègres de sortir de chez eux sous peine de mort, et quiconque aurait osé jeter un regard indiscret sur les mystères de la cérémonie était terriblement ehâtié.
Le python, bien gorgé de viande, était placé comme une masse inerte dans un hamac, et escorté solennellement par les grands féticheurs suivis d'une musique infernale et d’une foule d’hommes et de femmes en délire, hurlant des chants sauvages.
Lorsque la digestion du reptile paraissait être terminée, on le rentrait vivement dans le temple de peur qu’il ne serre avec trop de tendresse le bras ou la tête de quelqu’un de ses porteurs.
On rencontre dans les bosquets sacrés, près de la lagune et des sources, des tiges de fer simulant les ondulations du serpent; souvent elles sont même enfermées dans de petites cases.
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LE DAIIOMET
Ces liges sont l'imnge sainte du serpent. Auprès de ces idoles sont placées des calebasses dans lesquelles on dépose l'eau cl les présents destinés au fétiche.
Depuis quelques années, le culte du serpent parait tomber en désuétude, et ce n'est pas dommage. Aujourd'hui, quand par inadvertance un noir a tué ou blessé un reptile, on se contente de faire bétonner le coupable par ses congénères et ils en usent largement.
S'il veut se soustraire au châtiment, il n'a qu'à payer les féticheurs, car au Dahomey, comme en bien des pays, tout s’arrange avec de l’argent.
Féticheurs et létlcheuses.
Le roi est le chef suprême du fétichisme, et dès son avènement il est initié ü tous les mystères du culte. Mais malgré son autorité il reste soumis à la puissance occulte des féticheurs.
Il est assisté du Minfjan, grand-prêtre du fétichisme.
Le fétichisme comprend quatre sectes ayant chacune un grand féticheur h leur tête.
Les prêtres de ces divers ordres sont vêtus de façon différente, mais le blanc est la teinte dominante de leur costume. Ils portent tous la calotte blanche des cabécères.
I-es uns ont la tête rasée, d'autres se tracent sur le front, quand ils sont de service, une ligne rouge d'un côté et une blanche de l'autre; hors du service, ils n’ont qu'une seule de ces lignes.
Des verroteries ornent habituellement féticheurs et féücheuses.
I..es prêtres et les prêtresses du serpent ont le costume le plus remarquable ; c'est un pantalon bouffant recouvert d'un
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peignoir ouvert, en élolTcs ii grandes figures criardes ; chevilles et bras sont, en outre, surchargés d’énormes bracelets en cuivre.
Toutes ces congrégations vivent séparées les unes des autres dans des quartiers spéciaux où aucun étranger n'est admis.
Le féticheur est quelquefois chef par sa naissance, mais, le plus souvent, il est fils d'un roturier qui Ta voué au fétiche.
Élevé par des féticheurs dans l'art d'en imposer à ses semblables, il tient h distance aussi bien les chefs que le peuple. Il vit à part, n'épouse ordinairement qu’une ou plusieurs féticheuses, et conserve ainsi, par sa vie retirée, un prestige indispensable h ses fonctions.
Les féticheurs ont comme principales ressources les nombreuses offrandes faites à leurs divinités, et les sommes qu'ils savent extorquer à tout propos aux fidèles naïfs, en spéculant sur leur croyance et leur superstition ; mais h leurs heures de liberté, ils confectionnent aussi des ouvrages en cuivre et en paille dont le produit les aide & vivre.
Les fonctions de féticheur se transmettent de père en fils. Cependant, les parents qui désirent vouer leur fils ou leur fille au fétiche peuvent le faire en versant une somme importante ; dans ce cas, les prêtres élèvent Tenfant.
Us admettent aussi des adultes d'une discrétion éprouvée qu'ils initient nu rôle d'aide-féticheurs, mais qui n'exercent Jamais le culte.
Une esclave, une femme qui veut fuir les tracasseries du maître ou du mari, peut se réfugier au couvent des féticheurs, si elle assure être possédée du fétiche.
Les femmes subissent trois ans d’initiation dans les couvents.
Dans leurs écoles, les féticheurs apprennent à chanter et h danser à leurs enfants, avant de les initier au culte auquel
LE DAHOMEY
ils sont destinés. Les parents chantent et dansent aussi presque journellement.
