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dications avaient été bien supportées. Après six semaines de repos, on voulut lui commencer une série de novarsénobenzol, et comme première dose, on lui injecta 0,60. Dès le lendemain, le malade fut pris de somnolence puis de convulsions ; bientôt survint le coma, puis, la mort deux jours et demi après la piqûre. A l’autopsie, on trouva une congestion intense des reins avec nécrose des glomerules et des tubes contournés.
Lemierre Étienne BERNARD et LAMBLING rapportent une observation de néphrite par l’arsénobenzol.
Leur malade, un homme de 39 ans, avait déjà reçu deux séries de novarsénobenzol pour un chancre mixte ; les injections étaient bien tolérées, sauf une poussée fébrile après certaines piqûres. Après un intervalle de dix-huit mois, on recommence une série de novarsénobenzol ; à la quatrième piqüre (0,60) survient un malaise immédiat, des douleurs lombaires, des nausées et des vomissements ; une anurie cemplète s’installe, qui dure trente six heures. Progressivement, la diurèse se rétablit ensuite, après une phase d’hématurie; l’urée sanguine s’éleva jusqu’à 4 gr. 37 puis redescendit progressivement. La guérison fut obtenue en un mois, mais le malade conservait une constante à 0,10 ; cette élévation de la constante persistait encore quand le malade fut revu quelques années plus tard.
Gracarpy rapporte un cas d’anurie après injection de novarsénobenzol.
Un malade de 23 ans venait de commencer une
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série et avait reçu ses trois premières injections sans incident. Après une interruption de treize jours, causée par un corvza, on lui fit une quatrième piqûre de 0,30. Quelques heures après l’injection survinrent de la céphalée, de la fièvre, puis dyspnée, cyanose, enfin anurie, et le malade mourut 18 heures après cette quatrième piqûre. À l’autopsie, on trouva seulement un rein gauche lithiasique avec deux calculs phosphatiques assez gros et de la congestion de la corticale. L’auteur pense que le rein lithiasique peut avoir été le point de départ d’un réflexe rénorénal produisant l’arrêt de la sécrétion urinaire et entravant ainsi l'élimination du novarsénobenzol.
Un malade de Ricuer fils, Tzaxck et Couper, à la deuxième série de novarsénobenzol, ! la première ayant été bien supportée), se mit à faire une albumuinurie massive après chaque injection. On essaya alors le sulfarsénol, puis le cyanure : après chaque injection survenait une albuminurie de 5 à 6 grammes
Brsmur. — Lorsque le bismuth fit son apparition dans la thérapeutique antisyphilitique, on crut posséder le médicament de choix pour traiter les syphilis rénales et la syphilis chez les rénaux.
* Cependant, GÉrarp et Daunrc, en 1897, avaient montré expérimentalement l'existence d’albuminurie et de lésions épithéliales du rein chez le lapin, après injection de sous-nitrate de bismuth.
DALcHÉ et ViLLesean expérimentant sur le
cobaye ont montré que le rein est après la rate, l’organe qui fixe le plus de bismuth.
D’après Ausry et Demezin, le bismuth apparaît dans les urines au bout de seize heures et l’élimination se continue pendant vingt à trente Jours après un traitement moyen.
Gasrou aussi, signale le bismuth dans les urines longtemps après la fin du traitement.
Pasreur Varrery-Rapor, DÉror et Mile Gaurarer-VicLars, reprenant la question de la néphrite bismuthique expérimentale, se servirent d'une suspension huileuse d’hydroxyde de Bismuth, en injections intra-musculaires chez le lapin. [ls montrèrent qu’on pouvait provoquer à volonté et dans tous les cas, une néphrite aiguë ou chronique, avec azotémie.
Cliniquement, Fournier et Guénor ont noté l'apparition de polyurie après quelques injections, parfois d’albuminurie qui disparut facilement ; jamais d'accidents sérieux.
Clément Simon a rapporté l'observation d’une néphrite aiguë grave survenue au Cours d’un traitement bismuthique pour une syphilis secondaire ; la guérison s’est faite spontanément et l’on put alors reprendre le traitement des accidents syphilitiques. Ïl se serait agi, dans ce Cas, d’une réaction de Herxheimer.
