‹ Dangers de l'anesthésie mixte: Accidents tertiaires après l'éthérisation ou la chloroformisation, précédée de l'injection atropo-morphiniqueChapitre 7 sur 24 · OBSERVATION I · texte numérisé non relu

OBSERVATION I

Une jeune fille à respiration suspecte au sommet gauche, devait subir l’évidement du cuboïde ; un quart d'heure avant l'opération, injection d’un demi-centigramme de morphine et d’un quart d’atropine. Pendant la chloroformisation, le sommeil survint tranquillement sans période d’excitation ; l'opération dura dix minutes, la quantité de chloroforme employée 20 à 30 grammes.

Pendant l'application du pansement, la malade ouvre les yeux mais ne parie pas ; on la transporte dans la salle dans cet état de sommeil que les partisans de la méthode mixte notent dans tous les cas et qu’ils considèrent comme favorable. M. Reynier venait de quitter la salle quand on le rappela en lui disant que la malade ne respirait plus. En effet, quand il vint auprès d’elle, il put observer encore quelques mouvements respiratoires espacés (??), puis le cœur cessa de battre en même temps que la pupille jusque-là con-

tractée se dilata subitement. Malgré tous les moyens employés cette malade ne put être rappelée à la vie. A l’autopsie, on ne put constater que de l’anémie cérébrale et bulbaire. Cette mort parait devoir être aitribuée à une paralysie bulbaire provoquée par le chloroforme. Le chloroforme employé en cette circonstance, analysé par M. Regnault, ne contenait rien d'anormal. Ce qu’elle présente d’insolite, c’est qu'elle soit survenue alors que depuis dix minutes le malade n’absorbait plus de chloroforme.

La chose fut d'ailleurs reproduite expérimentalement sur des

chiens par MM. Reÿynier et Villejean.

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