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HYDROGRAPHIE. — LOCALITÉS INTÉRESSANTES

Versant de l'océan Pacifique. — Immédiatement au débouché du détroit de Naruto, qui sépare Awaji de Shikoku, commence le delta du Yoshinogawa, le cours d'eau le plus important de l'île (50 lieues); il sort du massif Ishizuchisan-Tebakoyama, qui fait partie de la chaîne subordonnée nord. Le cours du fleuve se divise naturellement en trois parties. Dans sa partie supérieure il coule vers Test dans l'étroit couloir qui se trouve entre la chaîne médiane de Shikoku et les hauteurs subordonnées septentrionales. Sa direction est presque rectiligne jusqu'au village de Hachikawa, où il change de direction vers le nord. Le point le plus important de sa vallée supérieure est Motoyama.

Le cours moyen du Yoshino est dirigé du sud au nord et s'étend de Hachikawa à Ikeda, petite localité assez florissante (3,500 hab.)

C'est dans cette partie de son cours que le fleuve franchit, entre le Kunimiyama et le Sambojiyama, la chaîne subordonnée nord.

A Ikeda, où commence son cours inférieur, le fleuve change de nouveau de direction vers l'est et longe au nord les hauteurs subordonnées, dans une vallée exactement parallèle à celle où se développe son cours supérieur. Dans cette partie nous signalerons Wakimachi (2,200 hab.), et à l'embouchure du fleuve, sur la rive droite, Tokushima (60,000 hab.), aujourd'hui chef-lieu de préfecture; jadis résidence des princes de la famille Hachizuka et capitale de la province d'Awa.

Parmi les affluents de gauche, le seul intéressant est le Dôzangawa, qui, prolongeant presque exactement le bas Yoshino, sert de limite aux hauteurs subordonnées nord. Il prend ses sources dans le Kamegamoriyama; sa vallée est parallèle à celle du Yoshino.

Les affluents de droite, quoique moins importants, ne manquent pas d'intérêt; le premier à signaler est le Matsuwogawa, qui se jette dans le fleuve un peu en aval du Dôzan. Sa vallée supérieure, dirigée de l'est à l'ouest, est formée par la dépression qui sépare la chaîne médiane des hauteurs subordonnées nord ; elle est exactement sur le prolongement de la vallée supérieure du Yoshino.

Plus en aval, un peu au-dessous de Wakimachi, se jette l'Anafukigawa; dans sa vallée supérieure il utilise la même dépression que le cours d'eau précédent. Il coule à peu près vers l'est jusqu'à

Mitsuki, franchit les hauteurs subordonnées et gagne le fleuve après avoir contourné le Kôtsusan.

Enfin, dans l'estuaire même du Yoshino se jette l'Akuigawa. Sa haute vallée est formée par la même dépression que celle des affluents qui précèdent; de telle façon que les vallées supérieures de ces trois cours d'eau sont sensiblement alignées sur celle du Yoshinogawa supérieur. D'ailleurs aucune ville importante à signaler. Bien que l'intérieur du pays soit assez peuplé, les agglomérations importantes ne se sont formées que près de la côte.

Au sud de Tokushima signalons, à l'embouchure du Tsudagawa, la petite ville de même nom (5,000 hab.), à proximité d'une assez bonne rade, et dans la même dépression de la côte, mais plus au sud, la petite ville et le port de Komatsushima.

Plus bas débouche à un saillant le Nakagawa. C'est un petit fleuve qui vient de l'ouest; il coule dans la dépression qui sépare la chaîne centrale des hauteurs subordonnées sud et prend sa source dans le Tsurugiyama. Il se dirige d'abord vers le sud, passe àKitakawa, change à ce point de direction vers l'est et la conserve d'une façon générale jusqu'à son embouchure, près de laquelle se trouve la petite ville de Tomioka, réunie au nord à Tokushima par une voie carrossable.

Le Nakagawa est remonté par un bon chemin qui franchit au col de Beppu le chaînon nord-sud, lequel sépare son bassin de celui du Monobegawa et projette au sud la pointe de Murotomisaki.

Au sud de l'embouchure du Nakagawa la côte présente un rentrant bien abrité, où s'est développée la petite ville de Tachibana, dont le port, assez sur, est très fréquenté. Le Gamôtamisaki termine cette partie de la côte, dont la direction générale est nord-sud.

De ce point elle se développe vers le sud-ouest, formant une large courbe concave régulière qui s'étend jusqu'au cap Muroto. Dans sa partie septentrionale elle est basse et sablonneuse; Hiwasa (2,000 hab.) en est la localité la plus importante. Au sud de l'embouchure du Kaibugawa elle devient rocheuse, un peu plus accidentée, et présente quelques bons petits abris, comme Shisikui et Konoura.

