SECRET A OBSERVER
choses auxquelles il s'est engagé par les articles particuliers dudit traité.
Ledit sieur chevalier témoignera aussi au roi de Danemark qu'il est important pour le bien commun de l'alliance que ces articles demeurent dans un grand secret de part et d'autre. >?l l'assurera qu'il a ordre de ne les pas communiquer aux allifa de 8a Majesté, à la réserve de la Suède, à qui on doit communiquer le traité du 3 août, mais non pas les articles secrets, le priant d'en user de la même sorte à l'endroit des siens, et lui faisant entendre que, si les alliés de la France ne vouloieal point se conformer aux bons desseins de Sa Majesté et dudit roi, et qu'ils refusassent d'accepter les offres qu'il leur fera en ce cas il repassera dans sa cour pour lui en donner avis ci y attendre de nouveaux ordres de Sa Majesté, qui lui seront envoyés pour aviser toutes choses qui seront jugées utiles il nécessaires pour le bien commun de ladite alliance.
Ledit sieur chevalier n'oubliera pas, avant que de partir de la cour de Danemark pour passer en celle de Suède, de témoigner bien expressément audit roi qu'il peut faire un étal certain de tout ce qui dépendra de Sa Majesté conformément & li garantie générale dudit traité d'alliance, et qu'EIle sera bien aise de lui donner des marques de son affection et de sa cordialité dans toutes les occasions qui s'en présenteront, ainsi qu'EIle s'en est particulièrement expliquée avec le sieur Hannibal de Schosted, son ambassadeur extraordinaire, dont la conduite a été si agréable a Sa Majesté qu'EIle a bien voulu loi parler conlideniment sur les affaires courantes aussi bien M sur celles qui peuvent regarder le bien et l'avantage dudit roi de Danemark son maître, Sa Majesté lui ayant donné pour celle considération des marques extraordinaires de l'estime qu'EIle faisoit de son mérite personnel , en l'honorant des titre d dignité de comte, tant pour lui que pour sa postérité, el lui permettant d'orner ses armes d'un chef d'azur chargé de trois fleurs de lis d'or, ce qu'il n'a néanmoins voulu accepter Hl sur la présupposition de l'agrément dudit roi de Danemark.
Ledit sieur chevalier fera connoîlrc aussi audit roi combien Sa Majesté avoit été touchée d'apprendre le danger auquel
CORFITZ ULFBLD 7
s'étoit trouvée exposée sa personne par l'attentat du comte Corwits Ulcfeld, ci-devant grand-maître du royaume de Danemark, lequel, ayant été condamné a mort par le souverain tribunal dudit royaume, Sa Majesté avait bien volontiers fait expédier tous les ordres qui lui ont été demandés par ledit sieur Hannîbal de Scuested pour le faire arrêter en cas qu'il fût rencontré dans ses Etats, et depuis peu de jours a encore consenti, contre les usages anciens de ce royaume, que les prisonniers françois qui sont à Bruxelles soient transférés à Copenhague pour être confrontés aux sujets dudit roi qui sont accusés d'avoir eu Mit aux mauvais desseins dudit Ulefeld. Et ledit sieur chevalier pourra encore assurer ledit roi que ceux qui seront déclarés dans ses Etats criminels de lèse-majesté ne trouveront jamais asile ni protection en France, ainsi qu'il a été expressément convenu par un article dudit traité '.
Apres avoir passé cet office, ledit sieur chevalier assurera ledit roi qu'autant que Sa Majesté avoit eu de déplaisir à celte détestable entreprise, autant a-t-Elle reçu de satisfaction lorsqu'Elle apprit que ce malheureux dessein avait été non seulement découvert, maïs même qu'il avait servi d'un nouveau moyen pour affermir inébranla blême nt le roi sur le trône, cet accident ayant donné lieu a tous les ordres du royaume de Danemark, et particulièrement 1 la noblesse, de renouveler leurs vœux en faveur du nouveau gouvernemcnl héréditaire- *, sur lequel ledit sieur chevalier ne manquera pas de féliciter ledit roi, lui faisant entendre que ce changement de gouvernement a causé à Sa Majesté une parfaite et véritable joie, ne doutant pas que ce ne soit «n moyen d'entretenir avec plus de facilité et. de fermeté l'alliance nouvel lunicul conclue.
El pour ne rien omettre de tout ce qui peut cire- agréable
premiers articles du Irait* du 3 août 1BB3 : ■ 2. Les parties con- Lront mu tue lie nie ni de tout ce qui pourroil tourner au préjudice de l'autre. — 5. Les rebelles de l'une ne seront pas reçus cbu l'autre, sujets de l'un des rois ne pourront donner auc
i, jusqu'alors clectiTe, aTiit été proclamée pirlid
8 ANNIBAL DE SEHESTED
;imlil roi Bl l'engager de plus en plus dans les bons qu'il a fait paraître de vouloir se détacher tout à fait des intén'Is dfi la maison d'Autriche pour se lier étroitement à la France, ledit sieur chevalier lui témoignera que Sa Majesté ■■ été très aise de la visite que lui a rendue Monsieur le prince de Danemark '; et, bien qu'il ait voulu paraître comme un inconnu dans sa cour, sa bonne grâce, sa conduite et ses qualités personnelles ont fuit juger à un chacun que c'éloil un sujet digne d'une couronne, et ont fait concevoir à Sa Majesté une estime particulière de ce jeune prince, à qui Elle a fait un accueil et un traitement, si favorable qu'Ellc est persuadée qu'il s'en souviendra aux occasions et que ce lui sera un motif très puissant pour l'engager d'autant plus fortement dans les bons sentiments du rai son père.
