‹ Dai Nippon:Chapitre 9 sur 66 · VI. — hautes montagnes · texte numérisé non relu

VI. — hautes montagnes

I. Dunes. — La flore, influencée par le sable et le sel, manque de richesse; elle varie suivant les localités, mais présente quelques particularités remarquables. Beaucoup de plantes y ont le caractère de celles des pays de sable, à racines pivotantes, profondes et à tige peu développée; mais un plus grand nombre s'étendent sur le sol, tandis que d'autres, par leurs feuilles charnues, peuvent être rattachées aux plantes grasses. Les noms japonais de ces plantes des dunes sont presque toujours composés du mot hama, côte, et du nom d'autres plantes qu'elles rappellent plus ou moins ; par exemple :

Hama-nashi, poire de côte (Rosa rugosa); Hama-matsu, pin de

côte (Juniperus littoralis); Hama-endo, pois de côte (Latyrus maritimus); Hama-hirugao, liseron de côte (Calystegia soldanelloides) ; Hama-ninjin, carotte de côte (Silinum japonicum); Hama-mugi, orge de côte (Carex macrocephale).

Sur la côte nord, les rosiers et les genévriers sont particulièrement répandus; chez les premiers, aux grosses fleurs rouges succèdent des fruits ronds ou en forme de poire , que les indigènes mangent volontiers.

Le genévrier a une apparence singulière, particulièrement en hiver, avec ses aiguilles d'un vert sombre et ses baies bleu clair, en opposition avec la couleur terne du sable et des autres plantes dépourvues de feuilles.

Là où Ton veut fixer les dunes, on plante utilement le pin noir, Kuromatsu (Pinus massoniana), dont l'utilité est beaucoup plus grande dans ce cas que celle du pin rouge, Akamatsu (Pinus densiflora), qui peut à peine se développer dans les terrains sablonneux et infertiles.

H. Flore des marais et étangs. — Le Japon n'a ni landes ni marécages proprement dits. Par conséquent manquent d'une part les plantes de nos marais, et d'autre part celles qu'on y trouve à l'état d'exception sont cantonnées sur certains sommets de montagnes.

Une végétation particulière se développe dans les rivières marécageuses et dans les eaux stagnantes. Parmi les plantes qui caractérisent cette flore citons le Callitriche verna, l'Azolla primata, qui, comme son proche parent le Salvinia vulgaris, couvre parfois de vastes étendues après la moisson.

Dans les étangs qu'on trouve à différents niveaux, servant de réservoirs, les plantes les plus communes sont du genre Potamogeton ; plus rarement et surtout dans le nord du pays on trouve le Nuphar japonicum, pendant que certaines nymphéacées se rencontrent seulement en des points particuliers et que d'autres, comme le magnifique lotus, Nasu (Nelumbo nucifera), introduites probablement dans le pays avec le boudhisme, ne doivent leur existence qu'à la culture. Les renoncules amphibies sont peu nombreuses.

III. Flore des régions collinaires. — Les terrains collinaires de 100 à 300 mètres d'altitude, coupés d'étroites vallées cultivées, sont très communs au Japon. La composition de leur sol efct extrêmement variable suivant les régions. Il est surtout argileux et

sablonneux dans les provinces de Kadzusa, Mino, Mikawa, Owari et Omi ; d'autrefois composé de granits décomposés recouverts de cailloux siliceux apportés par les eaux, comme dans la plaine d'Owari. Ailleurs encore on le trouve constitué de roches tertiaires récentes, comme dans les plaines de Tokyo et de Sendai. Ailleurs enfin et très fréquemment, les collines sont composées de roches schisteuses.

La caractéristique de ces collines, abstraction faite de leur nature géologique, c'est que par endroits elles sont recouvertes de forêts peu épaisses de pins rouges ou de broussailles, tandis qu'ailleurs elles sont complètement privées d'arbres. C'est au peu de fertilité du sol qu'on doit la nature rabougrie des pins (noirs ou rouges) et d'autres arbres, ainsi que la prédominance des fougères.

Les arbrisseaux toujours verts, comme certains genévriers, certains gardénias et d'autres encore, y sont, dans le Japon central, intimement mélangés avec les arbrisseaux à feuilles caduques, les azalées, les deutzia, les rosiers , avec des graminées et d'autres espèces herbacées aimant la sécheresse. Quand, au commencement de l'été, ces essences en fleurs se massent gracieuses et pittoresques à l'ombre des pins, le spectacle est charmant.