Depuis Hiwasa, un chemin carrossable suit à peu près exactement le rivage.

A l'ouest du Murotomisaki la côte remonte brusquement et directement vers le nord-ouest. Ses accidents les plus remarquables dans cette partie sont : le Ilanesaki, l'embouchure du Nabarigawa, qui prend ses sources dans la chaîne subordonnée sud,

puis plus au nord la petite ville d'Aki (5,000 hab.), à l'embouchure de Tlwokigawa.

La côte se dirige ensuite vers l'ouest jusqu'au Manobegawa. Ce petit fleuve, déjà signalé, sort de la chaîne médiane ; il vient de l'est, et sa vallée communique par le col de Beppu avec celle du Nakagawa.

Sur son cours signalons Okanouchi, puis, un peu en aval du point où le fleuve s'infléchit vers le sud pour gagner la mer, la petite ville de Yamadanochi (2,500 hab.).

A l'ouest de l'embouchure, la côte s'infléchit un peu vers le sud, et à trois lieues environ s'ouvre le petit golfe d'Urato, sur les bords duquel, au nord-ouest, se trouve la ville populeuse de Kochi (40,000 hab.), ancienne résidence du daimio de Tosa, aujourd'hui chef-lieu de la préfecture de même nom, siège d'une garnison. Kochi est célèbre par ses papeteries. Le golfe d'Urato est mis en communication par un canal avec le Manobegawa à Yamadanochi. La côte s'incline vers le sud-ouest et prend une direction générale à peu près parallèle à celle du plissement nord Biwa.

Le Kagamigawa (26 lieues), dont on trouve ensuite l'embouehure, vient de l'ouest; il sort des montagnes du système sud-nord 10° est et prend naissance dans le cirque de Kuma. La ville la plus populeuse de son parcours est Takaoka (6,000 hab.), à deux lieues environ en amont de son embouchure.

Takaoka est un nœud de routes assez importantes allant, d'une part, vers Test sur Kochi, Tokushima, et au sud -ouest vers les villes de la côte. A l'ouest, partant du même point, un bon chemin remonte la vallée du Kagamigawa ; mais comme ce fleuve coule s ouvent dans des régions sauvages et escarpées, la route est obligée de s'en écarter tantôt vers le sud tantôt vers le nord pour chercher latéralement des passages plus faciles. C'est ainsi qu'avant d'atteindre Kuma elle passe au nord par le col de Mochii, puis au delà de cette ville franchit la chaîne nord-sud et aboutit dans la vallée du Shigenobugawa.

Le petit bassin du Kagami est particulièrement tourmenté et montagneux; sa population, assez clairsemée, s'est concentrée dans la plaine d'alluvion qui entoure Takaoka.

Plus à l'ouest, signalons, au fond d'une échancrure de la côte, la petite ville et le port de Susaki (4,000 hab.).

La côte, qui se dirige ensuite vers le sud, conserve cette direction jusqu'au Yozusaki et reprend ensuite son orientation précédente en prenant un caractère particulièrement montueux et accidenté.

286 LE JAPOiN

Le Watarigawa, dont on trouve plus loin l'embouchure, qui forme un bon petit port, est par la longueur de son cours le second des fleuves de Shikoku; mais sa valeur comme voie commerciale est à peu près nulle ; il n'est utilisable que pour le flottage. Son cours est particulièrement irrégulier, et sa vallée remarquablement tortueuse et tourmentée. Le fleuve prend sa source au point de croisement de la chaîne médiane et de la chaîne occidentale nordsud de Shikoku.

Abstraction faite de ses sinuosités, d'ailleurs importantes, il coule d'une façon générale du nord au sud, ses sources et son embouchure étant sensiblement sur le même méridien. Sa vallée se trouve dans la partie la plus montagneuse de l'île et ne présente par conséquent que des centres de population peu importants. Signalons cependant les points de Kamiyama et de Kawasaki, qui se trouvent aux coudes les plus caractéristiques du fleuve, et Nakamura (2,500 hab.) sur son cours inférieur.

Gomme affluents, le Watarigawa reçoit à droite, à Kawasaki, le Yoshinogawa, qui vient du versant occidental de la chaîne nordsud, qu'il franchit par une passe étroite en amont de Kawasaki. A gauche, le fleuve reçoit le Kobugawa, qui se jette dans le Watari à Kamiyama. La vallée supérieure de cette rivière est dirigée du nord au sud, et sa vallée inférieure jusqu'à Kamiyama est suivie par le chemin du Susaki-Takaoka, qui se prolonge vers l'ouest, et atteint Yoshida sur la côte occidentale.

Au sud de l'embouchure du Watari signalons le Nunomisaki et enfin le Sattazaki, qui est le cap le plus méridional de Shikoku.