Féticheurs et féticheuses sont de service à tour de rôle dans les temples dont ils prennent soin.
Ils sont aussi chargés de faire subir les épreuves judiciaires aux individus accusés d'un crime. Ces épreuves sont généralement celles par l’eau et par Voricha. Celle-ci est la plus commune ; elle consiste, comme preuve de son innocence, h avaler, sans la connaître, une boisson quelconque offerte par le féticheur; c’est ce qu’on appelle boire Voriclia. Le prévenu s’abandonne donc en toute contlance au féticheur qui, selon son caprice, peut lui imposer un breuvage inoffensif, mais qui peut aussi lui faire avaler un de ces poisons dont il a le secret.
Comme le prêtre jouit d’une entière impunité pour ses méfaits et qu’il est au-dessus de tout soupçon, on se contente de dire, lorsque l’accusé meure, que le fétiche l’a tué parce qu’il était coupable.
Cette épreuve est basée sur ce que souvent le noir coupable n’ose boire l’oricha, tourmenté qu’il est par sa conscience troublée; mais il n'en est pas de môme des innocents qui ont tout à redouter de leurs féticheurs.
Quant à l’épreuve par l’eau, elle se subit dans une rivière ou une partie de la lagune spécialement réservée à cet effet, et dont l’accès est interdit aux profanes. Elle est rarement favorable à celui qui la subit et dont la perte est décidée d’avance ; l’eau laisse surnager l'innocent et engloutit le coupable.
Pour atteindre ce résultat, le prévenu est attiré au fond de l’eau par d’excellents plongeurs auxquels il est facile de rester longtemps immergés.
Pour Porto-Novo, cette épreuve se fait dans le canal de Tjibé, & Togbo, lieu sacré, habité par des féticheurs.
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Les fêles du fétiche reviennent chaque année h une époque fixée par le roi, généralement en septembre. Elles donnent beaucoup d'animation aux villes où règne alors la plus grande gaîté. To’us les dieux, sur les épaules de leurs féticheurs, courent les rues pour se rendre visite les uns aux autres; d'autres féticheurs les accompagnent en grande pompe, souillant dans des trompes d'ivoire, battant du tambour et escortés ]>ar une foule énorme.
Presque tous les jours, les féticheurs des deux sexes, revêtus de leurs plus riches costumes, exécutent des processions dans la ville.
Les tam-tams se réunissent sur les places publiques et alors commence leur étourdissant tintamarre, pendant qu'une longue file d’hommes et de femmes, bien alignés, défilent en chantant pour venir s'asseoir par rang d'ancienneté nu milieu de la place.
Au nombre de cent ou deux cents, les femmes se livrent ensuite, avec un ensemble et une précision remarquables, it des danses fort curieuses, terminées par des orgies de toute sorte.
En résumé, les prêtres du fétichisme, par la crainte qu’ils inspirent, par leur habileté à tromper et à abuser des croyants par l'erreur des sens, par les simagrées de toutes sortes et les airs mj’stérieux dont se compose le culte qu’ils professent, sont une puissance redoutable dans les royaumes dahoméens où ils impo.sent même leurs volontés au roi. Quand ceux-ci se refusent à gouverner selon leurs désirs, ils meurent empoisonnés par le fétiche, ainsi que cela est arrivé pour Ghezo qui avait eu le tort de déplaire aux féticheurs en s'opposant aux sacrifiées humains.
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Sacrilices humains et autres.
Les féticheurs, qui semblent si heureux pendant leurs fêles religieuses, sont cependant de cruels meurtriers ; ce sont eux qui ont établi ces lois atroces d’apres lesquelles ils immolaient froidement, à des divinités fictives et auxquelles ils ne croyaient pas eux-mêmes, des milliers d’innocentes victimes humaines.
Par celte coutume barbare, ils pensaient que le sang de leurs semblables, répandu sur le fétiche, le leur rendrait favorable et leur porterait bonheur.
En commettant ces meurtres, les féticheurs cherchaient uniquement à faire une impression profonde sur les masses, afin de garder haut le prestige de leur barbare religion, et le maintenir comme une menace constante sur la tête de ceux qu’ils gouvernaient.
L’occupation française a, heureusement pour des noirs, supprimé les sacrifices humains, et ce n’est pas le moindre bienfait de notre intervention au Dahomey.
On n’exécute plus aujourd’hui que les condamnés & mort pour crime d’homicide.