En avril déjà, dans la province de Satzuma, les collines stériles les plus basses sont couvertes d'un mélange d'azalées et de rhododendrons aux fleurs rouges, de deutzia et d'anémones aux fleurs blanches, et d'autres plantes aussi ravissantes, qui paraissent être non pas un produit naturel, mais celui d'une culture raffinée.

IV. Flore du Hara. — On donne le nom de Hara aux plaines plus ou moins étendues non cultivées qui s'étagent à des altitudes variant de 100 à 2,500 mètres. Elles ne ressemblent en rien à nos prairies, mais se distinguent par une flore toute particulière, se rattachant par bien des points à nos pâturages de montagne. Au pied des grands volcans, comme l'Assamayama, le Fujisan, le Ganjiusan, il s'en trouve d'immenses, non utilisés, et qui pourraient rendre des services incomparables pour l'élève des chevaux et des bestiaux. C'est dans les Hara et dans les forêts de montagne qui les entourent d'habitude que se trouve le mélange, la réunion la plus complète de toutes les espèces herbacées dont le Japon est si largement pourvu.

Ce qui distingue d'abord le Hara de nos prairies , c'est qu'il ne présente nulle part un « tapis de verdure » qui ne pourrait trouver sa place au milieu de ce mélange intime d'herbes, d'arbrisseaux et

de fougères. Le Hara de montagne est avant tout un grand « champ de fleurs », hana batake, dans lequel se rencontrent beaucoup des espèces qu'on trouve dans nos montagnes à côté de beaucoup d'autres qui sont indigènes.

Les plus communes des variétés de nos espèces d'Europe appartiennent aux différentes violettes, aux crucifères, aux labiées, aux composées et aux campanules ; parmi les monocotylédones, aux graminées et orchidées ; parmi les acotylédones, aux fougères.

On rencontre dans le Hara presque toutes les renoncules et les œillets de nos prairies, beaucoup de nos papillonacées, mais il manque toute une collection des composées les plus connues ainsi que les serpolets et les bruyères.

Parmi les plantes caractéristiques indigènes, citons différentes espèces de Hagi (Lespedeza), qui sont de véritables arbustes ; puis beaucoup de lis admirables, des iris splendides, et enfin des azalées, des deutzia, des rosiers (Rosa multiflora).

Il va de soi que le caractère général du Hara que nous venons de donner ici change suivant son altitude et sa position géographique.

Ainsi, dans la partie nord du Hondo et dans les montagnes neigeuses du Tateyama, on trouve fréquemment dans les Hara, des buissons de Kashiwa (Quercus dentata) qui ne dépassent jamais trois mètres de haut; dans ceux qui sont au pied du Ganjinsan on trouve une grande quantité de muguets (Convallaria majalis), qu'on ne rencontre habituellement que dans les forêts d'Ezo.

A Ezo, dans les plaines de Tlshikari et des autres rivières se trouvent de grandes étendues boisées ; les principales espèces y sont le frêne, le saule, l'aune. Dans les parties plus sèches on rencontre l'orme, l'érable, le châtaignier, le noyer, le chêne; ce sont ces dernières encore qui forment les forêts de l'intérieur de l'île.

V. Les forêts. — 1° Forêts de bois feuillus (Asagi, Forêt Claire). — Les différences qui existent entre les forêts japonaises et celles de l'Europe à même latitude sont radicales.

Les premières se distinguent par l'abondance, la variété des arbres et par un développement remarquable des arbustes, des lianes et des espèces herbacées qui garnissent le sol avec une profusion qui rappelle plutôt les forêts vierges des tropiques que celles, beaucoup moins riches, de la zone tempérée.

Cette magnificence de la végétation est surtout remarquable dans les forêts dont les altitudes varient de 600 à 1,600 mètres.

Nommer les espèces qu'on trouve dans les forêts, c'est citer au moins la moitié de la flore. Dans les hautes montagnes, et particulièrement dans le nord on ne trouve que peu d'arbustes à feuillage persistant, pas d'arbres.

Les essences feuillues les plus caractérisques des forêts sont les chênes, hêtres, érables, bouleaux, châtaigniers, magnolias, noyers, ormeaux, différentes rosacées et, aux endroits les plus humides, des frênes et des ormes.

