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DURÉE DE LA VÉGÉTATION

De toutes les richesses naturelles du Japon, la flore est la plus connue ; ce fait s'explique aisément, parce que les Japonais ont toujours eu un goût naturel très prononcé pour l'étude des plantes, goût qui a été développé encore par l'adoption des médicaments chinois, qui sont presque tous extraits du règne végétal.

D'autre part, parmi les étrangers venus au Japon soit avec les Hollandais, soit depuis l'ouverture du pays, il s'en trouvait beaucoup dont les connaissances botaniques étaient fort étendues et qui firent faire à cette partie de l'étude des productions japonaises des progrès considérables. Citons parmi ces savants : Kaempfer, Thunberg, de Siebold, Burger, Maximowicz, et, plus récemment, Savatier, Vidal, Dickens, Wright, Hodgson, Kramer et Rein.

La durée de la saison froide limite à cinq mois dans le Hokkaido (ile d'Ezo), à sept mois environ dans le centre et le sud de l'empire, la période de croissance des essences ligneuses, de telle sorte qu'ici comme ailleurs en Occident, les anneaux concentriques indiquant l'accroissement annuel sont nettement marqués dans toutes les essences, sauf dans quelques espèces particulières fort dures cantonnées dans les parties méridionales, comme le buis et le chêne vert.

On se plaît à donner comme caractéristique du Japon, au point de vue de sa flore, ce fait que côte à côte y croissent les essences les plus diverses, le bambou, le palmier, le laurier, le chêne, le pin du nord, et que dans des forêts où se trouvent des arbres de nos climats on rencontre d une part le singe, d'autre part l'ours.

Ce fait intéressant est vrai dans une certaine limite ; mais nous ferons remarquer seulement que c'est grâce à la culture qu'on

trouve dans les plaines de Tokyo le bambou, dont le développement est très limité, le palmier, les cycadées, qu'on est obligé pendant l'hiver de protéger avec de la paille et qui d'ailleurs ne donnent jamais de fruits dans le centre, et très rarement à Kiushiu même. Pour la canne à sucre, importée assez récemment et cultivée dans les provinces méridionales, son existence y est assez précaire, puisque plantée en mars seulement, on doit la couper en septembre, ce qui fait six mois à peine de croissance avant la récolte.

A la fin de septembre, quand les champs de riz perdent leur verte couleur, les forêts des montagnes commencent à se nuancer, et le spectacle qu'elles offrent en automne surpasse par la beauté, la variété, le contraste des nuances, celui si renommé des forêts de l'Amérique du Nord.

Vers la fin d'octobre, les essences à feuilles caduques sont à peu près dénudées, sauf quelques espèces : ce sont les arbrisseaux et arbres toujours verts, qui ont formé leurs bourgeons au commencement de l'automne, qui pour fleurir n'ont pas besoin d'une température élevée, et auxquels suffit un peu de soleil pendant la journée. Leur floraison commence avec les mois d'hiver. Parmi ces essences citons quelques araliacées, qui fleurissent en novembre ; l'arbuste à thé et le camélia Sasanka, en novembre et décembre ; quelques espèces de daphnées, en janvier et février, et, par-dessus tout, le camélia japonais, qui parfois présente cet étrange spectacle de porter à la fois des fleurs et de la neige et dont la floraison dure jusqu'en avril.

Au commencement de ce mois la végétation est encore partout fort en retard; cependant, dès le milieu de février, le prunier s'est couvert dans les jardins et les temples de fleurs blanches ou roses. Quelques rares essences, comme le magnolia, suivent cet exemple en février et en mars.

Les céréales les plus communes, telles que l'orge et le froment, le colza, qui sont semées fin octobre, donnent en novembre et décembre de vigoureuses pousses et couvrent les champs de verdure ; elles éprouvent un temps d'arrêt vers le milieu de décembre et repartent au printemps. La récolte se fait au commencement de juin, et pour le blé deux semaines plus tard.

Comme sur le continent, l'été succède rapidement à l'hiver, et rapidement les forêts redeviennent vertes.

Dans l'île d'Amakusa et dans les contrées voisines de Kiushiu, la plupart des essences feuillues sont de nouveau couvertes de feuilles

dans la deuxième moitié d'avril; seul le Mimosa arborea (Albizzia julibrissin) conserve son aspect hivernal, et un mois plus tard on le trouve encore, dans le haut pays de Shikoku, tout à fait dépourvu de feuilles; de ce long sommeil peut-être lui vient son nom japonais « nemu », le dormeur.

Au commencement de mai, quand les champs se couvrent de leurs fruits, c'est l'été qui vient déjà, et alors commence, sous une puissante action solaire, avec des pluies abondantes, un développement extraordinaire de la végétation, qui rappelle les tropiques et qu'on ne trouve pas sur les rives de la Méditerranée.

C'est à ces pluies chaudes et fécondantes que le Japon doit sa luxuriante végétation et la possibilité de faire deux récoltes par an dans les mêmes champs.

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