‹ Dai Nippon:Chapitre 34 sur 66 · SECTION II · texte numérisé non relu

SECTION II

AWAJI ET SHIKOKU § 1°'. — L»île d'Awaji.

L'île d'Awaji, dont la direction générale est orientée du nord-est au sud-ouest, se compose dans sa partie la plus septentrionale d'une bande assez étroite de terrain, deux lieues environ, avec une arête centrale peu élevée.

Elle s'épanouit ensuite, présentant sa plus grande largeur au sud, qui est beaucoup plus montueux et accidenté. On peut nettement y distinguer deux chaînons parallèles du système de Tawara, qui prolongent les lignes de hauteur du même système de la presqu'île de Tamato. Le chaînon septentrional forme à l'ouest le Tosaki, qui se trouve au nord du golfe de Fukura, tandis que le chaînon sud dessine la côte méridionale, formant à l'ouest le Shihosaki et à l'est l'Oishizaki.

Les cours d'eau sont naturellement sans importance.

Quant aux villes, les plus populeuses sont sur la côte orientale. Citons parmi elles Sumoto (7,300 hab.), et au fond de la baie de Fukura la petite ville de même nom (4,800 hab.).

Àwaji, par le système montagneux de sa partie méridionale, sert de trait d'union entre le Hondo et l'île de Shikoku.

§ 2. — L'île de Shikoku.

OROGRAPHIE

Au point de vue des systèmes de plissement qui ont influé sur la formation et la constitution de l'île, ou se trouve ici en présence d'un ensemble presque identique à celui dont les effets viennent d'être étudiés dans le Hondo occidental.

Système de Tawara. — La partie orientale de l'île, à peu près jusqu'au méridien des îles Oki, a été, comme la portion du Hondo qui se trouve au nord, formée surtout par les plissements du système de Tawara, dont nous avons signalé les traces dans l'île d' Awaji.

Le premier groupe montagneux dépendant de ce système est au nord admirablement défini ; il a pour limites septentrionale» la mer Intérieure, « Setouchi », et au sud il est longé par la dépression dans laquelle coule vers Test, sans dévier pour ainsi dire, le Yoshinogawa.

Qu'on jette de nouveau un coup d'œil d'ensemble sur la presqu'île de Tawara, sur le Kushidagawa, le Kinogawa, le sud d'Awajishima et le Yoshinogawa, et Ton sera frappé de la pureté de l'alignement des divers accidents géographiques que nous venons d'énumérer.

Ce massif septentrional de Shikoku débute au nord de l'embouchure du fleuve par l'Oassayama et se prolonge par l'Otakiyama, le Taisenyama (1,200 m.) et le Ghiurenjigamine. Vers le nord, les pentes de ce massif sont allongées, ravinées par des cours d'eau nombreux, mais peu importants; elles projettent dans la mer Intérieure des promontoires assez accusés. Au sud, ses pentes sont plus abruptes. L'escarpe du système est, en un mot, tournée vers le sud.

C'est surtout dans sa partie centrale, Taisenyama, Ghiurenjigamine, que la chaîne présente le plus grand caractère de continuité ; elle n'est d'ailleurs traversée par des chemins carrossables qu'à ses deux extrémités, près de la mer.

En étudiant le système orographique de la presqu'île de Yamato, nous avons signalé, parallèlement et au sud de l'alignement des hauteurs du Kinogawa, une autre chaîne moins bien déterminée et qui s'étend depuis le Kukizaki, à l'est, jusqu'à l'Hiinosaki, à l'ouest.

En face de ce dernier, dans l'île de Shikoku, se trouve le Gamotamisaki, qui est la projection extrême d'un système montagneux symétrique de celui du Taisenyama par rapport à la chaîne médiane.

Cette dernière est la plus sérieuse de l'île par l'importance et la continuité des massifs qui la composent; c'est la dorsale du pays : altitude moyenne, 1,200 mètres.

A partir de l'est, ses sommets les plus importants sont : le Nakatsumine, puis le massif de Tsurugiyama, qui dépasse 2,240 mètres, et celui de Kiôhashirayama. C'est entre ces deux massifs que la chaîne atteint sa plus grande épaisseur et son maximum d'altitude. Perdant alors un peu son caractère de continuité, s'infléchissant légèrement vers le sud, elle est ensuite jalonnée par le Kunimiyama et le Sekkosan.

Cette chaîne centrale de Shikoku est flanquée, au nord et au sud,

de chaînes subordonnées parallèles assez intéressantes. Celle du sud se termine, avons-nous dit, à Test par le Gamotamisaki.

