CHAPITRE V
Nous avons étudié le mécanisme de la syncope tertiaire dans l’anesthésie mixte. De ce mécanisme découlent naturellement le pronostic et le traitement.
Le pronostic de la syncope tertiaire est moins grave que celui des syncopes primitive et secondaire où le cœur est le plus souvent intéressé, et l’on n’asur ce dernier pour ainsi dire aucun recours. La syncope tertiaire offre bien sans doute aussi ses dangers, mais en la surveillant on peut facilement l’enrayer, en cessant l'apport du chloroforme et en éliminant le trop-plein par la respiration artificielle. Il ne restera plus alors aux prises avec le centre respiratoire que la morphine et Patropine et il sera bien rare que par leur action isolée elles offrent de réels dangers. Pour éviter la syncope respiratoire, il faudra donc constamment surveiller la respiration qui fournira plus d'indications même que le pouls. Et cette nécessité s'impose surtout avec l’éther qui tue le cœur peu de temps après la respiration et laissera par suite un
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champ moins large à l'intervention. La poitrine du malade devra être largement découverte, et l’anesthésiste en suivra attentivement les mouvements. À la moindre alerte où enlèvera le bonnet; cette simple manœuvre accompagnée de quelques flagellations suffira le plus souvent. Sinon on aura recours à la respiration artificielle et à l’inversion. La respiration artificielle permettra de chasser les vapeurs de chloroforme, apportera aux centres nerveux et au cœur l'oxygène qui leur fait défaut. Fr. Franck préfère l’insuffiation pulmonaire qui permet au sang de se débarrasser plus aisément du chloroforme en excès, car la respiration artificielle ne produit selon lui qu'un va et vient du même air chloroformé.
L'inversion combattra utilement lanémie cérébrale et favorisera le lavage des centres nerveux par la circulation. À côté de la respiration artificielle et de l’inversion les excitants mécaniques ou autres pourront aussi être de quelque utilité pour remettre en mouvement la machine arrêtée de la respiration, on pourra donc, dans Les cas où la respiration artificielle seule ne suffira pas, employer les courants électriques, le marteau de Mayor, etc.
L'emploi du nitrite d’amyle quelquefois proposé nous semble coutre-indiqué dans ces cas, la pression n’étant que trop abaissée et le cœur ne cédant que par l’asphyxie combinée à l’intoxication, non par excès de travail.
Nous avons vu que le centre respiratoire succombait par l’asphyxie et l’intoxication ; sans doute la respiration artificielle agira sur le premier élément, mais ne serait-il pas indiqué d’y adjoindre des inhalations d'oxygène ? Le remède n’en serait que plus prompt, et dans ces casil n’y a pas de temps à perdre.