‹ DanemarkChapitre 112 sur 147 · Voir plu* loin, U mil* de 1» page 17t · texte numérisé non relu

Voir plu* loin, U mil* de 1» page 17t

M. DE DERNSTORFF férens détails concernant son aversion décidée pour le roi de Prusse, et des efforts qu'il a faits pour l'inspirer â sa BOUT, liu désir qu'il a de renverser le système que le Danemark a pris du temps de feu H. Schulin. et de sa répugnance pour le renouvellement du traité avec la France.

II est sans doute très fâcheux d'avoir de pareille? dispositions à combattre; mais il pourra être avantageux par la suite qu'elles soient aussi outrées et aussi publiques; les gens mal intentionnés portent souvent avec eux les préservatifs de leurs mauvaises intentions.

Tout le monde sait que M. de Bernstorff tien! son origine de Hanovre et sa fortune des maîtres de ce pays ' , et qu'il pousse à Peicès les préventions que ces deux circonstances peuvent inspirer; de là doit naître dans les esprits des autres ministres de Oanemark le soupçon fondé que ses idées politiques sont plus assorties aux intérêts du roi d'Angleterre et de l'Electeur de Hanovre qu'à ceux du roi de Danemark; par conséquent, sa [ »--tilialité doit affoibUr le poids des motifs qu'il peut alléguer [-tcjur la destruction du système de l'équilibre du Nord.

Malgré la haute idée qu'on veut donner des talent de ce n»»inistrc, on voit qu'il est en général plus touché de ce qui pTiTfitt glorieux que do ce qui est possible, qu'il confond souvent lîi hauteur avec la grandeur, et que la mauvaise chicane cl l.i rodomontade sont, les seules ressources de son génie ; aussi n';i-l-i| procuré jusqu'à présent au roi de Danemark que dra iW-Migrémens et des affronts; sans doute qu'il tachera d'en reje-

iUrea diplomates du nom do BerustorÛ" ont marque dans lu potlliqiu du ni.nl (U l'Europe depuis le commencement du ivni* siècle x Andrew Qolllieb,

mquel la maison de Brunswick-LiinetKinrg dut de i ittr

*| de m maintoiiir au trûnii d'Angleterre ; — Smi peliUUf, duquel il est ici ques- Ll1 ". .l'ii.ui [larlvig Ernest, ministre en Danemark depuis 1761, renversé pu SlruirmSt en 1770; —Andréas Peter, qui cùnliimii ùiiiiiu..' ministre danois ilo 1773

1781 a 1197, la politique de son oncle J. H. E. — Chrwti "• d'Andrens, lui succéda jusqu'en 1810, mais passa en 18IB nu service de la Pn «ise, — ûiiii cju'Albrecht, neveu do Christian.

t* baron Johan Ilartvit; Ernest BcrnsUtrû*, né en 1712, fut de bonne heure «n |>Iové dans In diplomatie danoise, puisque nous le voyons signer comme négolom do la cour de Copenhague a un traité entre le roi de Danemark, comme duc de Holatein, et le roi de Grande-Bretagne comme électeur de Bruns- "Kk-Lijiittmurg,! Hanovre, le 5 mars 1739, 11 tut appelé auminillore des affains «tattgèrai de Danemark le 1* mai 1751 .

100 CNION NÉCESSAIRE DE St'ÈDB ET DANEMA ter le blâme sur les cours qu'il n'aime pas ; mais DO peuvent être effectivement imputas qu'à sa man duile, il bsI certain qu'ils ne doivent pas servir & 1 auprès de ceux qui approfondissent les causes des é' et par conséquent auprès de lu partie la plus sensée de Danemark.

A ces vérités, il faut ajouter que ce ministre hardi, qu'il paroîl très rempli de la haute idée qu'il i propre mérite, et que tout le monde s'aperçoit qu' privilège exclusif de la confiance du roi son maître.

De tout ce qu'on vient de dire, il résulte que ministres de Danemark ne peuvent être intéressés à le succès des entreprises de M. de Bernstorff ; que, rôt de l'Etat et le leur, ils doivent être extrêmement contre toutes ses menées, tant pour le dehors qi dedans, et que cette situation doit préparer fa vo raidi esprit aux raisons solides qui militent en faveur du l'équilibre et du renouvelleme.nl de traité avec la Fi les préventions injustes du ministre des affaires <"h l'alliance avec l'Angleterre.

Les motifs les plus forts pour persuader une cour nuer ses traités avec une autre doivent être sans doul qu'elle trouve à lui donner la préférence el les qu'elle peut avoir pris là-dessus, el c'est fondemens qu'est établie la proposition du renouvel la pari de la France.

Pour prouver le premier objet, il faut commencer venir d'un principe certain. Les deux anciennes coun Nord s'attirent peu de considération quand elles ne «1 unies, et le moyen de lu perdre tout-a-fait est qu'el dans des intérêts contraires.

