DANGERS DU COTÉ DK LA RUSSIE
MÉMOIRE POUR SERVIR d'cCSTRCCTH» AC PRÉSIDENT OGIER, SUR15TEX- DANT DE LA MAISON DE M4DAME LA DACPH1XE, E5VOTÉ EXTRAORDI- NAIRE ET MINISTRE PLÉXIPOTECTIAIRE DC ROI PRÈS LE ROI DE DA- NEMARE.
Compiègne, 8 août 1753 \
Le traité d'Aix-la-Chapelle, en pacifiant les différends qui avoient armé les deux mondes % sembloit de voir assurer la tranquillité universelle ; mais à peine le calme se rétablissoit entre les puissances contractantes de ce traité que Ton vit s'élever du côté du Nord un orage auquel Ton avoit d'autant moins lieu de s'attendre que la paix rétablie entre la Russie et la Suède par le traité d'Àho avoit été confirmée en 1745 par celui de Pétersbourg.
Cependant la première de ces puissances faisoit des préparatifs considérables de guerre, tant par terre que par mer, qui ne paroissoient dirigés que contre les Suédois, et les motifs qu'elle donnoit à tout cet appareil étoient si peu fondés qu'on ne pouvoit les considérer que comme des prétextes à de plus grands desseins qu'on avoit intérêt de ne développer que par degrés.
Sa Majesté, qui veille sans cesse à la conservation de la tranquillité générale et de la sûreté de ses alliés, crut sa prévoyance intéressée à étouffer dans sa naissance un feu qui, par ses progrès, pouvoit causer un embrasement général, et renouveler tous les malheurs de la guerre qu'on avoit eu tant de peine à éteindre.
Dans cet esprit, le Roi eut recours aux alliés de la Russie. 11 leur fit sentir les conséquences du trouble que cette puissance sembloit vouloir exciter dans le Nord, et il leur demanda de l'en faire désister en vertu de l'obligation commune où ils
2. Le traité d'Aix-la-Chapelle, 18 octobre 1748, arait terminé la guerre de la succession d'Autriche.