DEUXIÈME PARTIE
vous qui la mettez en fuite? C'est votre sourire. »
Puis, elle suivit Madeleine et la rejoignit dans la maison.
« Eh bien, lui dit-elle, ne te suffit-il pas de l'épreuve que tu viens de tenter ! Peux-tu douter encore que le baron soit ce cœur désintéressé que tu as cherché toute ta vie ?
—Oui, fit Madeleine, je vois bien qu'il est audessus de ces misérables passions de l'argent. Il les dédaigne.
—11 lui est aussi naturel d'être généreux que de respirer ou de vivre, reprit Juliette avec feu. Comme tu l'as surpris en lui demandant son assentiment pour te défaire de ta fortune ! Que lui ont jamais importé ces choses? Après cela, ne peux-tu lui pardonner de t' avoir encore un peu raillée ? Songe donc qu'il vient de perdre en riant un million ou peu s'en faut....
—Oui, soupira Madeleine; oui, mais il a cent mille francs de rente !
—Que dis-tu là? s'écria Juliette. Et s'il ne les avait point.., Ah! Madeleine, ton ingratitude m'indigne et me donne envie d'aller demander au baron ce qu'il aurait fait s'il avait été pauvre. Il me répondra loyalement, car c'est un cœur qui ne sait pas mentir ! »
Madeleine s'était approchée de la fenêtre, et regardait M. de la Guerche, qui descendait à son tour du berceau, et venait, inquiet et repentant, chercher le pardon de sa dernière faute.
« Ne va pas faire une pareille folie ! dit-elle doucement à Juliette. Laisse-moi l'illusion ! »