Parmi les essences grimpantes, le Tsuru demari (Schizophrama hydrangeoides), le Tsuta ufushi (Rhus radicans), dépassent toutes les autres en force et en hauteur. Elles se fixent aux chênes, aux érables, aux roches escarpées, leur donnant dès le commencement de Vêlé, par leurs feuilles rouges, le brillant coloris que les arbres prennent au moment de la chute des feuilles.

Quelques espèces dont les parentes n'ont en Europe aucune disposition à grimper, montrent ici de curieuses tendances à l'enroulement. Cette particularité se montre avec beaucoup de netteté dans diverses magnoliacées et ternstrœmiacées, spécialement dans les Schizandra et Kadzura pour les premières, dans les Actinidia et les Stuartia pour les secondes. Le fait est saillant pour le Tsuta noki, dans l'épaisse tige duquel l'œil ne peut distinguer la trace des anneaux annuels. La plante s'élève de plusieurs mètres librement, puis s'attache à un arbre voisin, sur lequel elle s'enroule le plus souvent de gauche à droite, en s'élevant aussi haut que lui. De là elle passe souvent à un autre, poussant parfois des branches libres.

Les magnoliacées grimpantes agissent d'une manière tout à fait analogue, s'enroulant cependant le plus souvent de droite à gauche. Quand l'arbre auquel elles s'appuient est trop petit, elles retombent à terre ; aussi est-ce au milieu des grands arbres qu'on les voit dans tout leur développement. Le Kadzura Japonica a mérité le nom de « kurogane modoshi », le grimpeur de fer, non seulement à cause de la couleur de son feuillage, mais aussi et surtout pour la vigueur de son enlacement, pour sa force et son élasticité.

La plus connue des lianes des forêts japonaises est le Fuji, ou glycine (Wisteria Chinensis), et les Okebia.

Dans l'épaisseur des forêts, la Wisteria grimpe de 20 à 30 mètres autour des arbres, et si elle n'a pas d'appui, elle s'élève pour son compte. Les Okebia, au contraire, ne s'attachent qu'aux arbrisseaux, et le plus souvent sur la lisière des forêts, où l'on peut

remarquer de l'extérieur les charmantes fleurs violettes du Kudzu (Pueraria Thunbergiana).

Les lianes que nous venons de nommer se retrouvent aussi dans les forêts du sud, dont les chênes à feuilles de laurier, les camphriers, les ternstrœmiacées, les camélias, les ilicinées, forment les éléments importants. Parfois, sur de vastes étendues, les forêts ne se composent que de quelques espèces de chênes (Quercus cuspidata, Q. glabra, Q. acuta, Q. glauca), avec le Ternstrœnia Japonica, l'Eurya Japonica, et d'autres essences toujours vertes formant les sous-bois.

Citons encore quelques espèces qu'on remarque dans les forêts pendant l'été : entre 1,300 et 1,400 mètres dans les montagnes du Japon central, le Saru suberi, « qui fait glisser les singes » (Lagœrstremia Indica), d'aspect sévère, aux magnifiques fleurs écarlates qui le font rechercher comme plante d'ornement; puis le Sanshio (Xanthoxylum piperitum), armé de redoutables épines.

Entre 600 et 1,000 mètres on trouve, toujours dans les endroits ensoleillés, le châtaignier comestible. C'est lui qui, de Riu-Kiu à Saghalien, porte le gui (Viscum album), qu'on rencontre aussi, mais plus rarement, sur le poirier, le frêne, le hêtre, le noyer, l'aune et même le chêne.

L'apparence déjà si variée de la Forêt Claire (Asagi) est encore diversifiée par des conifères qui, bien que très visibles, mais dispersés, n'en changent pas beaucoup le caractère général. Dans les forêts non exploitées, — et elles sont nombreuses, — tandis que les arbres à feuilles caduques morts sont vite jetés à terre par les vents ou la tempête et bientôt désagrégés et couverts de mousses, les conifères desséchés restent debout pendant longtemps encore, couverts de lichens ou de plantes grimpantes.

2° Forêt de conifères [Kurogi, Forêt Noire). — Comme les forêts d'arbres feuillus, Asagi, les forêts de conifères, Kurogi, s'étagent à diverses hauteurs, du bord de la mer aux grandes altitudes. • Elles se distinguent des précédentes par ce fait que, dans une Forêt Noire, il y a rarement plus de quatre espèces d'arbres.

