Daniel, Madeleine
nir la femme du baron Hartmann : fais un signe, et je serai à toi pour toujours; dis un mot, et j'écrirai au baron que ce mariage n’aura jamais lieu ! — J’écrirai !
DANIEL
En effet, vous auriez eu tort de vous fermer le retour. Pour moi, madame, j’ai juré de devenir uii homme, utile, un artiste courageux : je tiendrai ma promesse.
MADAME DE TIIOMEBEL.
Mais tout est donc fini?
DANIEL
Oh oui I bien fini.
MADAME DE THOMEREL.
Fini !
DANIEL
Vous le voyez, je suis sans colère, parce que je suis sans amour! Les blessures que vous m’avez faites, je ne me les rappelle plus. Si vous m’avez aimé, je ne veux plus m’en souvenir : la trace même de notre passé est détruite. Si vous avez pu croire que vous retrouveriez mon coeur tel que vous l’avez laissé, qu’un enseignement salutaire ne jaillirait pas pour lui d’une grande douleur, je ne dois que vous plaindre et vous ranger parmi ceux dont on a dit : ils n’ont rien appris , ni rien oublié. Quant à moi, je ne veux plus rien apprendre, je ne me souviens plus.
AhI rends-moi ta colère, tes outrages, frappe-moi! Ton mépris implacable, je le fléchirai, mais non ton indifférence froide, silencieuse, inaccessible! Frappe, frappe-moi I
DANIEL
Madame I
MADAME DE THOMEREL.
Écoute, je vivrai è tes genoux, je serai ton esclave, ma vie et mon sang t’appartiendront, et tu pourras en disposer à ton gré! (s« leTant.) Tu doutes encore ! tu doutes! Quel lien veux-tu? Sur quoi veux-tu que je te jure? Ah! ta mèrel ta mère ! (eu» .-éunoe à
gaoche, auprt» do portrait qui oit tur le piano, et lère la main en ligne de lerment.)
DANIEL, b'éloignani.
Oh!
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