ACTE V
MADELEINE
DANIEL
Madame !
U. DE CHARLY, avec calme.
Eh bien! qu’avez-vous donc? Vous parlez de femme adultère, madame? La femme adultère, n’est-ce pas cette épouse sans nom qui quitte furtivement le toit conjugal, qui sort à la nuit, vêtue de noir; un voile épais cache son visage, elle fuit la lumière, elle marche le long des maisons, hâtivement comme une voleuse qu’on poursuit? — Figurez-vous qu’il s’est rencontré dans ce Paris, qui ne croit à rien, un homme d’honneur, un mari qui, ayant une femme jeune, belle, enviée, a consenti à ce que sa femme devînt la protectrice déclarée d’un artiste que chacun repoussait, un mari enfln, qui a eu confiance dans l’honneur de sa femme. Ce jeune homme va chez ses protecteurs à toute heure du jour, et il est toujours reçu; la jeune femme veut bien parfois monter jusqu’à sa mansarde; mais lorsqu’elle le fait, c’est toujours à visage découvert, c’est toujours sa voiture qui l’a conduite, et c’est sa voiture encore qui la ramène. Cette grande dame, car j’ai oublié de vous dire que c’était une grande dame, s’élait mis en tète de prouver que l’amitié de la femme valait souvent mieux que son amour, cl elle a réussi. C’est là, n’est-ce pas, un fait bien invraisemblable, et vous auriez raison de n’y pas croire, si je ne m’em'pressais d’ajouter que le mari se nomme M. le comte de Charly, la femme, madame la comtesse Madeleine, et le jeune homme, M. Daniel Lambert.
(il t«nd la main à Daniel.)
DANIEL y la serraai arec reconnaistaneq#
Ah! monsieur le comte, il n’appartenait qu’à vous de dire que je suis un honnête homme ! (ii lui sorr. i» =oain.)
MADAME DE THOMEREL, reot répon<1r«, elle ne peut articuler qu'on seul mot et tombe accablée dans le fauteuil de l'extrôme droite*
Ohl
DANIEL, Il M. de Charly.
Resterez-vous longtemps absent, inouîieur le comte?
FLAMBlERi, bas à Madeleine#
Ail ! il ne l’aime plus!
M. DE CHAULT, oniraînant Daniel à gAuebe prntUoi que ta femmo remonte aa r>ii>l rert le milieu en oautani arec Flamliier qui lui ratnatne ton manchon^.
Lonfîtemps, Daniel; mais, si madame do Cliarly avait besoin d’un bras pour la ramener en France...