Les victimes, prisonniers de guerre ou autres, étaient immolées aux divinités d’une façon uniforme. Après les avoir garot-
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lécs, on leur faisait absorber du tafia en abondance afin de les abrutir et cmpcclier ainsi que les sacrifices fussent troublés par leurs cris.
Après des prières, des danses et des évocations, on coupait la tête h ces malheureux de façon que leur sang jaillisse sur la divinité en honneur de laquelle était fait le sacrifice.
On ouvrait ensuite le corps, on en arrachait le coîur et les entrailles qu'on étalait devant le dieu, tandis que le cadavre était jeté dans un fourré entouré de paille fétiche ou enterré dans un chougoudou. Souvent les féticheurs pou.ssaient leur fanatisme jusrju'à manger le cœur de la victime.
Autrefois au.ssi les corps humains restaient exposés devant les idoles, mais aujourd'hui cela n'a plus lieu que pour les animaux.
Seules, les plus importantes divinités avaient droit aux sacrifices humains, sans exclure ceux de toutes .sortes d'animaux.
On immole aux dieux des poules, des pigeons, une chèvre, un mouton, un bouc, un porc. On leur arrache la tête, et ces animaux sont ensuite mangés par ceux qui les sacrifient; le sang, le poil ou la plume seuls restent dans une calebasse aux pieds du fétiche.
I.a buse et le vautour, considérés comme animaux impurs, ne sont jamais offerts en sacrifice, tandis que le pigeon est une victime pure et agréable.
Un chien sert aussi quelquefois au saerifice, mais alors on le pend au cou de la divinité et on l'y laisse jusqu'à complète putréfaction.
On offre aussi aux dieux des noix de kola, du maïs grillé arrosé d'huile de palme, des lylnm, espèces d'hélices terrestres dont le pays abonde, etc...
Les nègres du Dahomey sont généralement dociles et obéis-
LE DAHOMEY
sants quand ils sont de sang-froid, mais quand, surexcités par l'alcool et les danses, ils pratiquent les coutumes barbares de leur triste religion, ils ressemblent i de véritables forcenés, toujours avides de sang.
Aussi est-il îi souhaiter, pour le bon renom de notre colonie, que le fétichisme disparaisse au plus tôt, car ce culte pervers et vicieux, enraciné dans le cœur du noir et entretenu par les féticheurs, l’incitera îi être réfractaire à la plupart des réformes que l’adininistralion française tentera d'apporter dans les usages tyranniques du pays.
Fêtes des coutumes.
Chaque année au retour de leurs expéditions contre les peuplades voisines, les Dahoméens, qu'ils aient été victorieux ou vaincus, se livraient dans leur capitale îi d'importantes réjouissances.
Ces fêtes avaient lieu ordinairement en août, septembre et octobre à l’occasion des annivcrs.)ircs des funérailles des anciens souverains et elles duraient plusieurs semaines.
On leur a donné le nom de coutumes et jus<[u’cn 1878 tous les Européens de la côte étaient tenus d’y assister, et surtout d'apporter beaucoup de cadeaux au roi. De même, chaque habitant du royaume y était aussi convoqué, et devait faire à son monarque Un présent en cauris, proportionné h ses moyens.
Au jour fixé, les populations des campagnes envahissaient la capitale, qui regorgeait de monde. Le peuple s'assemblait sur les places publiques oh journellement un crieur du palais venait proclamer h haute voix les gloires de la dynastie.
Après plusieurs visites olficicllcs faites en grande pompe aux tombeaux des monarques dahoméens, visites accompagnées
ETIINOr.llAFIIie DKS PECPLES DU DAIIOMET
lie rlianU, de clamcure disconlanles cl do coups de fusil, le roi donnait dos cadeaux !» ses ministres et cabécères.
Dans CCS visites, le roi piJnétrait seul dans les monuments '
funéraires pour annoncer aux mdnes de ses ancêtres les fêtes J,
sanglantes qu’il préparait en leur honneur. I
LE DAHOMEY
Entre les diverses c<rémonies des coutumes, il y avait souvent plusieurs jours d’intervalle.
La plus importante de ces cérémonies consistait h envoyer des émissaires dans l'autre monde pour porter des nouvelles aux rois défunts.
