RES SE
LASRES FIRE
une céphalée ayant les caractères de la céphalée secondaire, et peut-être des gommes. Dix-huit ans après l'accident initial il vient à l’hôpital pour une paralysie faciale toute récente et une néphrite datant de trois ans, caractérisée d’abord par des ædèmes et de l’albuminurie, ensuite par des troubles digesüifs avec azotémie. Une première poussée d’œdèmes avait été traitée avec un certain succès par le cyanure et le novarsénobenzol. On était ici en droit d’incriminer la syphilis, et pour la paralysie faciale et peutêtre pour la néphrite.
Cependant, combien dangeureux dans ce cas a été le traitement par le novarsénobenzol ; nous assistons ici à une azotémie progressive qui passe, en 1 mois, de 1 gr. 28 à 3 gr. 09 entraînant la mort. Notons, en passant, combien insidieuse a été l’évolution ; jusqu'aux tout derniers jours, l’état général était relativement bon, et seuls, les dosages répétés de l’urée, sanguine révèlaient les progrès du mal.
C’est dire une fois de plus toute l'importance des examens successifs de la fonction rénale chez de tels malades. L'évolution clinique peut être très insidieuse comme dans ce cas, et seuls les examens répètés rendent compte des progrès de l'affection.
OBSERVATION IL — (Communiquée par le Professeur
LEMIERRE)
Mme Bin... 49 ans, hypertendue, venue consulter pour de la céphalée. Depuis 2 ans, elle se plaint de palpitations, de dyspnée d’effort ; elle a de la pollakiurie nocturne.
Dans ses antécédents, on relève une typhoïde et du paludisme. À 20 ans, elle a eu deux crises d’appendicite mais elle n’a été opérée que vingt-ans plus tard, pour appendicite et ovaire scléro-kystique ;avant l'intervention, elle avait des erises de migraine coïncidant avec ses règles et qui ont cessé ensuite. Ses règles sont d’ailleurs douloureuses, elles sont apparues très tôt, avant 10 ans ; actuellement elle commence sa ménopause.
Elle a eu récemment de forts maux de tête, a consulté les Dr8 Sicarn et Laugry, qui ont rattaché ces maux de tête à de l'hypertension.
Son mari était syphilitique, mais il semble à peu près certain qu’elle n’a pas été contaminée. Cependant, elle a reçu un traitement mercuriel récent, dirigé contre la céphalée nocturne mais qui n’a fait que l’exagérer.
À l'examen, le 5 avril 1928, on trouve seulement des artères dures et tendues, une tension à 22.15 à droite, 91.13 1/2 à gauche. L’urée sanguine à 0,42.
En somme, une histoire d’hypertension chez une femme
arrivant à la ménopause.
La malade n’est plus revue pendant un an et demi. Pendant ce temps, sa vue a baissé ; on a trouvé chez elle
De LE
une névrite optique. Un syphiligraphe a prescrit alors de l’huile grise. Au bout de 5 injections, elle présente des signes d'intoxication : diarrhée, stomatite ; l’urée sanguine monte à 1 gr. 50.
À partir de ce moment lPamaigrissement est rapide, la diarrhée persiste, la stomatite progresse.
La malade est revue trois mois plus tard, en avril 1931 ; elle a des ulcérations Sangréneuses des gencives, une odeur infecte de la bouche ; l’urée sanguine est à 3 grammes,
la tension impossible à prendre en raison des soubresauts musculaires, la malade est agonisante, lendemain.
Elle meurt le
Voilà done une malade qui supportait relativement bien une forte hypertension. Elle n’avait aucun signe de syphilis : cependant, sur le simple fait que son mari était syphilitique, on n’a pas hésité à la traiter. Un premier traitement au cyanure avait été toléré, bien que, naturellement, il n’eût donné aucun résultat. Quel médicament choisit-on alors ? de lhuile grise ! Cette fois, le résultat ne se fait pas attendre ; que se passe-t-il ? L’intoxication mercurielle aggrave brusquement l'insuflisance rénale qui existait déjà sûrement mais restait presque latente : l’azotémie s'élève, les accidents d’urémie éclatent, et en trois mois, l’évolution se fait vers la mort.
Il est permis de penser que sans ce traitement intempestif qui a déclanché brusquement les accidents, cette malade eût pû Supporter son hypertension peut être pendant de longues années.