ACTE II
femme que de se sentir unie à une nature supérieure. La sérénité d’àme de M. de Charly, sa haute intelligence, que le monde reconnaît et proclame, m’ont inspiré pour mon mari des sentiments dont je suis fière et que ne je démentirai jamais, — jamais!
MADAME DE THOHEnEL.
Je veux bien croire, Madeleine, à votre profession de foi conjugale, et je souhaite de grand cœur, ma pauvre amie, qu(< M. de Charly suffise toujours à vos aveux I (Moutement a» M»deieina.) Plus un mot! Moi aussi, je comprends, et je suis heureuse do ne pas vous trouver aussi malade que je le craignais. Je m’attendais pour le moins à une grosse fluxion de poitrine ou à un anévrisme, et je trouve — des vapeurs ! On n’en meurt pas 1
MADELEINE
Chère folle ! c’est vous la plus éprouvée et c’est vous la plus gaie. Ah 1 je m’acquitte bien de mon rôle de consolatrice! (eu» u ni6ne le ra.sseolr sur le canapé k (gauche '.} Écoutez, Louise, je veux vous marier et vous serez riche, heureuse, enviée, entendez-vous? Voyons! que pensez-vous du baron Hartmann ?
MADAME DE THOMEREL.
Est-ce que je le connais ?
MADELEINE
Vous l’avez vu ici l’hiver dernier, un blond, d’assez bonne noblesse allemande. Vous savez, Hartmann ?
Je crois, en effet, me rappeler.
MADELEINE
Vous avez dû le remarquer. Un brillant cavalier, jeune, riche, noble, — trinité qu’on ne dédaigne pas ! Ajoutez à cela un cœur charmant et des gants toujours frais, et vous aurez le modèle do l’époux philosophal rêvé par toutes les filles à marier.
MADAME DE THOMEREL.
Voilà un parti pour mademoiselle de Grésin, votre nièce.
MADELEINE
Par malheur notre baron est amoureux I