Ledit sieur chevalier s'expliquera aussi avec ledit roi des offioM qtw passa en cette cour ledit sieur Ilannibal de Schested, par son ordre, pour avancer la conclusion du traité proposé entre Sa Majesté et l'Electeur de Brandebourg, et que ïni Majesté en a beaucoup de icconnoissancc, voyant que le roi ne lui a pas seulement donné sincèrement sou umilié, mais qu'il s'applique même et prend soin de contribuer a qu'il peut pour lui acquérir d'autres amis.
Sadite Majesté, voulant correspondre de sa pa: I même franchise et la même chaleur, a fait remettre taM chancelier toutes les lettres que le sieur Ulufeld lui a âtxHO] pendant le séjour qu'il faisait à Bruges sur des affaires qui H regardoient en aucune façon le Danemark, afin qu'il les fasse voir au roiconlidemment et qu'il lui puisse faire remarquer am, même avant qu'il y eût aucune alliance entre eux, Sa Mnj. u'a jamais été capable de rien arrêter qui allât tant soit sou préjudice.
Cependant, en cas qu'une certaine relation de voyage qui été donnée depuis peu au publie sans l'autorisation du Roi par
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I. Le prince Christian, tic le lli avril ItrtO, roi do Danemark lo 9 fèvruT ICI", STiit Toyagô dJs ! année 1062 i l'olranger, ni visiW successivement la Hollande, l'Angleterre et la France . 11 séjourna pendant un an à Paris, où il lui ». a»ec de grands honneurs par Louip XIV et son oncle Gaston d'Orléans.
ANN1BAL DE SEHESTED il
.e sieur de Sorbière 1 , où il s'étend sur les louanges duilil Ulcfeld et qualifie du nom de persécution les justes procédures qu'on a faites contre lui, ait été vue en Danemark, el qu'on en fasse quelques plaintes audit chevalier, il dira que le Roi a ûlé ses fonctions audit M. Sorbière..., ajoutant même que, si le roi de Danemark le désire, Elle est prête de lui en faire ressentir quelque mortification publique, qui fasse eonnoître au monde combien Elle estime toutes les actions justes et la part qu'Eile prend comme un vrai ami à toutes ses satisfactions et à tous ses intérêts.
Il sera nécessaire que ledit sieur chevalier prenne un soin bien particulier de s'éclaircir des divers intérêts de tous les
1. Cas lignes font partie, dans le Registre Suède XXVII, d'une nuk HMi^iualf écrite de la main do Lionne. On suit combien son écriture est difficile à lire; do plus, le papier est ici en partie enlevé ; de sorte que je ne peux transcrire exactement ni compte te in en t. — Samuel Sorbière, neveu de Samuel Petit, s'itJÙt Converti en catholicisme ; il avait obtenu on 1660 lu brevet d'historiographe du Roi. Son volume, sans nom d'auteur au titre, niais signé après l.i DétiÔtWt au /lui, était intitulé : Relation d'un voyage en Angleterre, où. sont touchées plusieurs choses qui regardent l'Elut des sciences et de la religion et autres matière* curieuses. A Paris, chez Louis Billaine, au Palais dans la grande salle, à lu Paline et au grand César, in-12 de 232 pages. Achevé d'imprimer, 10 mai lOtii. 11 y est parlé avec respect de M"* Wllefeldl sic : • M** la comtesse Eléonore est sœur du roi de Danemark qui régne aujourd'hui et lillo de Christian IV, qui avoit épousé une damoîseUe 1 laquelle il avoit donné la main gaucho en cette cérémonie pour la distinguer des princesses et affaiblir la qualité dus entants qui provïendroïenl de son mariage. ■ Mais ïi y est parlé surtout avec infiniment d'éloges de « Corniflds Wllefeldl, l'Qxonstern du Danemark, le plus grand homme du royaume... Le beau concert des vertus qu'il y avoit en deux personnes si bien assorties a été l'unique cause de leur malheur. L'envie a regardé de travers leur félicité, les jalousies domestique sont intervenues.. Leur grand esprit est devenu suspect à la cour... ■ L'auteur raconte qu'en 1010. Ulfcldl a été en Hollande pour tâcher de concilier uno alliance au Danemark. Sa négociation, n'ayant pas réusai, devint un sujet d'accusation contre lui. De retour à Copenhague, et se voyant accusé de conspiration, ■ il obtînt le supplice des faux témoins; mais, se défiant de ses ennemis, il passa en Suéde, ce qui le rendit effectivement criminel. Après un asscs Iijiii; séjour hors du royaume, et lorsque llnoftdttilH fal Suédois n'eut fait autre chose que traverser la Pologne, il Ht tourner le torrent en Danemark, et Se mêla Won avant dans toutes ces guerres. La mort du roi de Suède le fil rappeler, mais non rétablit dans ses charges. Il se déplut donc dans son pays et ne se crut pas même en sûreté parce que le roi avait fait déclarer le royaume héréditaire el qu'il y avoit une infinité de mécontons a la tête desquels on le pourvoit toujours supposer. Il j.i deux ans, il prétexta d'aller à Spa, passa en Franco, fut incognito a Paris, et se retira l'hiver a Bruges. C'est de là que M™ sa Femme, qui l'avait suivi, passa en Angleterre. C'est de Bruges qu'on u ntppMé que ton m a ri l'.ii*:.ii de* OOnipirittoni en Danemark... Admirable force d'esprit de ces deux aines héruiquos. Ou reconnaîtra leur mérite un jour, leur fidélité pour leur roi, et leur zele pour les loîa fondamentales de leur patrie... Je les avois connus tous deux autrefois i La Haye oà ils éloicnt on ambassade. » Le petit volume de Sorbiéro fut supprimé par arrêt du conseil, et l'auteur exilé à Nantes.