ER
Toutefois nous n’attribuons pas une trop grande portée à ces expériences, les doses d’eau de laurier-cerise ainsi employées étant relativement énormes. Chez l’homme, en effet, dans la pratique, on injecte la même quantité, soit la faible dose de 08",0005 d’acide cyanhydrique. Il est bien peu probable que là même, jointe à la morphine, à l’atropine et au chloroforme, l’eau de laurier-cerise dans ces conditions soit très dangereuse par elle-même.
Nous avions dès Le début de nos recherches, eu la pensée que peut-être les solutions dans l’eau de laurier cerise se décomposaient avec le temps pour donner lieu à des cyanures très toxiques. Depuis on a signalé que la chose se produisant dans les solutions exposées à la lumière ; et on a donné comme admise la production d’un cyanure de morphine. Nous avons néanmoins poussé nos recherches dans ce sens et essayé de reproduire expérimentalement ces corps totalement inconnus dans la chimie. Nous avons essayé de former du cyanure de morphine et dans ce but avons fait agir sur cet alcaloïde Pacide cyanhydrique anhydre. Malheureusement la combinaison n’a pu s’effectuer. Le cyanure de morphine n’a donc pu être isolé par nous, mais rien ne prouve qu'il n'existe pas en solution. Tel est le cas de l’acide carbonique qu’on ne peut isoler qu'à l’état d’anhydride CO?, alors qu’il existe fort probablement à l’état d'acide CO(OH} dans l’eau.
Nous avons alors poussé nos recherches du côté de l’atropine. Nous avons constaté que l’atropine se dissolvait parfaitement dans acide cyauhydrique anhydre. La solution, évaporée sous la pompe à eau, nous à fourni une cristallisation malheureusement instable, qui a bientôt disparu laissant un résidu sirupeux et brunâtre qui
cn TT de
n'avait aucun caractère des cyanures. Reprenant cette expérience, nous avons mis une quantité d’atropine en excès dans une légère quantité d’eau et ajouté quelques gouttes d'acide cyanhydrique anhydre ; la dissolution de l’atropine s’est alors effectuée en totalité. Que faut-il en conclure ? L’atropine s’est-elle dissoute par sa transformation en cyanure ou par la simple présence de l’acide cyanhydrique dans l’eau? C'est une question que nous n’avons pu résoudre, n’ayant pour cela ni le temps, ni la compétence. Dans le doute il serait prudent de s’abstenir de solutions trop concentrées d’eau de laurier-cerise.