A Test, la chaîne subordonnée nord se confond presque avec la chaîne centrale, ne produisant sur ses pentes septentrionales que des renflements qui s'alignent de l'est à l'ouest et dont les plus importants sontleShôsanjiyama, le Kurokasayama, leNakatsuyama et le Sôyasan. Dans cette partie la chaîne subordonnée nord ne présente aucune continuité dans le sens est-ouest; elle est en maints endroits coupée par les cours d'eau dont les vallées supérieures, ainsi que celles de leurs premiers affluents, sont d'ailleurs orientées de Test à l'ouest dans le couloir qui sépare plus ou moins nettement les hauteurs subordonnées des hauteurs principales.

Au delà du Yoshinogawa, à l'ouest du Sôyasan, la chaîne subordonnée se manifeste au contraire avec un caractère de continuité remarquable; elle est, en effet, limitée au nord par la vallée du Dôzangawa et dessine la côte; au sud elle est longée par la vallée supérieure du Yoshinogawa. Dans cette partie, ses sommets les plus importants sont : le Sasagamine, le Kamegamoriyama, l'Ishizuchisan (2,360 m.), qui est le plus élevé de Shikoku. Elle est franchie au col de Sasaga par un assez bon chemin.

Les hauteurs subordonnées méridionales sont nettement limitées au nord par le cours supérieur et moyen du Nakagawa, qui coule vers Test, et par celui du Monobegawa, qui en sens inverse développe son cours dans le prolongement de la même dépression.

Le point culminant de cette chaîne est au sud du col qui sépare les sources de ces deux cours d'eau, et ses sommets moins élevés s'alignent à partir de ce point vers l'est et l'ouest, en diminuant d'altitude.

Gomme un prolongement montagneux très net part de ce sommet et se dirige vers le sud, il est probable qu'un plissement, peut-être contemporain du système Fuji-Assama, a impressionné cette partie de l'Ue en produisant le renflement oriental de l'île de Shikoku.

Son axe part du Nofunosaki, au nord, et se termine, au sud, par la pointe très aiguë du Hurotomisaki.

Les couloirs naturels suivis au nord par le Yoshinogawa, au sud par le Nakagawa et le Monobegawa, sont utilisés par des routes carrossables qui mettent en relations faciles et naturelles les parties orientales et occidentales de l'île.

Système nord Biwa, est-ouest 37° sud. — On se rappelle qu'en étudiant le Hondo occidental nous avons signalé à l'ouest du mé-

ridien des îles Oki un changement notable dans la direction des chaînes de montagnes; elles s'infléchissent vers le sud et dépendent du système nord Biwa.

Dans l'île de Shikoku nous trouvons exactement la même particularité. Elle est mise en évidence ici d'une manière bien caractéristique par la direction de la presqu'île rocheuse de Sada, se prolongeant vers le nord-est par les hauteurs qui dessinent la côte et dont le point culminant est le Takanawayama.

Cet alignement prolonge exactement celui de la chaîne nord Biwa.

Violemment croisé par le système du nord du Hondo, il n'a eu qu'une influence insignifiante sur la formation des chaînes de Shikoku, et il est difficile d'en trouver ailleurs des traces certaines.

Cependant, sur la côte méridionale de l'île qui nous occupe, à l'ouest, nous signalerons comme pouvant dépendre du même système l'alignement montagneux dont le Goraishoyama, près du Yorusaki, est le sommet le plus saillant; c'est lui qui forme les hauteurs qui dominent la rive gauche du Kamiyamagawa inférieur et le Watarigawa. Enfin plus au sud on pourrait encore rattacher à ce plissement le chaînon qui s'étend entre l'embouchure du Watarigawa à Test et la pointe d'Amachi à l'ouest.

Système sud-nord 10° est. — Les hauteurs les plus importantes qui accidentent la partie occidentale de Shikoku dépendent de ce système. C'est celui du nord du Hondo, et nous avons retrouvé ses traces dans le Hondo occidental.

Un même plissement paraît avoir, en effet, formé le renflement occidental de Shikoku et séparé par une région élevée, mais un peu confuse, les parties est et ouest du Hondo occidental»

Dans Shikoku la chaîne qui résulte de ce plissement débute au nord par la pointe Osumihana, et à partir de ce point ses sommets ou massifs les plus importants sont : le Takanawayama, qui forme un groupe assez distinct contourné au sud par un chemin qui suit à l'est la vallée du Kamogawa et à l'ouest celle du Shigenobugawa.

La chaîne s'élève ensuite, s'épanouit et conserve un caractère massif et compact jusqu'à Kawasaki.

Au sud de cette localité, bien que possédant encore des sommets élevés, elle s'épanouit, perd son caractère abrupt, son altitude et son unité.

Dans sa partie centrale elle n'est traversée par aucun chemin quelque peu praticable.

C'est aux effets des plissements que nous venons d'examiner que l'île de Shikoku doit sa forme générale caractéristique. Aux extrémités, deux parties renflées, réunies par une région plus resserrée.

Page 1