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I.Æ noir vit ainsi au milieu de fétiches, et aucune de ses

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actions n’a lieu sans qu’il ait consulté le fétiche. Même mourant de faim, il offre encore en sacrifice, h celui des dieux qu’il vénère le plus, le peu qu’il possède.

La plupart des dieux fétiches sont des statues grossièrement façonnées en bois ou en argilej ceux qui ont forme humaine possèdent généralement de hideuses figures, les hommes montrent <les phallus énormes et les femmes des appas exagérés. D’autres dieux sont personnifiés par des lézards, deseaïmans, des bâtons enduits de couleui-s ; d'autres, enfin, ne sont pas représentés du tout.

Le tonnerre (change) est une des divinités les plus puissantes et les plus redoutées, .\ussi le malheureux sur le toit duquel tombe la foudre est-il accablé d’amendes par les féticheurs, sous prétexte qu’il a dû commettre un crime ignoré des hommes.

Si l’individu a été tué par la foudre, il mérite l’exécration des hommes et est indigne de sépulture ; personne, sauf les féticheurs, ne peut toucher h son corps. Les honneurs funèbres ne lui sont accordés cju’aprcs paiement d'une forte rançon par les parents ou amis, afin d’apaiser les dieux irrités. En attendant, son corps reste exposé dans un lieu spécial.

A Porto-Xovo, le cadavre devait autrefois rester où il avait été frappé, jusqu’il ce qu’il tombât en poussière.

D’après les noirs, le dieu de la mer serait captif au fond des eaux et les mouvements qu’il fait pour se dégager produisent les vagues.

Il en est de même de celui de la lagune qui a pour messager le caïman.

Autrefois les rois du Dahomey envoyaient tous les ans h Avrékété des hommes vivants qui, attachés sur des chai.ses surmontées de parasols, étaient précipités à la mer au delà de la barre, en l’honneur des dieux marins. Ces malheureux étaient dévorés par les requins.

(mi.Nor.RAPiiti; des peuples du dauomet

La déesse de la maternité est représentée par une forme humaine avec un enfant dans les bras ou dans le ventre.

On connaît aussi les dieux du mariage, de la fécondation, de la guerre, du feu, de la chasse, <le l'agriculture. Ce dernier est invoqué pour que la récolte soit bonne; il a pour messagère l’abeille.

La petite vérole même est une déesse redoutée dont on implore souvent la clémenee ; les moustiques sont ses messagers.

A toutes ces idoles çt divinités on a partout élevé de nombreux temples dans lesquels ont lieu de fréquents sacrifices pour se les rendre favorables.

Aussi les féticheurs se font-ils un beau revenu avec les nombreuses ressources dont ils disposent.

Dans les rues et dans les terrains vagues, on ne rencontre, çb et là, que des vases, des écuclles, des bétons fichés en terre, des tiges de fer, des statuettes grossièrement façonnées ; tout l'attirail enfin de la superstition païenne.

Les noirs adorent aussi certaines parties du corps humain, l’orteil ou gros doigt du pied et surtout le membre viril.

Le dieu Phallus s’étale avec edronterie dans les rues. Il est représenté en grandeur naturelle par un homme nu et accroupi sur ses talons, aux insignes du sexe très apparents. Les yeux, les dents et les oreilles sont figurés par des cauris enfoncés dans l’argile et des plumes sont plantées au menton en guise de barbe.

L’idole e.st habituellement isolée et abritée par un petit toit en paille contre les intempéries.

Les phallophores portent quelquefois le dieu Priape avec grande pompe, dans certaines processions, l’agitent avec ostentation et le dirigent vers les jeunes filles, au milieu des danses et des éclats de rire d’une populace impudique. Les

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noirs ont fait de ccl instniinont l'attribut d'Eleglxi, l’esprit du mal ou démon.

En plus des principaux dieux qui sont servis par des prêtres et des prêtresses fort nombreux, le Dahoméen possède encore une foule de divinités subalternes qu'il serait trop long d'énumérer.

I.’une entre autres enchante les objets qu’on lui confie, à la condition toutefois que l'on acbèle la protection du féticheur, une autre donne la richesse, une troisième dévoile les conspirations contre le roi, une quatrième guérit les malades, une cinquième fait mourir les femmes qu’elle rencontre, une sixième détourne les voleurs, etc., etc.

