‹ Dai Nippon:Chapitre 6 sur 66 · FLORE · texte numérisé non relu

FLORE

Au point de vue spécial de la végétation, ce qui frappe le plus vivement au Japon c'est, d'une façon générale et abstraction faite de toute idée scientifique, dune part l'abondance, la richesse de la végétation, de l'autre sa variété.

Du sud au nord, de Test à l'ouest, le pays, extrêmement mouvementé, montagneux môme, est absolument couvert de verdure. Les essences les plus diverses se coudoient dans ses nombreuses forêts.

Au printemps, c'est une débauche d'arbustes aux fleurs éclatantes, d'arbres aux feuilles nuancées qui sèment de notes brillantes et gaies les pentes des montagnes, généralement assombries par la verdure sévère des conifères.

En été, grâce aux pluies chaudes et abondantes, les essences herbacées et les arbustes, bien que perdant de leur éclat, sont en plein développement.

Pendant l'automne et l'hiver, chose étrange, on assiste, pour ainsi dire, à un nouveau printemps, car la température est très douce, et tandis que les essences toujours vertes restent immuables dans leurs vêtements sombres, les autres perdent peu à peu leurs feuilles, et celles-ci, avant de tomber, passent le plus souvent par des teintes à la fois assez variées et assez vives pour donner l'illusion d'une nouvelle floraison.

Si, après avoir subi l'influence fort douce que porte en elle une nature toujours riante, on veut échapper à cette impression et analyser la composition de la flore japonaise, on arrive aussi rapidement à voir qu'à ce point de vue le Japon se divise en plusieurs zones distinctes les unes des autres par leur caractère général et l'ensemble des essences qui y croissent; elles s'échelonnent de la

mer aux sommets les plus élevés, suivant une gradation constante.

Il est bien évident que ces zones ne sont pas limitées mathématiquement et que sur leurs frontières les plantes des unes et des autres se mélangent; mais, abstraction faite de ces irrégularités de détail, ces régions sont bien distinctes.

C'est en prenant cette observation comme point de départ que M. Rein a décrit avec une grande clarté la flore du Japon. Nous le prendrons pour guide, le citant quelquefois textuellement dans les quelques notes qui suivent, et qui n'ont d'ailleurs aucune prétention savante.

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