L. Bory, dans une revue générale récente sur la néphrite bismuthique, pense qu’elle n'existe pas, du moins en tant que néphrite toxique. Les cas de
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néphrite signalés dans la littérature sont consécutifs à une infection (stomatite bismuthique dans plusieurs cas) et c’est par infection que le rein serait touché : la pathogénie de la néphrite serait toxiinfectieuse. Mais, en dehors des néphrites vraies, Bory signale des troubles de la fonction rénale et conclut en disant que l’albuminurie commande l'arrêt du traitement.
Actuellement, la plupart des auteurs sont d'accord pour estimer que le bismuth doit être manié avec une grande prudence chez les rénaux.
GoucEroT pense que l'atteinte du rein est une contre-indication franche, au traitement bismuthique.
De même pour TOURAINE, pour GRENET, pour Lousrs, le bismuth doit être un traitement d’exception chez les rénaux.
Perces, Jourra et Davin-CHaussé dans le traitement de la néphrite syphilitique aiguë, rejettent le bismuth comme dangereusement toxique pour le rein.
Jean Drevrus, dans sa thèse, rapporte quatre cas de néphrites, dont l’origine syphilitique n’est nullement prouvée, mais qui reçurent un traitement bismuthique qui dans trois cas, fut mortel. Nous résUmons ici ces trois observations qui nous semblent particulièrement démonstratives :
La première concerne une femme présentant un mal de Bright léger, avec albumine, tension à 20.9 azotémie légère de 0,86. Rien ne permet d’incriminer
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la syphilis, mais le mari de cette malade est mort de paralysie générale. On tente un petit traitement par le Quinby, mais, au bout de trente six heures apparaît une stomatite intense, et l’évolution se fera en 10 jours vers la mort avec le tableau cliniques de l’urémie et une azotémie s’élevant jusqu’à 3 gr. 90.
La deuxième observation concerne une femme de 55 ans, brightique, avec 1 gr. 10 d’urée sanguine, tension artérielle à 22,12, et par ailleurs, présentant un souffle systolique de l'aorte, traitée déjà pour maladie de Raynaup et rhumatisme chronique. Étant donnée l'existence d’une kératite interstitielle ancienne, et malgré un Bordet-Wassermann et un Hecht négatifs, on lui fait du Quinby.
En six jours, elle reçoit trois ampoules ; le septième jour, apparaît une plaque nécrotique de l’'amygdale. On cesse aussitôt le traitement, l’escarre s’élimine et l’angine guérit, mais la malade est prostrée ; bientôt surviennent des vomissements, de l’anurie, et l’urée sanguine monte à 2 gr. 80 ; la mort survient en quelques jours dans le coma-urémique.
Enfin, la troisième observation, est celle d’une femme de 38 ans, traitée en ville pour un mal de Bright de cause inconnue; son médecin ayant trouvé un Bordet-Wassermann positif a commencé une série de bismuth. A la quatrième piqüre apparaît une stomatite qui amène la malade à l’hôpital. La stomatite guérit, mais bientôt apparurent : vomissements, prurit, somnolence, l’urée sanguine s’éleva
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à 4 gr. 98, un frottement péricardique apparut, et la malade fut emmenée mourante.
Ainsi voilà trois brightiques qui ont eu : l’une, un mari paralytique général, l’autre une kératite ancienne avec Bordet-Wassermann négatif, la troisième, un Bordet-Wassermann positif sans signes
de syphilis. Sur ces seuls signes, et confiant dans
lPinnocuité du bismuth pour le rein, on a institué un traitement qui, dans tous les cas, s’est montré mortel.
Jean Drevrus conclut que le bismuth est formellement contre-indiqué chez tous les rénaux syphilitiques présentant une azotémie d’alarme. I} pense d’ailleurs que dans les cas qu’il a rapportés, la stomatite a joué un grand rôle dans l'apparition de la néphrite et que celle-ci serait d’origine toxi-infectieuse.
AuBErTIN et Desroucnes ont rapporté un cas de mort après une seule injection de Quinby. Une stomatite survint le lendemain de l'injection, puis s’aggrava ; deux jours plus tard on nota de l’oligurie et une azotémie à 1 gr. 30. La mort survint en sept jours, l’azotémie étant montée à 4 gr. 70.