On rend un culte particulier aux jumeaux, contrairement aux autres enfants ; leur dieu est représenté par un petit singe.

On connait aussi à W’hydah le dieu des naufrages auquel on offre des sacrifices pour qu’il fasse échouer les navires des blancs à la côte. Tout navire naufragé était alors pillé par les noirs qui se partageaient la cargaison.

Iæs rois les plus célèbres par leurs conquêtes, leur cruauté ou leur tyrannie, sont aussi déifiés nu Dahomey ; ils ne sont pas représentés par des figures ou des symboles, mais on invoque fréquemment leur mémoire et on lui fait des sacrifices.

Ia's animaux reçoivent aussi un culte des indigènes suivant le pouvoir bienfaisant ou malfaisant qui leur est attribué ; de nombreuses figurines d'animaux se trouvent aussi dans les habitations et les temples fétiches.

Les bêtes utiles sont sacrées, et celui qui les tue volontairement ou accidentellement s’attire les peines les plus sévères.

Parmi les principaux animaux fétiches, il faut citer le .serpent-python, le vautour-busard qui nettoie les rues et la bergeronnette ou oiseau du roi.

ETiiNonnAriiiB dbs pf.i'ples du Dahomey

Le roi TolTa possède un bœuf et un bouc favoris qui sont fétiebes ; quand ils parcourent les marchés de Porto-Novo, ils peuvent brouter à droite et h gauche ce qui bon leur semble, et les marchands doivent paraître enchantés et fiers de donner ii manger aux fétiches.

Quel((ues végétaux sont regardés aussi comme sacrés : tels sont le baobab, le fromager et en général tous les arbres de grande taille qui sont considérés comme servant de résidence au génie de la forêt.

Des olfrandes sont déposées au pied de ces arbres qui ne se distinguent de leurs voisins que par une ceinture de feuilles de palmier appelée />7/7/c félicité, et quelques ossements ou débris d'animaux qu’on y cloue.

Rn un mot, les objets les plus divers peuvent devenir fétiches dès qu’ils ont reçu la consécration d’usage du féticheur. C’est cette paille fétiche qui sert précisément h indiquer la qu.alité .sacrée de l’objet.

Placée au-dessus d’une porte, elle en interdit l’accès it tout passant, et mieux que le meilleur des scellés ; aucun homme n’oserait enfreindre celte consigne, car il tomberait aussitôt foudroyé par le fétiche.

Au Dahomey, les propriétés rurales n’ont aucune limite apparente. Dos pieux plantés en terre, et sur lesquels flotte un morceau do chiffon ou qui .sont coilTés d’un petit pot ou de quelques plumes de poule, limitent seuls les quatre coins d’un champ. Ces poteaux-limites, également réputés fétiches, sont toujours respectés ]xar les noirs, parce que leurs prêtres les ont bénis.

Il en est de même des épouvantails destinés à protéger les récoltes contre la voracité des oiseaux et qui sont aussi des fétiches.

Kn plus des fétiches publics, les noii-s en ont encore d’autres qui sont privés.

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Ce sont (les amulettes ou gris-gris de toutes formes et de toutes natures : sachets en peaux, os, grilles et dents d’animaux, poils de singes, plumes de perroquets, anneaux de verre, morceaux de corail, de bois, de cuir, de corde, d’élolTe, de fer ou de cuivre.

I^s uns se portent dans les cheveux, au cou, aux poignets, aux bras, aux hanches et aux chevilles; les autres sont destinés aux habitations et on les dépose dans un coin avec tout un cérémonial de mômerics.

Les guerriers avaient même des queues de cheval, de vache ou de cabri ({u'ils agitaient devant eux pour chasser les balles.

Au Dahomey, les esprits ou génies sont excessivement nombreux, mais ils ne sont jamais représentés par une idole ; on les considère comme subordonnés aux dieux, mais on leur reconnaît néanmoins une grande influence personnelle.

Tout ce qui existe dans la nature a son génie : villes, villages, campagne, forêts, arbres, etc... ont les leurs, et on les évoque fréquemment. Ils répondent généralement & l'appel du féticheur par un chant d'oiseau, un silllement, ou avec une voix humaine lorsejue le féticheur est ventriloque, comme cela arrive.

L’homme a aussi scs génies, et il leur sacrifie en s’enduisant le corps d'huile de palme.

