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très intense diurne et nocturne, en casque, entraînant un état de torpeur presque continue. Cette céphalée ne s’est atténuée que très lentement ; elle persista pendant trois à quatre ans.
Six mois après le chancre, étaient apparues des tumeurs dures, ulcérées, dans la région cervicale droite (gommes) ? Le malade reçut à ce moment des piqûres de cyanure et la cicatrisation fut rapide.
À 27 ans, il n’a plus que des maux de tête assez espacés, se considère comme guéri et se marie. Sa femme aura deux fausses couches ; pas d’enfant vivant.
À 30 ans, il quitte la campagne pour venir habiter Paris ; il se trouve très bien. Cependant, en 1914, il est mis en sursis d’appel pour mauvais état général.
En 1919 apparaît une poussée d’æœdème des membres inférieurs et de la face ; on lui trouve à ce moment 4 grammes d’albamine. Il n’a pas d’autres troubles mais cesse tout travail et se met pendant un an au régime lacté.
En 1920 aggravation brusque ; les œdèmes deviennent considérables le ventre augmente de volume. Le malade entre à Tenon ; dès son arrivée se produit une débâcle urinaire ; les œdèmes fondent. Quelques jours plus tard après avoir fait une prise de sang, on commence une série de cyanure ; il reçoit ensuite du novarsénobenzol. Après deux mois de séjour il sort bien portant, conservant cependant un peu d’albumine ; mais il peut recommencer à traivailler dans une fabrique de caoutchouc et ne présente plus aucun trouble pendant deux ans.
En 1922, dès les premiers mois de l’année, apparaissent de la fatigue et de l’inappétence ; il n’y a pas d’œdèmes. En août, survient une paralysie faciale droite apparue brusquement, un malin au réveil. Quinze jours plus tard, le malade a des vomissements alimentaires qui deviennent si fréquents qu’ils l’empèchent de se nourrir ; il s’amaigrit, souffre en même temps de douleurs lombo-abdominales
FRERE On
du côté droit et finit par s’aliter et entrer à l’hôpital le 24 septembre.
À son entrée, le malade est pâle, amaigri, il ne présente pas d’œdèmes.
Les urines contiennent 3 grammes d’albumine, pas de sucre. On trouve quelques polynucléaires dans le culot urinaire.
La tension artérielle est à 14.5 au Vaquez, le cœur est . normal.
L’urée sanguine est à 1 gr. 28,
La palpation montre des points douloureux sur le trajet de l’uretère droit. Rien du côté gauche. Rien au toucher rectal, la prostate et les vésicules sont normales.
La. langue est saburrale ; il n’y a plus de vomissements, pas de diarrhée.
Le foie est un peu gros, débordant de 2 centimètres le rebord costal.
Les poumons sont normaux.
Enfin, il existe une paralysie faciale droite tout à fait nette, du type périphérique.
L'examen du système nerveux ne révèle rien d’autre : les réflexes tendineux existent ; 1l n’y a pas de signe de Babinski. Pas de signe d’Argyll-Roberston.
Une ponction lombaire est pratiquée, elle montre un liquide normal, sans réaction cellulaire. Le malade est mis au régime normal et recevra du novarsénobenzol.
Le 27 septembre. — L’albumine est toujours à 3 grammes On fait une première injection de novarsénobenzol, de 0,15.
L’état général est assez bon les jours suivants, l’appétit
revient un peu. \
Le 3 octobre. — On note un léger œdème de la face, le malade à pris 3 kilogs depuis son entrée. L’urée sanguine est à 1 gr. 58. On ordonne le régime déchloruré.
Le 4 octobre. — Deuxième injection de novarsénobenzol
Le 6 octobre. — Assez bon état général, mais quelques vertiges.
Le 12 octobre. — Deux épistaxis.
Le 15 octobre. — Troisième injection de novarséno-
benzol (0,45). Les jours suivants l’état général est assez bon, les œdèmes n’ont pas reparu, mais un nouveau dosage montre que l’azotémie atteint maintenant 2 gr. 24. La paralysie faciale n’est pas modifiée.
Le 22 octobre. L’albumine est à 5 gr. 50.
Le 23 octobre. — L’urée sanguine est à 3 gr. 03. On fait 0,60 de novarsenohenzol ; la journée se passe sans malaises, mais dans la nuit survient une épistaxis très abondante ; le malade tombe ensuite dans une somnolence profonde dont on le tire difficilement.
Le 24 octobre. — Le malade, très prostré, se plaint vaguement de céphalée. On ne trouve aucun signe neurologique, pas de signe de Kernig, pas de Babinski. La ponction lombaire ramène un liquide clair contenant 18 éléments par mullimètre cube et 0,30 d’albumine. Un nouveau dosage de l’urée sanguine donne le chiffre de 3 gr. 09.
Le 27 octobre. — Crise convulsive à 1 heure du matin ; on fait une saignée. Deuxième crise vers 9 heures et le malade tombe alors dans le coma, les lèvres sont sèches et sanguinolentes, la respiration stertoreuse sans rythme de Cheyne-Stokes ; il n’y a pas de myosis, ni hoquet, ni vomissements, ni diarrhée.
On note quelques pétechies sur les avant-bras ; le temps de saignement est normal : 3 minutes ; le temps de coagulation prolongé : 23 à 27 minutes, avec une coagulation à type plasmatique. Une numération montre 2.800.000 globules rouges et 14.000 globules blancs.
La mort survient à 11 h. 1 /2.
Voilà donc un malade porteur d’une syphilis qui paraît authentique, caractérisée par un chancre puis