Une trentaine de prisonniers de guerre étaient alors choisis pour ce voyage funèbre ; ccs malheureux, bâillonnés et ficelés, étaient fortement attachés dans des paniers en bambou, les genoux repliés sous le menton et les bras attachés au bas des jambes. - -
Pendant plusieurs jours on les jrronrenait par la ville avec interdiction de les frapper ou de les in.sulter.
Mais le jour de la fête est arrivé ; le roi et sa famille s’installaient alors sur une estrade haute de 2 mètres, et élevée pour la eirconstance sur l'un des côtés d'irnc grande place publique.
Après plusieurs harangues à la foule enthousiasmée, & laquelle le roi jetait quelques poignées de cauris, le supplice des victimes commençait.
D'abord c’étaient des animaux que l'on sacrifiait aux mânes des rois morts. On voyait ainsi défiler et monter sur l'estrade des chiens, des chats, des pores, des coqs, des singes, des crocodiles, etc... Tous étaient solidement attachés .sur des planches et musclés afin de. ne pouvoir mordre. Impassible, tout en fumant sa pipe, le roi abaissait son regard vers les victimes, et sur un signe de lui elles étaient basculées au bas de l'estrade ou un féticheur leur coupait immédiatement la tète en recueillant leur sang dans une bassine spéciale.
On battait le gon-gon et après le tour des animaux venait celui des prisonniers, plus morts que vifs. Ces pauvres gens étaient alignés les uns â côté des autres sur le rebord de l’estrade, et, après que le roi leur eût confié son message & ses ancêtres, ils étaient culbutés et précipités l’un après l’autre
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ETIINOGRAPIIIB DES PEUPLES DE DAIIO.MET
sur le sol où, d’un seul coup de sabre, ils étaient décapités au dessus d’un grand bassin de cuiA’re. Leurs têtes étaient mises au pied de l’estrade et, après la cérémonie, leurs cadavres étaient enterrés dans les bois avoisinant la ville, avec une bouteille de ta6a et des cauris déposés îi leur côté pour les frais de la route.
Le grand bassin de cuivre était ensuite porté lentement au tombeau que le roi, de sa propre main, arrosait de ce sang encore tiède.
Chaque journée des coutumes se terminait invariablement par les acclamations de la foule, appuyées de nombreux coups de fusil et scandéesdu bruit étourdissant des tam-tams.
Quelques jours après ce massacre, avait lieu une parade de guerre, soldats et amazones défilaient devant le palais du roi pour se rendre dans la plaine de Cana où ils se livraient à des manœuvres de mobilisation.
A la dislocation des troupes, le roi répartissait toujours quelques fûts de tafia entre les assistants, puis guerriers et spectateurs exécutaient des danses jusqu'il épuisement de forces.
Cet essai de mobilisation se continuait les jours suivants par des exercices de combat dans lesquels guerriers et amazones déplo^-aient la plus grande ardeur.
Apres des simulacres d’attaque etde défense le roi faisait jetér en l’air, du haut de son estrade, il la populace délirante, des étolfes, des cauris, des verroteries en témoignage de sa satisfaction. La foule se bousculait alors pour ramasser les dons, s’insultait et la fête finissait par un échange général de horions entre les assistants, ii la grande jubilation du roi.
Les fêtes des coutumes se clôturaient par le cortège des richesses. Ia: roi, sa famille et scs nombreux serviteurs, tous revêtus de leurs plus brillants atours, défilaient alors devant le peuple émerveillé, afin de lui donner une idée de la puissance de s(tn souverain.
t,E DAHO.VET
Les serviteurs élnient porteurs de toutes les riehesses et euriosités royales ; on remarquait surtout parmi elles les nombreux cadeaux olTerts de tout temps par les Européens aux monarques d’Abomey, cl qu’ils s'étaient légués depuis un i temps immémorial.
Apres CCS fêtes mémorables, le roi remerciait chefs et invités cl quittait sa capitale pour aller jouir d'un repos bien mérité dans une de ses résidences de banlieue.
Ces horribles coutumes qui depuis des siècles ensanglantaient le Dahomey étaient une honte pour l'humanité.
C'est h la France que la civilisation est redevable de leur abolition, et aujourd'hui, sous l’égide de la République dont ils bénisscntla généreuse intervention, les nègres du Bénin peuvent travailler en toute liberté à l'amélioration de leur bien-être social.