LES EPHEBES S'EN VONT
Les éphèbes s'en vont, au hasard du chemin, Vers un castel où dort une angeline blonde. Fous, les cheveux au vent, la mandore à la main, Laissant un libre essor à l'âme vagabonde, Les éphèbes s'en vont au hasard du chemin.
La vierge qui sommeille a pour nom « Poésie, » Et les éphèbes sont des Poètes errants, — Ceux qui, dès le berceau, pour Reine l'ont choisie. Ils marchent d'un air fier, comme des conquérants. La Vierge qui sommeille a pour nom « Poésie. »
Du grand heurtoir forgé, frappant contre la porte, Ils attendent. — En vain. . . — Car, depuis des Printemps Leur voyage a duré « si longtemps, si longtemps, » Que lorsqu'ils sont au but. « la Poésie est morte. »
Les Visions
Aimai-je un rêve?
Mon doute, amas de nuit ancienne, s'achève En maint rameau subtil...
(Stéphane Mallarmé.)