La maison po.sscde .scs pénates représentées, par des petites figurines de forme humaine ou animale et par des calebasses sculptées contenant du sang de poule, de l'huile de palme, etc. . . de.stinés au génie. Ces dieux du foyer sont suspendus dans la toiture ou déposés dans les coins des habitations.

I.CS pauvres se contentent d'un piquet grossièrement sculpté, planté en teiTC et qu'ils arrosent de temps î» autre d'une goutte d'huile.

Iæs féticheurs font accomplir périodiquement h certains

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Musulmans Nagols.

exhibitions ont surtout lieu au moment des fêtes annuelles. ^

Parmi ces divinités, les dieux de la mort et de la soulTrance sont représentés par des gens masqués couverts jusqu'aux pieds h

d oripcaux, barixmillés de san^ et tenant en main un tibia, une corde ou un instrument quelconque de supplice. Ils parlent peu et en contrefaisant leur voix. Ce sont, dit-oi», les âmes des morts; on les appelle les ijunrjuns. lis insi»irent une grande frayeur et U leur approche les habitants s'écartent et s'enfuient, chacun dans sa maison.

Au Dahomey et ü l’orto-Xovo une autre apparition nocturne est celle d’un revenant appelé zamjbeto, ou gardien de nuit. C'est une grande femme en paille ayant une robe à traîne, ornée de grosses coquilles tenant lieu de grelots. Un individu la porte sur ses épaules et parcourt ainsi au pas de course les rues de la ville. II est accompagné d'un orchestre de gongons et de tambours qui font un vacarme infernal. Le porteur parle dans une corne de bœuf et sa voix est rendue formidable par cet instrument. Son apparition sème la terreur parmi les gens simples ; des que l'Iiabitant entend ses cris plaintifs et lugubres il se renferme chez lui. S’il e.st surpris par les rues, il est roué de coups par les gens de l'orchestre au service des féticheurs.

La crainte inspirée par le revenant servait au gouvernement indigène îi faire sa police de nuit dans les villes ; les zangbetos y faisaient deux apparitions par semaine, à des intervalles irréguliers, mais leur devoir était surtout d’empêcher les incendies et les vols de nuit. Les féticheurs s’en servaient aussi pour écarter les habitants lor.scju'ils avaient l'intention de faire des processions, de se livrer ti des sacrifices humains ou & de mystérieuses oi-gics.

Les Européens n'étaient pas toujours h l’abri des persécutions de ce genre de policiers lorsqu'ils s'attardaient dans les rues, mais aujourd'hui les temps sont changés et nos agents de police remplacent les charlatans indigènes ; cependant, il est prudent de se faire précéder d'une lanterne dans scs promenades nocturnes surtout à cause des serpents.

CTH.NOCHAl'HIE DES PEUPLES DE DAHOMEY 351

Chiuiue ville possédait un ou plusieurs de ces revenants; le jour, ils reparlaient pour l’autre monde, en abandonnant leur enveloppe terrestre sous la protection de la paille fétiche, dans un petit lian;;ar qui lui était alfeclé dans chaque quartier.

Parmi les sortilèf'es on connaît le choitgoudou îi Porto-Novo et l’arcade de bambou au Dahomey.

Le chougoudou était l'endroit où était enterrée ù Heur de terre la victime d’un sacrifice, quelle qu’elle fût. Sur cette tombe très sommaire était placé un pot renfermant un peu d’huile de palme, des plumes de poule, du sang et des poils. Ces tumulus existaient un peu partout, et on les évitait autant par la mauvaise odeur qu’ils répandaient que parce que les mauvais esprits étaient cen.sés les garder. Celui qui aurait la témérité <le passer dessus, risquerait fort d’être tué ou tout au moins d’être perséculé le restant de ses jours.

L’arcade de bambou existe encore ù l’entrée de presque toutes les villes dahoméennes. De la paille fétiche, des plumes, des pattes de poules, des os, etc., sont suspendus après. Celui qui passerait dessous avec des intentions hostiles contre le roi .serait immédiatement terrassé.

Quant aux évocations, sortilèges, enchantements et opérations magi<|ucs, ils sont subordonnés aux caprices des féticheurs, qui forment une secte noinbreuse et qui, avant notre occupation, était puissante et redoutée des indigènes.

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