SUR LE TRAITÉ A CONCLURE
Quant au traité de 1672 fait avec cette même couronne et que le sieur Hoeg a prétendu devoir servir de règle pour l^ traité qui est à faire avec le Danemark, il seroit facile audit sieur de Martangis de faire remarquer ta différence des obligations dans lesquelles la Suède entrait par ce traité d'avec cell** que Sa Majesté propose & la couronne de Danemark. Celle-li promettoil, en cas que l'Empereur ou un autre prince de l'Empire attaquât Sa Majesté, d'envoyer dans la Poinéranic um armée de 10,000 hommes de pied et 6,000 chevaux avec toute l'artillerie et munitions nécessaires, et l'effet de cette obligation étoit d'autant plus pressant que la Suède étoit assurée Ou dessein qu'avoit Sa Majesté de témoigner son ressentiment au Hollandois et des ligues qui commençoient a se former <'ntn l'Empereur et plusieurs autres princes non seulement pour secourir les Provinces Unies, mais même pour attaquer h France, au lieu que les propositions qui se font à présentai) couronne de Danemark ne tendent qu'à maintenir la paix dan* toute l'Europe, et à s'entr aider réciproquement au cas que 11 France d'un coté ou le Danemark de l'autre fussent troubli!» dans la possession des Etals, pays et droits qui leur appartiennent, ce qui est apparemment d'autant plus Aaaj£ d'arriver que Sa Majesté a mis les affaires de son royaaav en état de pouvoir facilement repousser les efforts de «s ennemis et de secourir fortement ses amis, s'ils venoienl 1 fitre attaqués.
Apres ces observations. Sa Majosté se réserve à expliquer oaprèa ses intentions au sieur de, Martangis sur ce qu'Elle voudra bien accorder au roi de Danemark, tant dans l'action qu'a temps de paix, pour témoigner audit roi l'estime qu'Elle fiii de son alliance et le désir qu'Elle a de procurer les avantage de cette couronne.
La seeonde différence qu'il y a entre les projets donnés de la part de Sa Majesté et ceux de Danemark est que ces premier* sont fondés sur l'observation tant des traités de Westpluttl I de Nimégue que de celui de Fontainebleau, et qu'au CoUtnp le Danemark n'en veut faire aucune mention, et téu là se vouloir laisser la liberté tout entière de faîpi
conviendra le plus, tant dans le pays de Sehonen que contre le duc d'Holslein.
Pour 00 qui regarde celle difficulté, quoique Sa Majesté ne prétende pas se rétracter do la garantie qu'Elle a promise des derniers traités de paix entre la couronne de Suède et de Danemark, néanmoins la mauvaise conduite de cette première n'oblige pas aussi Sa Majesté de renouveler celte obligation; ainsi Elle consent qu'il n'en soit l'ait aucune mention, et que i roi de Danemark puisse se Qatter, par ce silence, de pouvoir quelque jour rentrer dans la possession de ce que ees traités ui ont fait perdre, et d'étendre ses droits sur le duché d'Holstein •■n la manière qu'il le désire.
La troisième différence regarde seulement la diction, sur Iqoelta le sieur de Marlangis doit éviter autant qu'il lui sera possible ces termes de combinaisons des deux rois, des deux couronnes, et autres semblables si souvent répétées dans le projet de Danemark, et qui conviennent si peu à la préséance due à Sa Majesté sur toutes les autres puissances de l'Europe ; linsi le BÎeur de Martangis doit s'attacher aulanl qu'il lui sera possible à la manière de s'énoncer dont on s'est servi dans le projet de Sa Majesté, et il le doit faire sans affectation, en sorte que, s'il est possible, on ne s'aperçoive pas de son dessein; mais plutôt que d'en l'aire une matière de contestation, il se relâchera à ce qui a été pratiqué dans le traité signé par Annibal Sehesled.
Gomme les motifs les plus pressans qui puissent obliger le ** Danemark a se séparer aujourd'hui des intérêts de la maison d'Autriche et s'attacher à ceux de Sa Majesté sont : en premier ' lieu de profiler des sujets de mécun lentement que donne a Sa Majesté la conduite de la Suéde, et d'espérer de reprendre sur l'Ile ce qu'il .1 perdu par les derniers traités; en second tien, d'usurper toute la souveraineté qu'elle a jusqu'à présent partagée avec le duc d'Holstein et qu'il wA obligé de ré-erver à ce " prince par les derniers traités; en troisième lieu, de trouver par l'appui de Sa Majesté les moyens de se faire payer d'une "' partie de ce qui reste -lu de subsides a la couronne de Dane- * mark parcelle d'Espagne; en quatrième lieu, de ne trouver
AFFAIRE DE JEVERN
aucun obstacle du côté de Sa Majesté, ni dans rétaMiMMMi
d'un péage à Glilcksladl ', ni dans les entreprises que 0*4* couronne pourrai t former pour se remettre en posaesMM ■'■ ses droits sur la ville do Hambourg; et en dernier lieu, || subsides qu'elle pourroit tirer de Sa Majesté", soit en temps dt paix soit en cas d'action ;
Quant aux deux premiers motifs, tout ce que les ministre de Danemark peuvent demander audit sieur de Martanps até ne rien stipuler qui y soit contraire, ainsi qu'il a été" dit ci-dessus; il pourra même les assurer de bouche, et on cas de bcsoa par un article secret, que Sa Majesté" ne s'opposera poinlt l'étahlissomcnl des droits qui appartiennenl au roi de Panrmark dans le duché" d'Holstein.
Quant au troisième, il y a bien de l'apparence que ledit sieur de Martangis n'aura pus de peine a persuader le roi de Daafmark et ses minisires du peu d'espérance qu'ils doivent Ira que l'Espagne se porte volontairement à leur payer a <-t qu'ils en puissent rien tirer tant qu'ils demeureront dam le intérêts de cette couronne, puisqu'il n'y a personne qui igwtt l'extrême misère où elle se trouve à présent; et eomme flb veut amuser cette cour d'une cession imaginaire .!<■> JM qu'elle prétend avoir sur la terre et seigneurie d'Yever, silutV près du comté d'Emdcn*, ledit sieur de Marfangis pcul Aiam scr les ministres en leur apprenant une vérité très constante. qui est que cette seigneurie est un fief mouvant et dépesJp du duché* de Bourgogne, et qu'il n'y a que Sa Majcs en puisse valablement disposer, qu'Ellc veut bien sentir qu'on en traite en son nom it des conditions ii dont le roi de Danemark ail sujet d'être satisfait ; Sa consent même qu'il soit (ait une cession de ses droits sur terre au roi de Danemark au cas qu'il seroit plus sur le subside.
Sur le quatrième point, ledit sieur de Martangis promettre que non seulement Sa Majesté ne s'opposera
1. La péage perçu A GlikksL.dt on HoUtmn sur lu mvigatton de I' jusqu'l nos jours.