LE PRINCE KALISCH
Et pour moi. Poûh !
LEONORA
Vous, prince Kalisch, je vous soupçonne d’apprécier principalement, en fait de musique, le son martial du tambour... Ciel! vous voilà plus rouge qu’une fraise des Alpes, clière marquise... vous n’ètes pas indisposée?
LA MARQUISE, sèclinnieiit.
Non. Vous connaissez sans doute parliculicremcnl l’auteur de ce charivari flamand, ma belle?
LEONORA
Je le connais si peu particulièrement, ma belle, que j’ai entendu ce soir son nom pour la première fois, et c’est de votre bouche... Il est meme bizarre, quand j’y songe, que le chevalier Carnioli ne m’ait jamais parlé de ce Roswein, puisque c’est lui qui l’a inventé, à ce qu’on dit.
LA MARQUISE
Le chevalier avait à vous entretenir apparemment de quelque objet plus intéressant, ma toute belle.
LEONORA
Apparemment, ma mignonne. Prince Ka-
lisch. est-il vrai que vous ayez eu , dans le Caucase, les deux oreilles emportées par un boulet de canon?... Cela m’expliquerait, jusqu’à un certain point, votre goût musical.
LE eiUNCE KALI.SCH.
Ce sont des histoires composées à plaisir, princesse. Il ne m’est jamais rien arrivé de pareil, je vous le jurei
LEONORA
Ah! si vous me le jurez!... Comment, Giulia, est-ce que vous nous quittez?
LA MARQUISE
Oui , cette musique batave m’est insupportable. Un acte de plus me tuerait... Prince Kaliscb, pouvez-vous m’offrir votre bras jusqu’à ma voiture?
LEONORA
Certainement, et même jusqu’en Sibérie, n’est-ce pas, prince Charmant?... Adieu, chère enfant bien-aimée.
LA MARQUISE
Adieu, ma belle chérie. (La marquise se drape et sort, suivie du prince Kaliscb.)
LEONORA
On ne saurait jouir d’une plus belle paire de favoris que ce prince Kalisch.