‹ Dame MélancolieChapitre 10 sur 41 · ELLE · texte numérisé non relu

ELLE

Elle est morte depuis de lointaines années, Morte pour tous ! — Pour moi seuL elle existe encor ! Les couleurs de l'ancien portrait se sont fanées ; Elle revit pourtant. — Ses blanches haquenées Passent. — Le pont-levis s'abaisse au son du cor.

La voici! La voici, triomphalement belle, Avec ses fauconniers, ses pages ; la voici, La cravache à la main, chevaleresque, telle Que je la vois venir chaque nuit, la cruelle, Car elle sait fort bien que je V attends ici.

J'en ai peur et je l'aime! — ô le mystère étrange! — Je veux la voir, de loin, sans pouvoir lui parler ; J'en ai peur comme d'un spectre qui serait ange, Ectos dans l'alambic, d'un infernal mélange De cette hérédité qui cherche à me troubler. —

J'ai dû vivre jadis à sa cour.., — Son visage Me rappelle des souvenirs, — oh ! très confus ! — Et d'abord..., cette rose blanche, à son corsage, Ne la donnai-je pas, alors que j'étais page?... — Peut-être, mais j'ignore, hélas ! ce que je Jus! —

Elle est morte depuis de lointaines années, Morte pour tous! — Pour moi seul, elle existe encor ! Les couleurs de l'ancien portrait se sont fanées ; Elle revit pourtant. — Ses blanches haquenées Passent. — Le pont-levis s'abaisse au son du cor...

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