CHARGÉ D'AFFAIRES DE 1739 A 1750 MINISTRE DE 1750 A
Chavigny quitte Copenhague le 13 juillet 1739 (Danemark, Registre III, fol. 229). Dès le 21 du même mois, l'abbé Lemaire continue la correspondance sans qu'il y ait une seule pièce entre la dépêche du ministre en titre quittant le poste et celle du chargé d'affaires y demeurant (ibid., fol. 231). Nulle mention d'une Instruction donnée à l'abbé Lemaire ; la première dépêche qu'on lui adresse du département (Marly, 6 septembre 1739) n'en est certainement pas une. Ni la lettre de créance à lui adressée le 24 février 1750, alors qu'il est nommé ministre, ni la dépêche qui suit (Danemark, registre 122, fol. 120, 122) ne fait allusion à une telle Instruction.
L'abbé Lemaire avait été le secrétaire de Chavigny. Vainement il essaya de se faire nommer « envoyé > . D'Argenson (Mémoires, IV, 434) écrivait qu' « il n'y voyait aucune nécessité » ; et il contenait son ambition en le menaçant d'envoyer un homme de qualité avec le caractère d'ambassadeur. Bernstorff finit par déclarer nettement (25 juillet 1752) qu'on souhaitait à Copenhague son rappel. Ogier fut nommé le 1 er avril 1753, et Lemaire, nommé ministre en 1750, fut, en janvier 1753, autorisé à rentrer en France. Il devint résident à Ratisbonne.
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Jean-François Ogier, fils d'un conseiller d'État, était né le 18 décembre 1703. Suigneur d'IIênonville, Berville, Ivry-le-TempIc, Cressendal, etc., il Tut successivement conseiller commissaire, 1733, président de la seconde chambre des requêtes, 1727, honoraire en 1745, surintendant des finances de la Dauphîné, 1744. AprèB son ambassade en Danemark, il devint conseiller extraordinaire en Bretagne, où il administra sagement, 1769. En 1771, lors de la disgrâce du Parlement, il fut exilé aux Iles Sain te- H argue ri te. II mourut le 23 février 1775. — Il débuta dans son ambassade par un succès qui agréa fort au roi de Danemark. L'envoi annuel de faucons à la cour de France paraissait au monarque danois devenir comme une sorte de tribut. Ogier s'en expliqua à Versailles, et il fut décidé qu'on adresserait chaque année à Copenhague une lettre pour provoquer cette gracieuseté, en échange de laquelle le roi recevrait 4,000 bouteilles de vin de Champagne et de Bourgogne, do « meilleur » ; M. de Moltke en recevrait, outre cela, 1,200, et le Grandeur 600. (Histoire des relations de la France et du Danemark tous le ministère du comte de Bernttorff, par le comte Edouard de Barthélémy, p. 54-55.)
Les espérances de paix qui avaient suivi la conclusion de la paix d'Aix-la-Chapelle ont été ruinées par les armements de la Russie, devenue redoutable depuis Charles XII et depuis l'alliance conclue par le cabinet de Saint-Pétersbourg avec l'Angleterre el l'Autriche. Desseins perfides aussi de l'Angleterre. M faut y opposer l'union de Suéde et Danemark. Sa Majesté est parvenue à rapprocher deux branches de la maison de Holslein en donnant sa garantie à des