‹ DAMIENS Étude de psycho-pathologie historiqueChapitre 11 sur 27 · PAU + ADR · texte numérisé non relu

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’ fausse son jugement, il refuse d’être la victime de sanctions qu’il croit injustes, si bien qu’il est renvoyé du collège Louis-le-Grand pour avoir refusé de se soumettre à une punition qu'il s’était attirée.

En 1738, Damiens épouse Hiisabeth Molérienne, domestique chez Mme de Crussol.

Marié, il se montre insociable. I maltraite sa femme avec laquelle il est « brutal comme un cheval ».,

Egoïste, il ne veut pas subvenir à ses dépenses. Quand, par hasard, il lui donne un peu d'argent, « il lui jette comme à un chien ».

Méfiant, il lui dissimule les noms des maîtres chez lesquels il sert. k

D'ailleurs, il se donne comme garçon pour entrer dans les maisons et s’absente parfois plusieurs années pour accompagner ses maîtres dans leurs déplacements. Finalement, ne pouvant vivre en bonne intelligence avec sa femme, il l’abandonne, malgré la naissance d’une fille qui, plus tard, gagnera sa vie à « enluminer » des images.

À un moment donné, il a une liaison avec une demoiselle Manon et vit en concubinage chez une dame Barré, dont elle est la femme de chambre.

Inadaptable, il ne cesse de changer de maîtres. Après son renvoi du collège des Jésuites, Damiens entre chez le sieur Colabeau, y reste onze mois, puis sollicite et obtient du père Principal, l'autorisation de reprendre son poste à Louis-le-Grand. Dix-huit mois plus tard on le remercie à cause des imperti-

Le MT

nences qu’il disait contre les jésuites; toutefois il reste encore trois mois au service de deux élèves et les quitte parce qu’il ne pouvait s’entendre avec leur

précepteur.

Il sert successivement, le comte de Bouville, pendant 26 mois, puis plusieurs conseillers au Parlement, dont MM. Boulanger et Séguier, ‘ensuite M. Dumetz de Ferrières, maître d’hôtel, pendant moins d’un an. Enfin, le comte de Remond qu’il accompagne en Bavière durant quinze mois.

Nous ne savons que peu de chose sur son séjour dans ses différentes places. Le comte de Maridor, dont il fut le domestique pendant deux ans, nous apprend « qu’il servait bien et avait de l’esprit, mais il buvait quelquefois et avait le vin querelleur. Son caractère lui a paru difficile à définir, n’étant point stable, hors sur un point qui était de mettre la police partout et de tenir des propos menaçantscontre ceux qui lui feraient des injustices ou qu’il jugerait telles ». Chez ce paralogique, l’autocritique est supprimée, il s’estime injustement traité et se croit l’objet de persécutions. Il est renvoyé pour une querelle de domestique en septembre 1750.

En 1753, M. de Bèze de Lys, conseiller au Parlement, le prend à son service. Après un court séjour, Damiens part pour une « vivacité dont il était souvent susceptible ». Il ne fait qué passer chez M. Dupré de la Grange, autre conseiller au Parlement, ainsi que chez Mme la Maréchale de Montmo-

rency, où il ne reste que sept mois et revient chez M. de Bèze de Lys.

Les luttes religieuses et politiques sont alors très violentes.

Le gouvernement a accepté comme loi d'Etat, la fameuse bulle Unigenitus, lancée par de pape Clément XI en 1713, et qui condamne les 101 propositions extraites d’un livre du Père Quesnel, prêtre de POratoire et janséniste.

Les jansénistes repoussent la bulle. Ils sont soutenus par les parlementaires animés d’un esprit très gallican, autrement dit peu favorable à l'Eglise de Rome, dans les questions de discipline. L’archevéque de Paris, Christophe de Beaumont, soutient avec fermeté l’autorité de la buiie Unigenitus, combat les jansénistes, résiste courageusement aux volontés ‘dé la Cour et aux prétentions du Parlement.

Damiens suit ces luttes avec passion. Il a servi de nombreux conseillers au Parlement et ne cache pas qu’il leur est très attaché.

Il a quitté le service de l’abbé Delaunay, docteur en Sorbonne, parce qu’on y tenait des propos qui ne lui plaisaient pas et notamment pour avoir entendu dire au cours d’un dîner « que les gens du Parlement étaient les plus grands marauts et les plus grands coquins du monde, à cause des poursuites violentes qu’on faisait contre les ecclésiastiques ». En 1752, l’Achevêque de Paris défend par un mandement, aux prêtres de son diocèse, d’adminis-

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