Première région. — Les pins rouges et les pins noirs sont les conifères les plus répandus et forment, soit isolément soit mélangés entre eux, les forêts de conifères des régions basses, des dunes de sables et des collines infertiles. C'est sur des forêts de ce genre que tombe d'abord le regard de l'arrivant; aussi n'est-il pas surprenant que l'idée se soit généralement répandue que ce sont les forêts de pins qui dominent au Japon. Cependant celles qui ont une

certaine étendue ne se trouvent que très exceptionnellement à des hauteurs supérieures à 1,500 mètres.

Deuxième région. — C'est de 500 à 1,000 mètres que se trouvent les plus beaux conifères japonais, dont le bois est utilisé pour les travaux les plus divers. Ce sont : le Sugi (Cryptomeria Japonica), le Hinoki (Chamœcyparis obtusa), le Sawara (Chamœcyparis pisifera) et le Hiba (Thujopsis dolabrata).

Naturellement, le Cryptomeria n'atteindrait qu'exceptionnellement le 36° de latitude; mais grâce à la culture on le trouve beaucoup plus au nord, et jusque dans Ezo. C'est l'orgueil des temples, l'ornement des avenues japonaises, dont la plus célèbre, qui a plus de huit lieues d'étendue, aboutit aux sanctuaires de Nikko.

Les plus belles forêts de cyprès sont dans les provinces de Shinano et de Hida, mais malheureusement bien éclaircies par la main de l'homme. Le bois de ces arbres, et particulièrement du Hinoki (arbre du soleil), est, à cause de sa belle couleur blancpaille et de ses fines nervures, particulièrement recherché pour la construction des temples et pour la fabrication des objets destinés à être laqués. Citons encore le Koya maki (Sciadopytis verticillata),qui atteint jusqu'à 25 mètres de hauteur.

L'Araragi (Taxus cuspidata), recherché pour son bois rouge finement veiné, se trouve surtout en Hida. On trouve aussi un peu partout son proche parent l'Inugaya (Cephalotaxus drupeacea) et le Kaya (Toreya nucifera).

Troisième région. — Une troisième région de conifères s'étend de 1,500 à 2,400 mètres; elle est peuplée de sapins et de mélèzes. Le plus connu d'entre eux, le Momi (Abies firma), se trouve habituellement à une altitude un peu moindre, avec le Sugi et le Hinoki. Les régions comprises entre 1,000 et 1,500 mètres sont, à vrai dire, la patrie de ces trois espèces.

Plus communément encore que les précédents, on trouve ici un proche parent du sapin shirling de l'Amérique du Nord, le Tsuga (Abies tsuga). Toutes les autres espèces, sans excepter même le mélèze, Karamatsu (Larix leptolepis), se trouvent à des hauteurs qui dépassent 1,500 mètres.

Dans les montagnes de Nikko, et particulièrement dans le Nantaisan, la Forêt Claire s'élève environ jusqu'à 1,900 mètres d'altitude; la Forêt Noire la continue et se prolonge jusqu'au sommet.

Au Fujisan, la première commence à 1,500 mètres, avec le Larix leptolepis, l'Abies firma, l'Abies meuziesi , qui sont remplacés vers 2,000 mètres par l'Abies bicolor (tôhi) l'Abies VeitchiL

A l'Assamayama ces essences se mélangent, vers 2,200 mètres, avec l'Abies canadensis.

La composition de la Forêt Noire de l'Ontake est particulièrement inte'ressante. Gomme au Fujisan, elle commence là où finit le Hara, vers 1,550 mètres d'altitude, et va jusqu'à 2,000 mètres environ. La forêt présente un mélange de Tsuga, de Hinoki, de Karamatsu et de Tôhi. Gomme dans beaucoup de forêts japonaises, le sous-bois esta peu près exclusivement formé du bambou nain (Arundinaria Japonica), d'un pied et demi à deux pieds de hauteur.

Au-dessus de 2,000 mètres disparaissent d'abord les Hinoki et les Karamatsu, puis le Tsuga et enfin le Tôhi. Il résulte des observations de Maximowicz et de Veitch au Fujisan que là c'est le Tôhi, Abies bicolor (Max.), et l'Abies Veitchii qui disparaissent les derniers.

Quatrième région. — La quatrième région des conifères est celle des arbres rabougris, surtout du Gojono matsu, pin à cinq feuilles (Pinus parviflora S. et Z.), dont nous aurons occasion de parler plus loin en énumérant les plantes de la région alpine.