Elles ne peuvent jamais trouver de véritable i mer des liaisons avec les puissances qui se font appeler Unies, parce qu'elles sont maritimes elles-mêmes, el lr I mark n'a que trop éprouvé, ainsi que la Suède, que !• (M de l'Angleterre est de perpétuer son despotisme dan* «■ Baltique, et qu'elle n'excepte aucune puissance de la jalon»*'

DANGERS DE CERTAINES ALLIANCES POUR LE DANEMARK 187 commerce, pas même celles qui font les plue grands sacrifices pour ces intérêts, comme on en peut voir et la preuve et l'exemple dans ce qui est arrivé aux Uollandois pendant la dernière guerre.

L'alliance avec l'Angleterre, qui entraîne l'union avec la Hussie et la cour de Vienne, ne peut qu'assujettir celle de Danemark à des vues étrangères d'ambition qui ne tendent qu'à bouleverser le Nord et l'Allemagne. Si elle se prête une l'ois à l'exécution de leurs desseins, et qu'ils réussissent mal, elle en sentira le contre-coup; si au contraire le succès en est heureux, le Danemark n'aura contribué qu'à rendre pour toujours lu Russie mailressc absolue du conliuent du Nord et l'Angleterre de la Baltique ; d'où il n'est pas difficile de tirer la conséquence que celte cour sera forcée de recevoir la loi que ces deux puisnces voudront lui imposer.

Les liaisons avec la France n'ont au conlraire que le caractère de l'innocence et de la justice. Elles n'en veulent à la liberté d'aucune puissance; elles n'exigent aucune mesure hazardeuse de la paît du Danemark. Si la France a employé tant de soins pour renverser le mur de divisions qui séparoil lieux branches de la môme maison et deux nations voisines : 5Î elle a procuré au roi de Danemark les avantages les plus essentiels à sa tranquillité, el qu'il avoit poursuivie depuis tant de temps sans succès ; si elle s'est résolue à lui donner de forts subsides ainsi qu'aux Suédois ; si elle lui a accordé les cundilions les plus favorables pour le commerce, quelles ont été ses vues? Elles n'ont été autres que de contribuer également au bonheur du Danemark ainsi qu'à celui de la Suède, et en général de mettre les deux anciennes couronnes du Nord en état de l'aire cesser la supériorité qu'une troisième puissance tire de leur division, de se fortifier à l'abri des orages qui surviendront en Europe pour profiter des occasions qui pourront rencontrer d'améliorer leur situation, et, en attendant, de «.infenir la tranquillité et l'indépendance du Nord. On croit que cet exposé pourrait suffire pour faire connoilrc nlérét qu'a le Danemark à la conservation du système établi au renouvellement du traité avec la France, et pour justifier

1U8 INCERTITUDE SUR LA CONDUITE DU DANEli.

celle-ci du reproche vague de prédilection pour la cependant un peul y joindre encore une près c'esl celle qui se lire de lu cour de Copenhague même.

On a fail voir plus haut que Sa Majesté Danoise el nu soi] avoient reconnu l'important ;e Œ que la

leur procurait par ce système; par conséquent, ils i se dispenser aujourd'hui de reconnoître que la co leur eu •■>( essentielle; mais comment pourroïei en rompant leurs liaisons avec le prince qui a été le mobile de ces avantages, el qui en est le lien essenlie garantie et par son alliance?

Si le Danemark refuse le renouvellement «lu traité, c feulement marquer qu'il fait peu de cas «les li mais c'est encore refuser les moyens de continuer I intelligence el le système qui avoitété ci-devant établi

Comment la France pourra-t-elle après cela s'inléi maintien des avantages d'une puissance qui est oc détruire les motifs pour lesquels ils lui ont été accordés ment pourra-t-elle répondre de sa garantie, »ï exécution regarde s'engage dans des desseins qui peo ûler les moyens de l'effectuer?

Quel intérêt le Roi pourroit-il prendre dorénai I" 'nié d'une puissance qui devrait la faire sel alliés et peut-être contre lui-même?

D'ailleurs, quel effet une telle conduite pourroi sur la Suède, venant surtout à la suite des bruits i répandus sur l'usage qu'on prétend faire contre el assemblées nouvellement près de Copenhague n'auroient-ils pas lieu de croire que la cour de Daiiemar avoir obtenu tous les avantages que le roi de Sui de duc de Holstein, el la couronne de Suède donner, ne pense à leur en marquer sa reconm prenant des liaisons avec la Hussîe pour faire dos o sur eux? Qui sait alors si les Suédois ne choisiroîentpi jeler entre les bras de la Russie, par la réflexion que. qu'ils reçoivent la loi, il vaut mieux la recevoii la plus forte que de la plus foible?

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