DIVERS POINTS A ÉTUDIER
d'alliance, peut avoir eu pour but de se délivrer des décharges et privilèges qu'elles ont accordés aux HoIIandois par les traités ci-dessus mentionnés, et qu'il ne convient pas au service de Sa Majesté ni qu'une nouvelle guerre s'allume dans le Nord, ni que les HoIIandois soient troublés dans leur commerce, Sa Majesté veut que ledit sîeur de Martangis s'applique particulièrement a pénélrcr les pensées et desseins des deux rois sur ce point, qu'il prévoie tout ce qui peut arriver, et ne manque pas d'en avertir Sa Majesté.
Au surplus, Elle désire qu'il s'applique a bien connoître toute la cour, et le pays où il va servir Sa Majesté; qu'il observe avec soin les indications, les divertissemens, et les différentes qualités de l'esprit du roi de Danemark, des princes et princesses, de Sa Majesté, et de tous les ministres dont il se sert ; qu'il sache l'état de ses finances, de ses revenus, et les moyens dont il se pourroit servir pour les augmenter ; le pouvoir qu'il a sur ses peuples; s'il peut imposer sur eux ou non, et en cas que leur consentement soit nécessaire, de quelle sorte il agit [tour l'obtenir ; si c'est une assemblée d'Etats, quels sont les députés, de quels ordres, et ce qu'ils ont accoutumé de leur accorder, et en ce cas de quelle sorte la levée s'en l'ail ; si i.ts peuples sont belliqueux ou non ; le nombre d'homme d'infanterie et de cavalerie qu'il pourroit mettre sur pied, soit de ses propres forces, soit par le moyen des assistances qui pourraient lui être données ; le nombre de vaisseaux qu'il a à présent dans ses ports, et celui qu'il pourroit mettre en mer.
Sa Majesté veut qu'il observe et s'informe de tous ces pointa pour les deux royaumes de Danemark et de Norvège. Au surplus, comme les affaires de Danemark ont beaucoup de connexite avec celles de Suède, Sa Majesté veut qu'il tienne une correspondance ordinaire avec ledit sieur marquis de Feuqutère.
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[SECOND) MÉMOtnK DU ttOI POUR SERVIR D INSTRUCTION AD S1EVK DE MARTANGIS, AMBASSADEUR lit. SA «AJUSTÉ EN DANEMARK. 4 KL"
mm 1681'.
Quoique Sa Majesté ait répondu par toutes les facilités qu'on pouvoît raisonnablement attendre d'EHe aux désirs que le mi de Danemark a témoigné avoir depuis la conclusion de la pu d'entrer en bonne et étroite alliance avec Sa Majesté, néanmoins, comme Elle avoil estimé que. pour la rendre plnel plus durable, il étoit à propos d'y engager aussi In Suède, H que cette couronne, bien loin de répondre aux bons son 1 de Sa Majesté, poursuit avec ardeur des lignes d'autant ptne préjudiciables au repos public que, sous le spécieux prétexte J» maintien des traités de Westphalie et de Nimègue, elles vrent un dessein formé de les interpréter suivant l'inléi ennemis de la France, et de renouveler une guerre qui q être que 1res funeste à toute la chrétienté, Sa Majesté, ne voulant rien omettre de ce qui dépend d'Ellc pour la conservation de la paix, el étant bien persuadée de la bonne disposition ilu roi de Danemark a concourir à un si louable dessein, a d'entrer avec lui pour ce sujet dans une bonne et étroite union, sans s'arrêter davantage aux vaines démonstrations que la a faites de vouloir prendre les mêmes engagements. Cet cet effet qu'Elle envoie audit sieur de Martangis un plein-pouvoir pour conclure ladite alliance aux conditions qui lui seront ci-après expliquées.
Premièrement, le sieur de Martangis déclarera au ; Danemark et a son chancelier qu'il a reçu les pouvoirs cl la Instructions nécessaires pour conclure et signer un d'alliance avec les commissaires qui seront nommés pal
Lorsqu'il entrera en conférence avec eux, la premier. < li qu'il aura à examiner sera le projet du Irai te" qui fut rei
CONCLUKE LE TKAITE 29
la part de Sa Majesté le 9 septembre 1680 entre les mains «lu r Hoeg, ambassadeur de Danemark, et comme ce ministre donna quelque temps après un autre projet tant d'articles secrets que publics, Sa Majesté* envoie audit sieur de Martangis les copies de ces propositions respectives, dont les différences
s plus considérables sont premièrement :
En ce qui regarde le subside, la demande que fait le Danemark est qu'il lui en soit paye* en temps de paix et en temps de guerre.
Au premier cas, la somme n'est pas spéciliév
Au second, elle s'étend à ce qui est nécessaire pour l'entretien d'une armée de 16,000 hommes, savoir 10,000 fantassins, 5,000 chevaux et 1,000 dragons, avec leurs officiers et commandemens, armes et artillerie nécessaire, et même d'une (lotte de vingt vaisseaux.
A l'égard de cette difficulté, qui est la plus essentielle, il est bon d'observer que, par le traité fait en 1663 entre la France et le Danemark, celle assistance étoil réduite a 6,000 hommes de pied et 2,000 chevaux, dont l'évaluation mon toit à 300,000 écus. En sorte que la demande que fait à présent la couronne de Danemark iroit au double de ce qui lui devoit être payé en conséquence du susdit traité, quand même on supprimerait l'entrei d'une flotte. Et, comme on ne manquera pas d'alléguer au sieur de Martangis l'exemple de la Suéde, et de prétendre de Sa Majesté les mûmes avantages qu'Elle a ci-devant accordés a cette couronne, !" est à propos qu'il sache (pour en faire tel usage qu'il croira fitre le plus utile à sa négociation) que cette couronne s'obligeoit de luire marcher une armée de S, 000 chevaux et 4,000 hommes de pied avec l'artillerie et les munitions de bouche nécessaires, et de l'entretenir dans un pays assez éloigné de ses Etats, pour une somme de 480,000 rixdulers pour chaque année ; que. par le traité de 1663, qui n'est qu'un renouvellement de celui de 1661, comme le subside promis par celui-ci n'étoit qu'en cas d'action, Sa Majesté s'oblige cependant de donner à la Suéde par an, par forme de subside, une somme de 100,000 rixdalers chaque année, faisant 400,000 pour les quatre années que devoit durer ce traité.