VI . Flore des hautes montagnes. — Il faut classer ici toutes les plantes qui sont au-dessus de la limite des forêts, sans se préoccuper de savoir si on les trouve ou non à de plus faibles altitudes. Cette région peut être considérée comme commençant à 2,000 mètres environ.

Observons d'abord que la première condition d'existence et de développement de ces plantes est une exposition favorable, qui fait que parfois on les trouve à moins de 1,400 mètres, comme dans le Komagatake d'Hakone, tandis qu'ailleurs, à une altitude de 2,000 mètres, les montagnes sont encore couvertes de superbes forêts. Ces grandes différences sont dues surtout aux vents, dont la violence empêche parfois le développement des arbres à des hauteurs même peu considérables.

Au sujet des noms japonais des plantes de la région alpine T signalons les usages suivants :

Le plus souvent le nom proprement dit est précédé du mot yama (montagne), qui non seulement sert à désigner le lieu de croissance habituel de la plante, mais souvent aussi à différencier l'espècesauvage de l'espèce cultivée. Ainsi Budo désigne la vigne cultivée, Yama-budo la vigne sauvage (Vitis labrusca); Urushi est l'arbre à laque, Yama-urushi le Rhus sylvestris. Cependant beaucoup de

noms précédés du mot yama désignent l'habitat, qui souvent est aussi indiqué par le mot iwa, rocher. Par exemple, Rindo. gentiane; Iwa-rindo (Gentiana triflora); Kikyo, campanule Piatycodun); Iwa-kikyo, Campanula lasiocarpa.

Sans entrer dans les détails d'une nomenclature qui sortirait du cadre de ce travail, on peut dire, en somme, que la flore des hauts sommets japonais se compose d'un mélange de plantes alpines et de plantes septentrionales. C'est une flore qui, sans aucun doute, a son origine dans la Sibérie orientale et dans le Kamtshatka et qui s'est répandue vers le sud poussée par les vents du nord. Cette migration se montre clairement surtout sur les volcans dont laclivité n'a pas cessé depuis longtemps. On y voit nettement comment les graines sont poussées vers les sommets par le vent soufflant des vallées, jusqu'à ce qu'elles en atteignent la cime.

Résumons maintenant ce que nous avons dit sur la répartition verticale des essences résineuses.

On peut, à ce point de vue, diviser le Japon en cinq régions :

1° Zone des pins et des genévriers, jusqu'à 400 mètres d'altitude. Elle comprend la zone de culture, la végétation des dunes, celle des lacs ou marais et des eaux coulant lentement, les régions collinaires, et dans le sud celles des forêts toujours vertes, qui n'atteignent qu'exceptionnellement l'altitude de 200 mètres;

2° Zone des cryptomerias, des cyprès et des ifs, de 400 à 1.000 mètres. C'est aussi la région des taillis, avec leur splendide variété, celle des châtaigniers, des laurinées à feuilles caduques. de la plupart des magnoliacées, des ternstrœmiacées. des lardizabalées, des caprifoliacées, et enfin c'est la zone des Hara inférieurs les plus vastes;

3° Zone de FAbies firma et de la Forêt Claire d'altitude moyenne v i,000 à 1,500 mètres). (Test la région des arbres de haute futaie à feuilles caduques, chênes, hêtres, érables, aunes, frênes, châtaigniers, araliées, Hara supérieurs ou de montagne;

4° Zone des sapins et des mélèzes, de 1,500 à 2,000 mètres. C'est la région des forêts épaisses, avec des bouleaux, des aune?, et les arbustes ou buissons subalpins ;

5° Zone des arbres rabougris, à partir de 2,000 mètres et aodessus. C'est la région des éricinées rampantes et des plante-, alpines.

Un mot encore au sujet des plantes dont la culture e$t une de* caractéristiques du Japon.

Presque toutes sont de provenance orientale, à l'exception cependant du tabac et de la pomme de terre, introduits par les Portugais.

Comme nous le verrons plus tard, les Japonais ont reçu de la Chine non seulement récriture, la religion et les arts, mais aussi les principes de l'agriculture et les plantes aujourd'hui les plus répandues, telles que le riz, le cotonnier, le mûrier , l'arbuste à thé et la plupart des arbres fruitiers. Ceux-ci donnent du reste, à cause de l'humidité extrême du climat, des fruits sans saveur. Les plus belles fleurs y sont aussi privées de parfum, sans doute pour la même raison.

Page 1