ÉQUILIBRE SOUHAITABLE
soul avec ia France de maintenir la tranquillité rétablie par le traite" d'Aix-la-Chapelle. Sa Majesté accorda en même temps aux Suédois des secours considérables pour se mettre en état de défense, et tant par ces mesures que par les déclarationqu'Elle fit de soutenir hautement ses alliés s'ils étaient attaqués, Elle déconcerta les desseins des mal intentionnés, et détourna l'orage qui étoit prêt à éclater.
Mais le Roi sentit bien que ce n'étoit point assez, et que pour rendre la tranquillité du Nord solide et durable, il fnlloil des arrangemens d'une autre nature.
La Russie, pendant si longtemps presque inconnue dans la société des souverains, n'avoit point été à craindre tant que la Suède avoît observé la sage maxime de laisser les Russes dans leur ancienne barbarie, après qu'elle avoit remporté une victoire sur eux ; mais depuis que la valeur imprudente de Charles XII leur eut appris à vaincre à force d'être vaincus, leur puissance s'est accrue à tel point qu'elle est devenue redoutable à leurs voisins et a toute l'Europe, surtout depuis leur alliance avec les cours de Vienne et d'Angleterre.
Le système de celle-ci relativement aux trois couronnes du Nord est, d'un côté, de les tenir toujours désunies pour pouvoir. à l'abri de leurs divisions, perpétuer sa domination dans la Baltique, et de l'autre de tenir la cour de Pétersbourg étroitement liée avec celte de Vienne, afin de faire servir la puissance de la première à l'agrandissement de la seconde, ainsi qu'à la destructien de l'Empire ottoman et à latToiblissement des Suédois et des autres alliés de la France.
On voit que, dans une telle situation, il n'étoit pas possible d'assurer le repos du Nord, celui de la Suéde en particulier, et même le repos public, si l'on n'élablissoil dans cette partie du monde un équilibre capable sinon d'abaisser la Russie, au moins de la contenir.
Pour le former, il n'y avoit d'autre moyen que de faire naître l'union entre les deux anciennes couronnes du Nord, le Danemark et la Suéde ; maïs un si grand nombre de difficultés s'y opposoient que l'entreprise paraissent impossible. Une ancienne inimitié, fortifiée par le préjugé de l'usage et par des
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dissensions continuelles, «voit Asie un mnr do division jusque là inébranlable entre ces deax couronnes et les deux branches principales de la maison de Holstein. Celte inimitié êtoît continuellement fomentée paries cours de Vienne et d Angleterre, et elle étoîl considérablement accrue alors de la part du Danemark, tant par le mécontentement de l'agrandissement prépare à la branche cadette de ta maison de Holstein dans la disposition faîte des deux principales conrs du Non! en sa faveur que par le déplaisir d'avoir formé d'inutiles projets sur celle de Suède.
Dans ces circonstances, il étoit indispensable, pour effectuer l'union projetée, que le prince destiné à régner sur les Suédois ne conservai ni droits ni prétentions sur le Holstein ni sur le Sleswick, et l'on sa voit que le prince successeur de Suède . de qui il falloît obtenir ces sacrifices, y avoit la plus forte répugnance. Cette négociation, qni avoit déjà été entamée dans d'antres temps, avoit toujours échoué, et les ministres d'Autriche et d'Angleterre, pour rattacher le Danemark à leurs maîtres, ne cessoienl d'employer les plus vives négociations. KmtmiWI de l'offre de subsides considérables de la part de la cour de Londres.
Quelque insurmontables que parussent ces difficultés, elles n'ébranlèrent point le conrage du Roi. Sa Majesté entreprit de les dissiper, et son conseil répondit si parfaitement à ses vues, qu'en peu de temps il enleva l'alliance du Danemark à l'activité redoublée des Ministres des cours de Vienne et d'Angleterre, et abolît par de nouveaux arrangemens, pris sous la médiation du Roi, des haines de famille cl de nation qui divisoienl depuis plusieurs siècles les deux anciennes couronnes du Nord et les deux principales branches de iu maison de Holstein ; par ce moyen, il les intéressa au bonheur l'une de l'autre ; il les mil en état de faire la ligure qui leur convient, et posa les fondemens d'un équilibre dans le Nord qui ne doit pas moins contribuer à la sûreté et aux avantages de ces deux puissances qu'à la liberté et au repos de cette partie du monde et par conséquent à la tranquillité générale.
L'importance de maintenir un pareil système se fait sentir
r les
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d'elle-même, et c'est à cet effet que le Roi a choisi le sieur président Ogier, surintendant de la maison de Madame la Danphine, pour être son envoyé" extraordinaire et ministre pléni potentiaire à la cour de Copenhague. Son zèle pour le bien du service de Sa Majesté, ses talents, l'élévation qu'il a dans l'esprit, ne laissent pas lieu de douter au Roi qu'il ne s'acquitte de celte commission du mieux qu'il lui sera possible ; mais, pour parvenir à M but, il faut lui montrer en même temps les difficultés qu'il pourra rencontrer et les ressources qu'il aura pour les vaincre.
Sa Majesté danoise et son conseil out été convaincus eux-mêmes et par l'applaudissement général de la bonté système qu'ils avoient établi pour le Nord, ainsi que de* gr; avantages qui en revenoient en particulier au Danemark conséquence, ils ont donné en différons temps les assurances les plus formelles de leur résolution à le maintenir conjointement avec la France ; et celle-ci les a assurés réciproquement de son concours; c'est ce qui se prouve plus particulièrement et d'une façon incontestable par les lettres que le Roi et ly roi de Danemark se sont écrites à ce sujet, Sa Majesté danoise, en iiMiurciant le Roi de lagaranlic qu'il lui avoit donnée des arrangemens pris entre elle et le prince successeur de Suide, sous sa médiation, et Sa Majesté en répondant à ce remerciemt Voici comment s'explique le roi de Danemark « 21 décembre 1750. — Monsieur mon frère ; Quoique j « ordonné à mes ministres d'assurer ceux de Votre MajesU de b ma satisfaction et de ma reconnaissance des bons offices pur « lesquels Votre Majesté a contribué si efficacement à l'heureux ii succès dos traités que j'ai conclus avec le roi et le prince suc- » cesseur de Suède', je ne puis néanmoins me contenter de
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1 . Il y arait eu, & la date du 27 juillet-7 août 1 749, un traité préliminaire, i Copenhague par la médiation de la France, entre Frédéric V, roi de Danei ni Adolphe Frédéric, successeur désigné au trûne do Suide, touchant l'échange futur du Holstein contre lu comtés d'Oldenbourg et de Delmenhorst. - Ce traité ne porterait nul préjudice, était-il dit, aux droits du Grand- Duc, duc régnant île I !<>!>loin ; mais la Suè-do le regarderait comme une pragmatique sanction, cl il sor garanti par la France. > Le Irailé définitif «Tait été gigot a Copenhague, le 25 ai 1750. — Les actes de cession du prince héréditaire de Suède sont du 21 ceui dos rois de Danemark du If, mai de la même année.