A l'ouest de ce point, la côte prend une direction générale d'abord nord-ouest, puis nord. Elle est remarquable jusqu'au Sadanomisaki par le nombre et la profondeur des anfractuosités qui la déchirent et par le nombre des îles et des rochers qui accidentent ces parages. Les petits ports sont naturellement nombreux et assez bons.

Toute la partie méridionale de Shikoku comprise entre le Murotomisaki et le Sattazaki, la chaîne médiane est-ouest et les chaînons aboutissant aux caps précédents, formait la province de Tosa, dont le puissant daimio fut l'un des premiers à prêter son concours à l'empereur pour le renversement du shogun. Les habitants de cette province, et d'une façon générale tous ceux de l'île, ont un caractère particulièrement rude, honnête et indépendant, avec des idées libérales très prononcées. On se rappelle qu'Itadaki, dont le programme politique eut tant de retentissement en 1877, est originaire de cette province.

Bien que très découpée, la partie de Shikoku qui fait face à Kiushiu ne présente aucun port véritablement digne de ce nom. C'est une côte extrêmement dangereuse, dont les villes les plus importantes sont, à partir du sud, Uwajima (12,200 hab.) et Yoshida (5,000 hab.). Une assez bonne route met, au sud et au nord, ces localités en communication avec les autres parties de l'île.

Versant de la mer Intérieure. — Là côte, à l'ouest du détroit de Naruto, est très irrégulière ; elle présente de petits ports côtiers nombreux et bien abrités; la population, très dense, s'est portée sur le littoral. Parmi les localités les plus populeuses nous signalerons Hikita (4,300 hab.), Tsuda (5,000 hab.) ; entre les caps Okushi et Kannon, le port et le village de Shido (5,600 hab.), puis la ville importante de Takamatsu (33,000 hab.), autrefois capitale et résidence des princes de la province de Sanuki. La ville est située à l'embouchure du Kotogawa , cours d'eau aussi insignifiant que tous ceux de la région qui prennent naissance dans la chaîne Shikoku nord.

On trouve plus loin le Nofusaki, puis l'embouchure du Dokigawa, sur la rive gauche de laquelle se trouve la ville de Marugame (14,000 hab.).

Plus bas, la côte projette vers le nord-ouest la pointe de Misaki et se dirige ensuite vers le sud jusqu'à Kawanoe (6,000 hab.), où aboutit la route qui remonte le Yoshinogawa.

A partir de l'embouchure du Kamogawa, dans le bassin supérieur duquel nous- signalerons Komatsu et Saijo, la ville d'Imabaru (12,000 hab.) est la seule localité digne de mention jusqu'au cap Osumi.

Au delà, à l'ouest de ce cap, la côte prend une direction générale sud-ouest qu'elle garde jusqu'à la pointe du Sadanomisaki.

Le Shigenobugawa sort du Takanawayama et ouvre par un de ses affluents un col par lequel passe le chemin de Saijo.

Sur un petit affluent de droite se trouve Matsuyama (25,000 hab.)* ancienne capitale de la province d'Iyo, aujourd'hui chef-lieu de la préfecture d'Ehime, occupée par une garnison.

A l'ouest du Shigenobu, la côte prend un caractère d'uniformité qu'on ne trouve nulle part ailleurs dans Shikoku ; elle fait cependant une saillie au point où se jette l'Hijikawa.

Ce petit fleuve vient de l'est et sort de la chaîne occidentale nord-sud de Shikoku ; il passe au pied du Kannayama et reçoit à droite son principal affluent, le Nakagawa, lequel vient du nord.

Il arrose ensuite la petite localité d'Osu (4,000 hab.) , qui est la plus importante de son bassin.

Au sud de l'embouchure de l'Hijikawa, rien à signaler : l'Ile m termine par la presqu'île de Sada, qui se termine par le cap de même nom. C'est une étroite langue de terre, qui par endroits n'a que quelques centaines de mètres de large.

D'après ce qui précède, on voit donc que l'île de Shikoku est très montueuse , montagneuse même, mais qu'elle est ouverte dans le sens est-ouest par des tranchées naturelles dans lesquelles coulent des rivières et passent des routes.

L'épanouissement occidental forme cependant un épais massif orienté du nord au sud et qu'il n'est possible de franchir aisément qu'à ses deux extrémités. Par conséquent, dans son ensemble l'île s'oppose mieux que le Hondo occidental à une invasion venant de l'ouest. Il est donc probable qu'après s'être emparés de Kiushiu les conquérants passèrent dans le Hondo sans toucher h l'île de Shikoku, dont les habitants, de race assez homogène, ont conservé un caractère nettement différent de celui des populations de Kiushiu et du Hondo, qui sont fortement mélangées.

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