PANIER R
Un cuisinier de la bouche du roi prépare les repas. Le sieur Foubert, fameux chirurgien du Parlement, en fait l'essai et couche dans la prison.
Toutes ces précautions sont prises parce que Damiens, un péu avant son arrivée, a tenté de se suicider en se tordant les parties génitales.
A lextéfieur, la surveillance n’est pas moins grande.
Au dehors de la Conciergerie, une palissade est placée én diagonale depuis l'escalier du maï jusqu'à l’autre escalier. On y a ménagé deux ouver-. tures. Au bout se trouve un corps de garde composé de cent hommes qui fournissent les sentinelles du dehors et la garde de l’intérieur. Cette garde est relevée tous les 24 heures. Des sentinelles sont placées sur l’escalier du mai et des patrouilles se font la nuit dans les cours et à l’extérieur du palais.
Dans la Conciergerie, des sentinelles sont réparties depuis l'entrée jusqu’à la cour où se trouve la tour de Montgommery. Il y en a également dans l'escalier de la tour de distance en distance.
Les commissaires viennent interroger Damiens longuement, toujours dans l'espoir de lui trouver des complices. Mais Damiens persiste dans ses affirmations : « Il n’a eu d’autre objet dans le malheureux coup qu'il a fait, que de contribuer aux peines et aux soins du Parlement qui soutient la religion
Le AB ie Û et PEtat. Il a été extrêmement touché de voir le peu-
ple de Paris vendre tout ce qu’il a pour pouvoir vivre et il en est de même dans la province d’Artois, où le peuple est tout à fait misérable, le roi en ayant tiré en dernier lieu onze cent et tant de mille livres. »
Il a voulu toucher le roi et le rendre plus disposer à écouter les remontrances, à faire justice et à ne plus écouter les mauvais conseus de ses ministres.
Il a fait des voyages pour en perdre l’idée, mais il n’a jamais pu s'empêcher de revenir et croit que c'est un sort qu’on lui a jeté.
Le 21 mars, on accorde un confesseur à Damiens. I d’avait réclamé dès le 29 janvier. Il affirme toujours son attachement à la religion. C’est pour la servir qu’il a commis son crime. 11 fait une bonne action. Cependant, par momenm, le doute se glisse dans son esprit : « Il a peut-être pensé faussement que la religion ne s’opposait pas à ce qu'il portât ses mains violentes sur son roi et il a pu se tromper en ce que c’est peut-être moins la faute du roi que de ses ministres. »
Pendant ses interrogatoires, Damiens conserve tout son sang-froid. Il prétend que son âme est en sûreté et ne semble avoir aucune appréhension du supplice.
Le 26 mars, Damiens paraît sur la sellette devant la Grand’ Chambre. Il conserve toute son assurance et répond aux questions avec une présence d'esprit