I.E CAOUTCHOUC
Dans les forets du Dahomey les arbres et les lianes h caoutchouc abondent, mais ce produit est encore peu exploité au point de vue commercial.
Les noirs récoltent principalement cette sève précieuse pendant les mois de septembre, octobre et novembre, mais, ignorant un bon procédé d’extraction, ils arrivent souvent il tuer les végétaux qui produisent le caoutchouc. Ils emploient la sève, avant qu’elle soit coagulée, à la réparation de leurs pirogues ; mêlé il de l'étoupe le caoutchouc est alors coulé entre les bordages de leurs embarcations pour les rendre étanches. Il sert aussi h la confection de divers récipients non destinés au feu.
La valeur courante de ce produit est de 3 francs le kilogramme. Son principal débouché est Anvers.
Diverses espèces de ficus ont été reconnues au Dahomey comme produisant du caoutchouc, mais la difficulté pratique d'en apprécier la valeur et le peu de soins apporté à leur culture n’ont donné qu’un rendement très médiocre.
Le syndicat des planteurs de Whydah préconise la culture du caoutchouc céara qui semble devoir donner d’excellents résultats. Il pousse très bien dans les terrains qui conviennent aux cultures alimentaires, il demande peu de soins, produit dès la cinquième année et se multiplie de lui-méme ; il tient peu de place, est facilement exploitable et donne un produit riche et abondant. De plus, il ne nuit en rien ii la culture du palmier et peut être planté dans son voisinage.
Ou espère que dans trois ans 200.000 arbres de cette espèce auront pu être plantés dans la colonie, et que dans quatre ou cinq ans, lorsque les plantations de caoutchouc seront com-
LE D.4HOMET
plclement mises en valeur, l’exporlallon de ce produit pourra £tre réalisée.
IIl'lLE COPBAII
C’est une huile tirée de la pulpe des noix du cocotier et dont il sera fait un commerce assez important lorsque l'exploitation régulière du coprah aura été entreprise.
Ui'DIGO
Ce produit se récolte dans tout le Dahomey, mais il a besoin d'être soigné et amélioré ; il n’a pas été jusqu'ici exporté et les indigènes seuls s’en servent d’une manière d’ailleurs très primitive pour la teinture des tissus de provenance européenne ou locale. .
Sa valeur est de 2 à 3 francs le kilogramme.
UAÏS
Le mais est cultive sur une grande échelle dans toute la colonie ; il entre pour une grande part dans l’alimentation des indigènes.
Les récoltes sont, sauf rares exceptions, toujours abondantes, lorsque les sauterelles ne dévorent pas les plantations.
On cultive le maïs blanc, le maïs jaune et le maïs rouge vif, assez rare.
Les semis se font en mars, avril et octobre. Les récoltes ont lieu en juin, juillet, décembre et janvier. Chaque tige, haute de plus de six pieds, porte deux épis fort beaux, parfois même trois ou quatre.
DkiSbcJ by V
PRODL'CnO.NS ou DAIIO:VEV
3Si
En général le maïs sc conserve mal et les insectes l’envahissent rapidement; cela tient sans doute it ce que la récolte SC fait avant complète maturité. Pour l’exportation en Europe, il est donc préférable de le laisser sécher sur pied.
La valeur courante du maïs est de 4 h 5 francs les 100 kilogrammes.
Autrefois les noirs distillaient succinctement le grain pour en tirer une cau-dc-vie de qualité inférieure, mais ils préfèrent aujourd'hui consommer les alcools européens qui s’acquièrent à bon marché.
Mais on fait aussi du vin de maïs. Après avoir laissé fermenter les épis pendant quatre jours dans l’eau, afin d’activer la sortie des germes, on jette les graines dans un mortier et l’on réduit le tout en une pâte fine. Cette pâte, fortement étendue d'eau, est soumise hune ébullition de cinqàsix heures. On laisse ensuite refroidir le liquide pendant deux jours et l'on obtient ainsi du vin de maïs, boisson piquante et rafraîchissante. Ce vin se conserve, au plus, une semaine et se transforme ensuite en vinaigre.
La culture du maïs Cuzcu parait très bien convenir au ' Dahomey et mérite d'être essayée. Cette céi-éale sert & l’alimentation du bétail et des chevaux ; la féculerie ainsi que la distillerie l’utilisent.
C’est un arbuste de 1 à 3 mètres, dont les tubercules fournissent, après une préparation spéciale, une fécule comestible qui est une des bases de la nourriture indigène.
Sa racine est allongée, tuberculeuse, féculente, è suc laiteux vénéneux. La culture de cette plante est très simple. Après avoir préparé la terre, on coupe la tige du manioc par mor-
lE DAHOMEY
ceaux de 20 centimètres environ, que l’on plante à la distance d’un pas les uns des autres.
C’est une culture qui donne à peu de frais d’excellents produits ; la jilante est d’ailleurs très résistante, et les sauterelles qui dévorent quelquefois le maïs laissent toujours le manioc intact.
Les boutures se plantent en mars et avril ; la récolte a lieu en septembre.
I.a farine de manioc coûte actuellement 0 fr. 10 le kilogramme. ' ~
Depuis quelques années la consommation du manioc est toujours croissante au détriment du maïs. En développant ce produit, il sera possible d’arriver, dans l’avenir, à l'exploiter commercialement sous forme de tapioca.